Départ ce vendredi 10 juillet à 6 heures à Silverton, dans le Colorado — 14 heures en France — pour l’un des grands rendez-vous de l’ultra-trail mondial. Les plus rapides sont attendus un peu plus de 24 heures plus tard, après 165 kilomètres et plus de 10 000 mètres de dénivelé positif dans les montagnes San Juan. Chez les hommes, le Français Ludovic Pommeret, vainqueur l’an dernier et recordman de l’épreuve, tentera de défendre son titre face notamment au Britannique Tom Evans, qui découvre la Hardrock. Chez les femmes, en l’absence de Katie Schide, Courtney Dauwalter partira en immense favorite. Triple lauréate de l’épreuve, l’Américaine revient pour viser un quatrième sacre et, peut-être, un nouveau record.
« Wild and Tough » (« sauvage et difficile »). Créée en 1992, la Hardrock 100 traverse les montagnes San Juan, dans le Colorado, sur un parcours de 102,5 miles — soit 165 kilomètres — et plus de 10 000 mètres de dénivelé positif, avec un départ et une arrivée à Silverton, petite ville minière perchée à plus de 2 800 mètres. Les coureurs franchiront treize sommets à plus de 3 700 mètres, avec un point culminant à Handies Peak, au-dessus de 4 200 mètres. L’altitude moyenne de la course avoisine les 3 400 mètres, un niveau quasiment unique parmi les grandes classiques de l’ultra-trail. À titre de comparaison, l’UTMB évolue entre 770 et 2 560 mètres, pour une altitude moyenne d’environ 1 740 mètres.
Comme une année sur deux, cette édition se disputera dans le sens horaire, résumé par les habitués d’une formule bien connue, « up the walls and down the ramps ». Des montées plus courtes, mais plus raides, avant de longues descentes plus roulantes. Sur la Hardrock, cela ne rend pas franchement les choses faciles.
Cette année, 147 coureurs prendront le départ, tirés au sort parmi 2 747 candidats. Un chiffre qui dit aussi la difficulté d’obtenir un dossard sur la Hardrock. Avant même d’entrer dans la loterie, il faut avoir terminé un ultra particulièrement exigeant — UTMB, Tor des Géants, Diagonale des Fous, Swiss Alps 160, Ultra Tour Monte Rosa, Ultra-Trail Cape Town… — et justifier d’au moins huit heures de bénévolat sur une course.
Chez les hommes : Pommeret face à Evans
Chez les hommes, tous les regards seront tournés vers Ludovic Pommeret. À 50 ans, le Français revient défendre son titre après avoir remporté l’édition 2025 et l’édition 2024, là où il avait fait tomber le record de Kilian Jornet. Installé depuis un mois dans le Colorado afin de reconnaître le parcours et de s’acclimater à l’altitude, il mise une nouvelle fois sur son immense expérience des longues courses alpines et tentera de battre son propre record (21 heures 33 minutes).
Face à lui, Tom Evans disputera sa première Hardrock. Le Britannique n’en reste pas moins l’un des hommes les plus redoutables du circuit, avec des victoires sur la Western States (2023) et l’UTMB (2025), une deuxième place au Lavaredo Ultra Trail (2024) et une troisième à la Transvulcania (2024). En cas de succès, il ne lui manquerait plus que la Diagonale des Fous pour rejoindre le cercle très fermé des coureurs ayant remporté les quatre monuments de l’ultra-trail, aux côtés notamment de Kilian Jornet, Courtney Dauwalter et Katie Schide. Comme Pommeret, Evans est arrivé plusieurs semaines en avance afin de reconnaître le terrain et de s’acclimater, conscient que les collines anglaises offrent peu de préparation comparable aux sommets du Colorado et vise toujours sur une préparation ultra millimétrée…
Derrière ce duo, Jimmy Elam, auteur de six victoires consécutives sur des ultras de montagne américains, fait figure de sérieux outsider. David Ayala, quatrième l’an dernier, et Jason Schlarb, co-vainqueur en 2016, pourraient eux aussi jouer les premiers rôles.
Reste enfin l’incertitude autour de Mathieu Blanchard. Le Français entretient le suspense depuis plusieurs jours et a simplement publié sur ces réseaux ce jeudi un mystérieux « rendez-vous vendredi » accompagné d’une vidéo des montagnes San Juan.
Chez les femmes : Courtney Dauwalter en immense favorite
L’absence de Katie Schide, blessée au pied, change considérablement la donne. L’Américaine avait remporté l’édition 2025 en 25 h 50, établissant au passage le record absolu de la Hardrock dans le sens antihoraire.
Triple vainqueure de l’épreuve (2022, 2023 et 2024), Courtney Dauwalter revient avec un objectif de victoire et pour améliorer son record du parcours dans le sens horaire, établi en 26 h 11 lors de son succès en 2024. Pourra-t-elle faire tomber la barre des 24 heures ? Après une saison 2025 plus compliquée — marquée par un abandon au Cocodona 250 puis une dixième place à l’UTMB —, l’Américaine a retrouvé son meilleur niveau avec une victoire sur le Chianti 120K puis une deuxième place au Cocodona 250. Installée dans le Colorado, elle connaît parfaitement le terrain. Cette année, elle a choisi de courir sans pacer, pour simplifier sa gestion de course.
Si côté femmes, il n’y pas d’autres grandes têtes d’affiche, la concurrence ne manque pourtant pas. Careth Arnold, victorieuse de la TDS en 2025, vit elle aussi en altitude et a même renoncé à un Golden Ticket pour la Western States afin de se consacrer entièrement à la Hardrock. Tara Dower, de son côté, tentera l’enchaînement particulièrement ambitieux Western States-Hardrock en moins de deux semaines. Un doublé que seule Dauwalter est parvenue à réussir lors de son mythique triplé Wester/Hardrock/UTMB en 2023. Autres prétendantes à surveiller : Kaci Lickteig et Aliza Lapierre.
Météo : peu de neige, mais de la fumée dans les vallées
Contrairement à certaines éditions, la neige sera quasiment absente du parcours cette année. En revanche, les organisateurs surveillent de près plusieurs incendies autour d’Ouray et de Silverton. À ce stade, aucun secteur de la course n’est menacé, mais la qualité de l’air pourrait évoluer selon les fumées transportées dans les vallées.
Les prévisions annoncent enfin une journée chaude et sèche, avec peu de vent et un risque orageux limité, des conditions a priori favorables… à condition que la fumée reste à distance.