Arrivée en dernière minute après l’annulation de sa course à Tenerife, l’Américaine de 41 ans s’impose au Chianti Ultra-Trail 120K au terme d’un final renversant. Une victoire qui confirme qu’elle reste au sommet… et ouvre la porte à une saison hors normes.
Ses célèbres shorts de basket ont une nouvelle fois porté chance. Trois jours avant le départ, son objectif initial est annulé. Courtney Dauwalter change alors radicalement de plan : exit les sentiers volcaniques et les eaux turquoise de Tenerife, direction les vignobles et les collines de Toscane.
Les organisateurs du Chianti Ultra-Trail ne s’y trompent pas : « Nous sommes honorés d’accueillir la reine », annoncent-ils. Et ce samedi 21 mars, l’Américaine confirme son statut avec une victoire spectaculaire, arrachée dans les derniers kilomètres après une remontée que même Hollywood aurait eu du mal à imaginer.
Sur le papier, c’est une excellente entrée en matière pour celle qui prévoit de s’aligner sur la Cocodona 250 en mai, puis sur la Hardrock 100 en juillet. Mais ce succès va bien au-delà d’un simple lancement de saison.
Il y a six mois, lors de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, Courtney menait avant de connaître une sévère défaillance dans les 50 derniers kilomètres, passant de la première à la dixième place. Un scénario inhabituel pour une athlète qui domine la discipline depuis plus d’une décennie, avec notamment trois victoires à l’UTMB, trois à la Hardrock et deux à la Western States, où elle détient toujours le record du parcours.
Cette contre-performance avait soulevé une question : à 41 ans, son règne est-il en train de toucher à sa fin ? Son incroyable saison 2023, ponctuée d’un triplé historique, avait-elle laissé des traces ?
Même si elle s’est jouée de justesse, la victoire en Toscane dissipe les doutes. Inscrite à la dernière minute, après un déplacement express depuis les Canaries, et en pleine préparation pour une course de 400 kilomètres – une discipline à part entière – Dauwalter prouve qu’elle reste au sommet. Elle en avait déjà donné un aperçu en décembre, avec un marathon couru en moins de 2 h 40, toujours dans ses fameux shorts.
Mais le Chianti Ultra-Trail 120K n’est pas une simple course de début de saison. C’est une Golden Ticket Race qualificative pour la Western States 2026, ainsi qu’une épreuve du circuit UTMB World Series. En s’imposant, Dauwalter valide donc son ticket pour ces deux rendez-vous majeurs, ouvrant la perspective d’un programme inédit si elle décide de tout courir.
Une victoire construite dans le chaos
Tout commence quelques jours avant le départ. À Tenerife, où elle était installée, sa course est annulée en raison de conditions météo extrêmes — pluie, vents violents, jusqu’à de la neige. Elle parvient pourtant à quitter l’île et à rejoindre la Toscane à temps pour s’élancer à 4 heures du matin.Les deux parcours n’ont pourtant rien à voir : une différence de seulement 10 kilomètres, mais des profils très différents. Là où Tenerife grimpe sur un volcan, le Chianti enchaîne les bosses dans un tracé sinueux et exigeant.
Dès les premiers kilomètres, un groupe de cinq femmes prend les commandes. Parmi elles, la Norvégienne Yngvild Kaspersen, très rapide et déjà victorieuse sur 100K, et l’Américaine Rachel Entrekin, en pleine ascension et double lauréate de la Cocodona 250.
Le trio de tête reste groupé jusqu’à la dernière grande montée vers Villa San Michele (105 km). Kaspersen accélère et creuse un écart : deux minutes d’avance sur Entrekin, trois sur Dauwalter.
Mais la fin de course tourne à l’avantage de l’Américaine. Sur les derniers kilomètres, entre une longue descente et une succession de collines, elle revient progressivement avant de porter son attaque finale. Elle s’impose en 11 h 31 min 55 s, avec seulement 1 min 40 d’avance sur Kaspersen. Entrekin, épuisée, termine troisième cinq minutes plus tard.
Chez les hommes, la course a également tenu ses promesses. Thomas Cardin s’impose avec autorité au terme d’une course maîtrisée, confirmant sa solidité sur ce format exigeant. Il devance notamment Vincent Bouillard, lui aussi très en vue, dans une course dense et relevée.
Une saison potentiellement historique
Cette victoire rend très probable un retour sur la ligne de départ de l’UTMB à Chamonix en août. Sa participation initialement prévue à Tenerife, autre course du circuit UTMB World Series, allait déjà dans ce sens.
Chez Dauwalter, la motivation ne se mesure pas aux autres. Elle court d’abord contre elle-même, avec en ligne de mire la course de l’an dernier, qu’elle voudra forcément effacer.
Reste la question de la Western States. Il y a encore deux mois, sa présence paraissait peu probable, notamment avec la Cocodona 250 cinq semaines plus tôt. Mais la donne a changé : certaines de ses principales rivales sont incertaines physiquement ou enchaînent des courses particulièrement exigeantes.
Et avec Courtney Dauwalter, les scénarios écrits à l’avance tiennent rarement. Dans un sport dont elle a redéfini les standards, elle reste seule à fixer les règles… et à en dicter l’issue.
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