S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
  • Société
Yosemite

Le Yosemite interdit les drapeaux militants sur El Capitan et sur toutes les autres parois du parc national

Yosemite Politique

La rédaction La rédaction

  • 10 juin 2025
  • 5 minutes

On le craignait, c’est arrivé. Suite aux opérations très médiatisées organisées ces derniers mois sur le spot le plus emblématique du Yosemite, la Direction du parc national californien vient d'annoncer que, sauf autorisation explicite, drapeaux et bannières y étaient désormais bannies. Raisons invoquées ? La sécurité des grimpeurs et la préservation du site naturel. Reste à savoir si cette interdiction ne va pas avoir un effet pervers et inciter les militants à redoubler d'imagination pour afficher leurs convictions et leurs revendications.

Le lendemain du jour où sept alpinistes ont installé pendant quelques heures un drapeau de la fierté transgenre sur El Capitan, le directeur du parc national de Yosemite a annoncé l’interdiction des drapeaux et bannières sur toutes les parois du site. Cette interdiction s'applique dans les « zones sauvages ou potentiellement sauvages » du parc national. Soit plus de 94 % de la superficie totale du Yosemite, y compris El Capitan.

Publiée en tant que mise à jour du Yosemite Superintendent's Compendium, qui répertorie les exigences en matière de permis, les fermetures, les restrictions et d'autres directives s’appliquant dans le parc, cette nouvelle interdiction stipule qu'aucune personne ou groupe ne peut « accrocher ou fixer de quelque manière que ce soit à un élément naturel ou culturel, ou déployer de manière à couvrir un élément naturel ou culturel, une bannière, un drapeau ou un signe de plus de 15 pieds carrés [environ 4,5 m2] ».

« Ces drapeaux se sont avérés très efficaces pour afficher des revendications », reconnaît Ken Yager, fondateur et président de la Yosemite Climbing Association. Mais il redoute que cette nouvelle forme de protestation et la nouvelle interdiction qui vient de tomber affectent les très bonnes relations durement acquises entre le Service des parcs nationaux (NPS) et la communauté des grimpeurs. Relations qu'il s'efforce d'améliorer depuis plus de trente ans. « Je crains que les forces de l'ordre se sentent obligées de faire respecter cette interdiction, et que nous perdions le terrain que nous avons gagné », poursuit-il. 

Une interdiction très politique ?

La direction du parc justifie cette nouvelle règle par la nécessité de « préserver la nature conformément à la loi, et l’expérience des visiteurs ». Mais aussi par son obligation d'assurer la sécurité publique. « On a du mal à croire que cela puisse poser des problèmes de sécurité plus importants que ceux que nous voyons tous les jours dans le Yosemite », retorque Miranda Oakley, une des alpinistes qui, en juin 2024, a accroché sur El Cap une banderole portant l'inscription « Stop the Genocide » (Arrêtez le génocide) aux couleurs du drapeau palestinien.

Miranda Oakley se demande également si ce n'est pas la nature politique des récents affichages sur El Cap qui a précipité l'interdiction, plutôt que les affichages eux-mêmes. Elle fait remarquer que d'autres bannières ont été accrochées par le passé sur El Cap, dont une qui disait « Je t'aime, maman » et une autre sur le changement climatique. « Sans générer la moindre interdiction », précise-t-elle.

Je me demande ce qu'il en aurait été si les drapeaux ou banderoles [récemment mis en cause] étaient moins controversés, et affichaient par exemple : « Go Rangers ! » ou « Go America ».

L'interdiction (mise à jour) des drapeaux est datée du 20 mai 2025, mais la signature du directeur intérimaire du parc, Raymond McPadden, est datée du 21 mai 2025. Bien qu'il y ait eu des spéculations sur le fait que le déploiement du drapeau de la fierté transgenre le 20 mai ait servi d'impulsion à l'interdiction du drapeau, le fondateur et président de la Yosemite Climbing Association croit comprendre que le service du parc a en fait commencé à formuler la nouvelle règle en réponse au déploiement d'un drapeau américain à l'envers en février. Mais elle n'avait tout simplement pas encore été annoncée.

Les grimpeurs vont-ils respecter cette nouvelle interdiction ?

« Ce n’est pas vraiment une coïncidence, même si l'interdiction était ‘en cours de préparation’ depuis l'accrochage du drapeau en février », estime pour sa part SJ Joslin - grimpeur non-binaire du USA Climbing et biologiste travaillant dans le Yosemite - qui a organisé le montage du drapeau de la fierté trans. Il pense que la date de publication de la nouvelle règle du compendium pourrait avoir été « repoussée » pour coïncider avec la date de l'affichage du drapeau de la fierté transgenre. Par ailleurs, une enquête criminelle fédérale sur l’installation du drapeau de la fierté transgenre a été ouverte la dernière semaine de mai. A ce jour, le bureau du surintendant de Yosemite, contacté par Outside, n’a pas souhaité commenter cette affaire.


Le Compendium indique que des drapeaux ou des bannières peuvent être déployés si le grimpeur obtient d'abord un permis… sans que soit précisée la procédure à suivre pour l’obtenir. L'autre question est de savoir si les grimpeurs respecteront la nouvelle directive. « Les grimpeurs sont assez têtus », explique M. Yager. « D'expérience, on sait que quand on dit à un grimpeur ne pas faire quelque chose, il fait deux fois pire ». 
Reste une autre inconnue : d'autres parcs nationaux pourraient-ils suivre l'exemple du Yosemite et interdire l'affichage de drapeaux et de bannières de grande taille ?


Drapeaux et bannières sur El Cap : retour sur les installations les plus récentes 

El Cap est devenu un véritable panneau d'affichage militant ces dernières années, via l'installation temporaire de drapeaux sur le monolithe de 3 000 pieds. Voici un bref historique des opérations les plus importantes, en commençant par la plus récente.

Drapeau Trans Pride au-dessus des Heart Ledges
Date : 20 mai 2025
Drapeau : drapeau de la fierté trans (20 m x 10,5 m)
Lieu : au-dessus du fameux site des Heart Ledges, à environ un tiers de l'ascension d'El Cap
Qui ? Une équipe de sept alpinistes trans ou sympathisants, dont Pattie Gonia et SJ Joslin
Durée de l'exposition : environ deux heures
Objectif : faire en sorte que les grimpeurs et les personnes transgenres se sentent les bienvenus sur les sites d’escalade et, plus généralement, dans l’univers outdoor.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Pattie Gonia (@pattiegonia)

Drapeau américain renversé à côté des chutes d'Horsetail
Date : 22 février 2025
Drapeau : drapeau américain renversé (9 m x 15 m)
Lieu : la paroi située entre Zodiac (C3) et Horsetail Falls (aka Firefall)
Qui : une équipe de sept employés et anciens employés du Service des parcs nationaux, dont le seul serrurier de Yosemite, Nate Vince (récemment licencié suite aux coupes du DOGE)
Durée de l'exposition : quelques heures
Objectif : alerter sur la mise en péril des terres publiques aux États-Unis sous l'administration Trump
Depuis que les grimpeurs ont installé ce drapeau à l'envers, d'autres ont suivi cet exemple. Notamment dans le parc national de Joshua Tree et le parc d'État de Smith Rock, entre autres.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Nate Vince (@natevince)

Stop au génocide" Bannière de la tour El Cap
Date : 17 juin 2024
Bannière : elle affichait l'inscription « Stop the Genocide » en rouge, vert et noir, les couleurs du drapeau palestinien (7,5 m x 3 m)
Emplacement : à mi-chemin du Nose, juste au-dessus de la tour El Cap
Qui ? : Quatre grimpeurs-activistes de l'organisation « Climbers with Palestine », dont l'athlète professionnelle Miranda Oakley, qui est à moitié palestinienne
Durée de l'exposition : 16 à 17 heures
Objectif : exhorter à mettre fin au génocide en cours à Gaza.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Brooke Anderson (she/her) (@movementphotographer)

Le texte intégral concernant l'interdiction des drapeaux

Dans les parties du parc désignées comme "Wilderness et Potential Wilderness Addition", il est interdit à toute personne ou groupe d'accrocher ou d'apposer sur tout élément naturel ou culturel, ou d'exposer de manière à couvrir tout élément naturel ou culturel, toute bannière, tout drapeau ou toute enseigne 4,5 m2 ou une série ou combinaison de bannières, de drapeaux ou d'enseignes qui totalisent plus de 4,5 m 2, à moins d'y être autorisé par un permis. 

Cette restriction est nécessaire pour préserver les valeurs de ce site naturel sauvage conformément à la loi sur au(Wilderness Act, pour permettre aux visiteurs de vivre une expérience inaltérée et pour protéger les ressources naturelles et culturelles dans les parties du parc désignées comme étant des zones de nature sauvage et des zones de nature sauvage potentielles. Cette restriction est également nécessaire pour maintenir la sécurité du public, car elle interdit les installations qui pourraient mettre en danger les grimpeurs et interférer avec les activités d'escalade autorisées ou non autorisées. Des cartes montrant les zones sauvages et les zones potentiellement sauvages du parc sont disponibles sur le site Internet du parc et au bureau du directeur.

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

El Capitan : qui est Nick Ehman, le dirtbag qui vient d’exploser le record d’Alex Honnold ?

The Nose, El Captain, Yosemite

La rédaction La rédaction

  • 13 octobre 2023
  • 3 minutes

Ne le cherchez pas sur les réseaux. Pas son truc. Nick Ehman est un grimpeur discret, encore méconnu en Europe. Pourtant, outre-Atlantique, ses performances impressionnent. Il a notamment réalisé aux côtés de son pote Danford Jooste, la « Triple Couronne » du Yosemite soit 2200 mètres d’escalade, 71 longueurs… en 21 heures et 35 minutes. Hallucinant ! Et depuis, l’Américain de 28 ans, secouriste au Yosemite Search and Rescue, ne s’est pas arrêté là. En témoigne sa dernière performance : battre de plus d’une heure l’ancien record d’Alex Honnold sur le Nose, voie mythique d’El Capitan. …

Thèmes :
Escalade
Record
Solo
Yosemite
Lire cet article

Réservation et accès limité aux sites naturels… le parc du Yosemite fait marche arrière !

Parc National du Yosemite

La rédaction La rédaction

  • 22 novembre 2022
  • 3 minutes

Pour limiter l’accès au célèbre site américain, un système de quota et de réservation avait été mis en place pendant la pandémie. Après trois étés consécutifs, l’expérience prend fin. C’est donc la porte ouverte au retour de la surfréquentation. Une décision qui questionne, à l’heure où en France, dans les Calanques comme en Corse, sont testées de nouvelles expériences de contrôle des flux. Les visiteurs qui se rendront au parc national de Yosemite, en Californie, l’été prochain n’auront plus besoin de réservation, a annoncé l’administration sur Twitter le 15 novembre…

Thèmes :
Calanques
Parcs nationaux
Surfréquentation
Yosemite
Lire cet article

Disparition de Glen Denny, l’homme qui a documenté l’âge d’or de l’escalade au Yosemite

Glen Denny

La rédaction La rédaction

  • 17 octobre 2022
  • 2 minutes

Témoin dans les sixties du quotidien des grandes figures de l’escalade américaine, ses photographies sont connues de la plupart des grimpeurs. Pourtant, son nom vous est probablement inconnu. Glen Denny, grimpeur américain, souvent à flanc de paroi, appareil photo à la main, est décédé début octobre, à 83 ans. Retour sur le parcours de l’homme qui a su capturer, avec brio, l’âme de cette vallée californienne où s’est écrite l’histoire de la discipline. Septembre 1958. Glen Denny, 19 ans, arrive dans le parc national du Yosemite, en plein coeur de…

Thèmes :
Escalade
Photographie
Yosemite
Lire cet article

« Comment j’ai survécu à une chute de 60 m en free solo »

Josh Ourada escalade une voie au Yosemite

Kevin Johnson Kevin Johnson

  • 30 juin 2021
  • 6 minutes

Le 10 avril dernier l’Américain Josh Ourada, 31 ans, entreprend l’ascension de Nutcracker. Une voie simple de cinq longueurs dans le Yosemite qu’il connait bien pour l’avoir déjà escaladée, encordé et en free-solo. Mais cette fois-là, tout ne s’est pas passé comme prévu. Il raconte. Tout avait pourtant bien commencé, ce 10 avril 2021. Face à Nutcracker, l’une de ses voies préférées dans le Yosemite, la Mecque de l’escalade, Josh gravit sans problème les trois premières longueurs, mais à la quatrième, il glisse et chute de 60 mètres sur une corniche…

Thèmes :
Escalade
Free solo
Yosemite
Lire cet article

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications