Et de 3 ! Après le Manaslu (8163 m) et le Kangchenjunga (8586 m), Vadim Druelle vient d’établir un nouveau temps de référence sur le Nanga Parbat (8126 m). Le Français a profité d’un ultime créneau météo dans la zone pour battre le record de François Cazanelli de plus quatre heures, soit environ 15h18 d'effort (en attente de confirmation de l’Himalayan Database). Un pas de plus dans sa quête des 14 sommets de 8000 mètres, en one-shot, en moins de 24 heures et en style alpin.
Vadim Druelle est du genre à savoir rebondir vite. Très vite. Car à peine plus de trois mois après avoir failli mourir d’un œdème pulmonaire au camp de base de l’Annapurna (8091 m) fin mars, il vient de frapper fort. « Après 2 mois de rétablissement et d’isolement social pour me rétablir, mon état de santé est retourné à la normale » confiait-il sur Instagram peu de temps avant son départ pour l’Himalaya. « Cela m’a permis de prendre énormément de recul et de faire de belles rencontres. Mais également de garder à l’esprit que la priorité est de rentrer à la maison (en santé c’est vraiment le mieux quand même). Je me suis également formé à la médecine de haute montagne pour mieux appréhender mes prochaines expéditions et pouvoir anticiper le moindre symptôme pouvant m’amener au pire ».
C’est donc en pleine forme qu’il est parti en quête d’un nouveau sommet de plus de 8000 mètres : la Nanga Parbat (8126 m).
Quatre heures de moins que François Cazanelli
Et comme à son habitude, Vadim Druelle est allé vite. « Je n’aime pas trop faire des gros sommets, des 8000, tout doucement » nous expliquait-il l’année dernière, quelques semaines après son retour du Kangchenjunga (8586 m), un sommet qu’il avait avalé au pas de course. « Sans aller à mon rythme, je ne prends pas de plaisir. D’où les one-shot [ascensions depuis le camp de base sans faire d’arrêts aux camps intermédiaires, ndlr]. C’est mon style d’ascension, ça me tient à cœur. Battre des records, ça ne m’intéresse pas vraiment ».
Son temps doit toutefois être encore officialisé. Mais selon sa sœur, Keva, en lien avec lui par téléphone satellite, l’ancien athlète de l’équipe de France de ski alpinisme, aujourd’hui tailleur de pierres, aurait grimpé mercredi le Nanga Parbat en 15h18 améliorant le temps de l’Italien François Cazanelli de plus de cinq heures ! Le tout via l’itinéraire classique de ce versant Diamir haut de près de 4000 mètres, qui a pour obstacle principal le redoutable mur Kinshofer. Une pente de neige de 1000 mètres qui s’effiloche dans une paroi rocheuse quasi verticale.
Les Gasherbrum et le K2 dans le viseur
En revanche, les autres Français présents au Nanga Parbat ces temps-ci ont eu un destin moins heureux : Mathéo Jacquemoud, qui visait lui aussi un record, a finalement décidé de ne pas tenter sa chance. Las d'attendre, il est reparti avant l'ultime créneau météo, Quant à Tom Lafaille, en cordée avec la Polonaise Anna Tybor afin de descendre le sommet à ski, il a dû y renoncer à 80 mètres du sommet.
De son côté, Vadim Druelle, détenteur du permis pour les cinq sommets de plus de 8000 m du Pakistan, devrait poursuivre son aventure du côté des Gasherbrum ou du K2 (8611 m). On va évidemment le suivre de très près.
Article mis à jour samedi 13 juillet 2024.
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