Sept ans déjà que le photographe James Barkman vit dans son van, un VW Westfalia de 1976. De la préparation du voyage, aux conseils pour rester au chaud l’hiver, jusqu’aux astuces pour protéger ses objets de valeur, les leçons qu’il a tirées de son énorme expérience pourraient bien faire la différence à l’heure de prendre la route vous aussi.
Il en rêvait: un trip "coast to coast". C’est dans cette mythique traversée des Etats-Unis que s’est lancé le photographe James Barkman, spécialisé dans les reportages outdoor, une fois les clefs de son van en main, un vieux Volkswagen Westfalia 1976 orange vif, rebaptisé « Yellow submarine ». Depuis, il n’a fait qu'ajouter des kilomètres à son compteur. Même s’il passe la majorité de son temps sur la côte ouest, à faire du surf, de l'escalade ou du snowboard, il s’aventure aussi dans le Grand Nord canadien, la Colombie-Britannique, ou encore à 800 km au sud de la frontière américaine, au Mexique. « Je ne compte jamais les kilomètres », dit-il. Il compte plutôt le nombre de fois où il a dû remplacer le moteur de son van. Cinq fois, pour être précis. Car James bichonne son "Yellow submarine". Tout récemment encore il a acheté un périscope dans un surplus militaire, histoire de peaufiner son look de sous-marin. Son idée : l'installer de façon à ce que l'engin sorte du plafond et pivote. « Ce serait top si je pouvais le positionner juste au-dessus du siège du conducteur, je pourrais le monter, le descendre et observer à travers ».
Au cours des sept ans déjà passés dans son van, dans lequel il vit à temps plein, James a appris quelques trucs sur le voyage. A commencer par la magie des rencontres « Vous prenez la route, et vous ne savez jamais sur qui vous allez tomber, et comment ces gens vont peut-être changer votre vie", dit-il.
De toute son expérience sur la route, il a tiré 8 grands principes que nous partageons ici avec vous. De quoi réussir votre road trip. Le temps d’un week-end ou d'une année off.
Avant de prendre la route, documentez-vous
On peut aimer se laisser surprendre par le hasard, c’est vrai, mais le photographe conseille, lui ,de faire quelques recherches sur sa destination avant de prendre le volant. « Il n'y a rien de tel que de se plonger dans le Web mais aussi dans les livres et d'y dénicher des infos" dit-il. Pour son expédition à travers la Nouvelle-Angleterre, James Barkman a ainsi étudié cartes et atlas en papier, en prenant soin d'entourer d’un trait les petites villes côtières et les parcs qu'il voulait visiter. Puis il a lu tout ce qu'il pouvait sur la région qui l'intéressait. Il a ainsi pu découvrir les marchés de producteurs organisés dans des villages improbables. En montagne, il est tombé sur des vues spectaculaires et a pu faire des pauses dans de sublimes bivouacs en bord de lac. Sans parler du jour où il a rencontré un pêcheur du coin qui lui a vendu des homards qu’il venait de sortir de l’eau.
"On peut facilement se laisser avoir en enchaînant les kilomètres et manquer au détour d’un virage ce bon petit restau qui, franchement, vaut le détour. Alors qu’avec un peu de recherches préalables, vous allez le guetter et vous y arrêter. Prendre son temps est toujours payant », explique-t-il, « Je l’ai constaté mille fois ».
Téléchargez vos cartes hors ligne
Google Maps est devenu la référence pour la plupart d'entre nous lorsqu'il s'agit de trouver tout et n’importe quoi, des spots de bivouacs aux épiceries pour le ravitaillement. Parfait … jusqu'à ce que, soudain, vous n'ayez plus de réseau. « Chaque fois que je me rends dans un endroit où je pense qu'il n'y aura pas de réseau, je télécharge toute la zone de Google Maps pour l'utiliser hors ligne. » dit-il (voici comment procéder.) "Mais attention, la taille des fichiers pour les cartes les plus volumineuses peut dépasser le gigaoctet, assurez-vous donc de disposer d'un espace de stockage suffisant sur votre téléphone."
Après divers tests, Maps.me est aujourd'hui l'application sur laquelle James Barkman compte le plus pour les cartes topographiques, et pour visualiser au mieux les rues. « Vous pouvez télécharger une zone plus étendue qu'avec Google Maps et, bien que les cartes soient généralement moins détaillées, elles offrent l'essentiel et se téléchargent plus rapidement avec un réseau téléphonique. Il est également possible d'importer des itinéraires GPS à suivre", explique-t-il. L'application fournit aussi des temps de parcours assez précis pour la randonnée et l'escalade.
Si chaque courbe de niveau compte pour vous, l’application IGN Rando propose, elle, des cartes topographiques détaillées, et vous permet de télécharger des secteurs de carte pour une utilisation hors ligne. A télécharger de préférence avant le départ, compte tenu de leur poids. Le service nécessite un abonnement payant pour une utilisation hors ligne, au prix de 16,99€ par an.
Comme point d’accès internet, misez sur votre téléphone
Pour travailler sur la route, le photographe utilise simplement la connexion partagée de son smartphone : « Mon usage est quotidien », dit-il. « Et mon téléphone est suffisant pour la plupart des choses que je dois faire ». Mais lorsqu'il a besoin d'une connexion Wi-Fi pour envoyer ou recevoir des fichiers plus volumineux, le photographe se rend dans un restaurant ou un bar. "Pour moi et pour la plupart des travailleurs nomades, ces spots sont des valeurs sûres, il y en a toujours un café à proximité et ils ont toujours un bon Wi-Fi gratuit".
Par ailleurs, James Barkman s'est équipé d'une borne d'accès satellite pour les cas d'urgence lorsqu'il s'aventure dans des zones plus reculées. Il utilise un service sur abonnement comme Neosat qui ne fournit pas de connexion Internet complète mais qui, lorsqu'il est associé à un smartphone, permet à l'utilisateur d'envoyer des messages textos ou des e-mails. « Ainsi, si je tombe en panne quelque part au milieu de nulle part ou si j'ai une une urgence, les gens peuvent toujours me joindre, et je peux toujours les contacter », explique-t-il. Tombé en panne d’essence dans un endroit reculé de l’Oregon, il a ainsi pu envoyer un message à un ami qui lui est venu en aide.
N'hésitez pas à faire de nouvelles connaissances
Sur la route, James Barkman aime bien discuter avec les gens qu'il croise. Ce sont souvent eux qui lui font vivre les expériences les plus inoubliables. Bien sûr il fait des rencontres à peu près partout où il se rend, mais il a noté qu'il tournait un peu en rond. Les gens partageant les mêmes idées ont tendance à se rendre aux mêmes endroits que lui : bars, restaurants, parkings de stations de ski et points de départ de pistes. Pas de quoi le surprendre beaucoup ! Aussi essaie-t-il de se rendre disponible et ouvert aux autres, quels qu’ils soient. Ce qui, reconnait-il, n'est pas toujours évident. "Pour briser la glace, le plus simple", confie-t-il, "c’est de chercher des points communs avec votre interlocuteur et d’écouter son histoire. Une bonne écoute peut ouvrir beaucoup de portes. Mais ne vous prenez pas la tête. Soyez simplement vous-même et ayez confiance en vous », dit-il. "Rappelez-vous que vous avez plus à gagner qu'à perdre, et que le fait de vous lancer dans une conversation anodine pourrait bien déboucher sur une aventure inattendue et mémorable". Il se souvient par exemple, avoir rencontré à une station-service celui qui devait devenir l’un de ses meilleurs amis.
Cherchez un parking de covoiturage
Son approche spontanée du voyage conduit parfois le photographe un peu loin du point de chute prévu initialement. Son astuce pour trouver une alternative, lorsqu'il n'a nulle part où se garer pour dormir est… de faire profil bas. « Je ferme tous les stores et j'essaie d'être prudent en limitant au minimum les lumières ». Ses sites de prédilection pour le camping sauvage ? Les parkings de covoiturage. « On en trouve un peu partout et ils sont généralement faciles à trouver en faisant une recherche en ligne. A titre personnel, j’ai toujours pu y passer une nuit tranquille ».
Restez au chaud
Par temps froid, James Barkman utilise un chauffage au diesel. Il avait auparavant un poêle à bois, mais il prenait plus de place et ne chauffait pas tant que ça son van. « On peut en trouver sur Amazon pour 100 à 150 euros, et ils marchent à fond ». Il préfère la chaleur sèche du diesel au propane. « Si vous faites tourner un chauffage au propane dans votre véhicule, vous avez de la condensation partout. Le diesel va vraiment tout sécher », dit-il. "Et, avantage supplémentaire : vous pouvez enfiler une combinaison de plongée toute sèche pour une sortie dès l’aube même après une utilisation la veille, ou un pantalon chaud pour votre session de snowboard". Mais attention, la ventilation du chauffage au diesel est essentielle : James a donc percé une évacuation dans le plancher de son van pour faire sortir les gaz d'échappement du chauffage.
Investissez dans de bons pneus
Sortir un van du sable fait de bonnes anecdotes à partager, c'est vrai, mais choisir des pneus qui fonctionnent par tous temps et tous terrains vous permettra de raconter des histoires qui parlent d’aventure, pas de drames. Sur son Yellow Submarine, il a monté des pneus General Grabber AT2. « Ils sont excellents sur l'autoroute et très performants dans le sable, la boue et la neige », explique-t-il. « Je peux aller skier le matin et surfer sur la côte l’après-midi, c’est top », dit-il.
Gardez une longueur d'avance sur les voleurs
Lorsqu'il est sur la route, le photographe s’assure d'avoir un endroit protégé où ranger son matériel photo, ses disques durs et ses documents essentiels comme son passeport. « Les gens remarquent les fourgons et savent qu'il y a des choses de valeur à l’intérieur", dit-il. « Les effractions sont plus nombreuses que jamais ». Les parkings de plage et les points de départ de sentiers de rando attirent particulièrement les voleurs. En plus de garder ses biens de valeur hors de vue, James Barkman recommande d'utiliser un coffre-fort pour les objets vraiment importants. Il existe de nombreuses options disponibles en ligne. Procurez-vous des produits conçus pour la marque et le modèle de votre véhicule. Pour sa part, James Barkman a acheté son coffre à Dave Harrison, qui fabrique des coffres personnalisés pour des véhicules tels que les bus VW, les Sprinters et les Ford Transit Connects. Sur le marché français, des dizaines de marques vendent aussi des coffres en ligne, comme Leroy Merlin par exemple. « Je peux laisser mon véhicule dans un endroit un peu louche et avoir la certitude que personne ne pourra forcer le coffre », explique-t-il. Il y a peu, il avait laissé son Yellow Submarine garé à l’aéroport de Seattle et l’avait retrouvé avec une vitre brisée et 4000 dollars de matériel volé. Dur ! Mais les objets de valeurs stockés dans son coffre-fort avaient échappé aux voleurs.
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