Depuis le début du mois de septembre, deux fils de nylon quasi invisibles ont été découverts sur des zones d’atterrissage utilisées par les parapentistes et les base-jumpers, dans la région de Lauterbrunnen, dans le canton de Berne. Aucun accident n’est à déplorer, mais la police cantonale bernoise a ouvert une enquête. L’affaire rappelle les pièges tendus sur les sentiers empruntés par les vététistes.
« J’ai eu de la chance. Soyez prudents : il y a peut-être des pièges en fil de nylon pour les pilotes », a alerté Janne William Wetzel après avoir repéré un fil sur le site d’atterrissage de Stechelberg. Dans une vidéo publiée le 11 septembre sur Instagram, le parapentiste montre le dispositif avant de le couper. « Je ne sais pas si c’est une mauvaise blague ou si quelqu’un cherche à blesser gravement une personne. Ouvrez l’œil. » Le site est l’un des principaux terrains d’atterrissage de la vallée. Il est fréquenté par les parapentistes, les speedflyers et certains base-jumpers. Quelques jours plus tard, un second fil a été découvert au-dessus d’une autre zone d’atterrissage utilisée par les pratiquants de BASE.
Des contrôles chaque matin avant les premiers vols
« C’est la première fois qu’un incident de ce genre se produit », explique Toni Wyss, président du Gleitschirmclub Lauterbrunnental, le club de parapente local. « Malheureusement, je ne sais pas qui a installé ces fils ni pourquoi. » Selon lui, les pratiquants n’avaient jusque-là pas rencontré de « gros problèmes » avec les riverains ou d’autres acteurs locaux. On ignore pour l’heure qui a tendu les fils et si une discipline était particulièrement visée.
Un fil de nylon est difficile à repérer depuis les airs, surtout en approche. « Si quelqu’un percute ce fil à grande vitesse, avec la tête par exemple, je pense que, dans le pire des cas, quelqu’un pourrait mourir. Ou être gravement blessé », estime Toni Wyss. « En approche, nous atteignons jusqu’à 150 km/h. Si je percute ce fil, cela peut être très dangereux pour moi en tant que speedflyer », témoigne un pratiquant cité par la presse suisse. La Swiss Base Association (SBA) a également relayé l’alerte : « Ce n’est pas une simple blague, c’est extrêmement dangereux. »
Pour l’heure, les pratiquants ne sont pas invités à renoncer à voler, mais les terrains d’atterrissage font l’objet de contrôles renforcés. « Sur le principal site, nous vérifions désormais le terrain chaque matin, avant les premiers vols », explique Toni Wyss. « Nous demandons aussi à chacun de rester vigilant et de contrôler le site d’atterrissage avant de monter au décollage. » L’école de tandem Airtime Paragliding, implantée à Lauterbrunnen et Mürren, procède elle aussi à une inspection quotidienne : « Nous vérifions les terrains d’atterrissage avant de commencer la journée. C’est notre façon de faire face au problème. »
La police cantonale bernoise a été informée des deux incidents et une enquête est en cours. Les autorités demandent aux pratiquants de ne pas retirer eux-mêmes les fils s’ils en découvrent de nouveaux. La consigne relayée par la Swiss Base Association est de prévenir immédiatement la police au 117 et de laisser le dispositif à l’endroit où il a été trouvé afin de préserver d’éventuelles preuves.
Photo d'en-tête : Christian Pondella / Red Bull Content Pool