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500 days in the wild
  • Aventure
  • Randonnée

Seule sur le plus long sentier du monde : 24 000 km, dont 8 000 km en canoë

  • 16 février 2024
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Il n’y a pas que le Pacific Crest Trail sur le continent américain. Il y a beaucoup plus dur. Beaucoup plus long. Beaucoup plus complexe : le Trans Canada Trail, traversant le Canada de l'océan Atlantique à l'océan Arctique en passant par le Pacifique. A ce jour une seule personne au monde l’a parcouru, Diane Whelan. Photographe et réalisatrice multimedia, elle en a tiré un long métrage passionnant, "500 days in the wild". Les Canadiens vont, les premiers, pouvoir le découvrir en salle le 1er mars. Le reste du monde devra attendre un peu. Mais d’ores et déjà, c’est l’occasion de découvrir a « real badass », une dure à cuire doublée d’une artiste exceptionnelle.

Six ans. Il aura fallu six ans à la Canadienne Diane Whelan pour parcourir The Great Trail, le Trans Canada Trail (TCT). Long de 24 000 km, il est considéré comme le plus long sentier du monde et reste peu connu du grand public. Il est vrai qu’il est assez récent et très impressionnant.

En 1992, le Canada fête son 125e anniversaire. S’inspirant des 12 routes EuroVelo, du National Cycle Network du Royaume-Uni et du réseau Numbered Bicycle Routes des États-Unis, les Canadiens décident de créer le TCT. Il faudra attendre plus de deux décennies avant que voit effectivement le jour un réseau pancanadien gigantesque. Il combine des voies vertes, des voies navigables et des routes. Et s'étend de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique en passant par l'océan Arctique. Une entreprise colossale à laquelle seul un homme a osé se frotter. Il en parcourt les 487 sentiers de randonnée, mais pas les cours d’eau. Le boucler dans son intégralité, c’est donc du jamais vu. Du jamais fait. En résumé, tout pour séduire Diane Whelan en 2015.

https://youtu.be/DNg9uCk1Wok?si=5KvCHFy1cdGtkrBA

Du camp de base de l'Everest aux forêts canadiennes

La Canadienne n’en n’est pas à son coup d’essai. Elevée en Colombie-Britannique, elle s’est très tôt familiarisée avec les grands espaces sauvages. Bikepacking du Canada jusqu’en Basse-Californie ; tronçons du Pacific Crest Trail… le mot aventure a un sens pour elle. Mais elle ne se considère pas pour autant comme une athlète. Une catégorie qu’elle connait bien pour en avoir filmés beaucoup, notamment sur l’Everest où elle tournera en 2010 un documentaire qui fera date : "40 days au camp de base", film multiprimé.

Aussi son approche du TCT sera-t-elle très personnelle. « Je n'essaie pas de conquérir ou de prouver quoi que ce soit », explique-t-elle volontiers. Diane Whelan se considère comme une artiste partie pour réaliser un film et écrire un livre, comme elle le fait pour chacun de ses projets, tant sur l’Everest que lors d’un voyage de 2000 km dans le Haut-Arctique, dont elle tire le documentaire « This land ». Son périple transcontinental n'échappe pas à la règle, elle en tire un film "500 days in the wild" (500 jours dans la nature sauvage), à venir au Canada le 1er mars.

Pas question pour ce long voyage de battre des records de vitesse. Au contraire. Diane suit la « voie des anciens », le lent chemin de la tortue. Désabusée par l'état du monde et inquiète devant le changement climatique, l’artiste entreprend un voyage de 24 000 km à travers le Canada pour « trouver la sagesse et rendre hommage aux ancêtres de la terre. », aux Premières nations, aux Inuits et aux Métis, qui ont joué un rôle essentiel dans l'histoire de ce subcontinent pendant des milliers d'années, bien avant la création du Canada. Et poser les questions qui la hantent : "Qu'avons-nous oublié ?" "Qu'avons-nous besoin de savoir ?" Tout au long du sentier, en parallèle d’un tournage qu’elle assure à 90 % seule, elle mène donc le « projet Beacon ». Une série de créations multimédias réalisées en collaboration avec les communautés autochtones et diffusée sur la chaîne CBC.

TransCanadian Trail
(500 days in the wild)

Six ans à pied, en raquettes et en canoë

En 2015, la cinéaste canadienne a cinquante ans. Elle part de John's, à Terre-Neuve, sur la côte est du Canada, où son père est né. Son idée ? Suivre le soleil jusqu'à son domicile, à Victoria, en Colombie-Britannique. Pendant six ans, elle voyagera à pied, en raquettes et en canoë, en toutes saisons. Y compris de nombreux hivers. Un long périple qu’elle fait seule, hormis de rares incursions d’amies. Et quasiment non stop. Elle s'autorise quelques courtes coupures pour aller au chevet de sa mère, malade, ou pour assurer des conférences qui lui permettront de financer son voyage.

Le projet est très ambitieux. Elle n’a jamais rien fait d’aussi exigeant. Et rien ne sera facile. Question de logistique essentiellement. Le parcours a toujours été conçu comme un sentier terrestre et un sentier aquatique. Or il est difficile de passer du canoë à la randonnée, les tracés étant séparés par des milliers de kilomètres. Pour contourner des zones dangereuses, elle doit aussi rallonger certaines sections de canoë-kayak. Devant un effondrement de terrain elle renonce ainsi à la marche pour parcourir 200 km en canoë. Une pratique qui n’avait rien d’évident pour elle au départ. « J'avais déjà pagayé, mais jamais de cette manière ; jamais seule, par exemple » raconte-t-elle. Sur le TCT son premier trip en canoë solo durera 40 jours. Elle connaîtra aussi des étapes très longues. Notamment sur le lac Supérieur et les 4 000 km qui la conduiront jusqu’à l'océan Arctique.

Pour s’orienter, Diane utilise une carte en papier, pour ne pas dépendre uniquement d'un appareil numérique qui pourrait cesser de fonctionner. Mais aussi une application pour The Great Trail indiquant toujours sa position sur une carte satellite. Un dispositif qui s’avèrera très utile, car ce tout nouveau sentier n'est souvent pas balisé. « Certains tronçons n'ont jamais été parcourus et existent à peine », raconte-t-elle.

500 days in the wild
(500 days in the wild)

Au fil du sentier, une prise de conscience

Sur elle, la réalisatrice porte un kit de survie de base. Un couteau suisse et quelques moyens pour faire du feu, dont un petit sac contenant de l'écorce de bouleau séchée et de la sève. Mais aussi un téléphone satellite. Impératif car les téléphones portables ne fonctionnent pratiquement pas dans ces zones reculées. Enfin, face aux ours, elle va vite compléter son spray anti-ours par une arme qui lui sauvera la vie.

De ce long voyage, Diane Whelan sortira changée, plus forte. « Quand j'ai commencé », explique-t-elle dans une interview. « J'étais seule, je ne voulais personne avec moi.(…). Dans la culture occidentale, nous avons tendance à avoir une vision romantique de l'individu fort et autosuffisant. Mais ce voyage m’a permis notamment de faire l'apprentissage d'un état d'esprit différent. J'ai commencé ce voyage en romançant mon individualisme, mon indépendance, le fait d'être une femme et en pensant que je pouvais y arriver seule. Aujourd'hui, je me rends compte à quel point je devais être à côté de la plaque pour penser ça. »

"500 days in the wild" n'est jamais qu'un nouveau chapitre d'une vieille histoire, explique la réalisatrice sur son site. " Celle de l'artiste qui se retire de la société et se reconnecte à la nature. Mais c'est aussi une nouvelle histoire : la prise de conscience que nous ne survivrons pas à un voyage en solitaire, que nous faisons partie d'un tout et d'une communauté humaine".

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