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Yukon Arctic Ultra

Pourquoi Mathieu Blanchard se lance dans le Yukon Arctic, « l’ultra le plus dur et le plus froid du monde »

Mathieu Blanchard expédition Quebec

La rédaction La rédaction

  • 9 janvier 2025
  • 4 minutes

640 km à pied, seul et en totale autonomie entre Teslin et Faro, dans le grand Nord canadien. Des températures pouvant atteindre -50°C, sans parler du refroidissement éolien. Le Yukon Artic fait partie des trails qui s’inscrivent dans le registre du « très, très dur ». Dans moins d'un mois, le 2 février, Mathieu Blanchard va se retrouver à son départ. Ce n’est ni un hasard, ni du masochisme, comme il s’en explique ici.

Plus de vingt ans que le Yukon Arctic Ultra fascine et… fait frémir ses candidats. Personne n’a oublié qu’en 2018, les températures sont brutalement tombées si bas, qu’un des concurrents a failli y perdre ses mains et ses pieds. Si bien que certains ont commencé à s’interroger. Engelures, amputation, hypothermie… Était-ce vraiment le prix à payer pour vivre une aventure digne de ce nom, ou fallait-il en changer les règles ?

La question se discute, mais elle ne semble pas avoir évolué dans le sens d'un assouplissement des conditions d'un ultra qui fait de sa difficulté l’un de ses principaux arguments, outre la beauté du parcours. Il suffit de se plonger dans le site de la course pour s’en convaincre : «  [Sur le Yukon Artic], des situations qui ne causent aucun problème dans des circonstances normales peuvent être mortelles en plein hiver au Yukon. Veuillez le garder en tête à tout moment, tout au long de l’épreuve », mettent en garde les organisateurs.

Depuis 2003, le Yukon Arctic Ultra reste donc fidèle à sa réputation et à la hauteur de la difficulté des autres épreuves organisées en parallèle. L’événement se décline en effet en une série de courses sur plusieurs jours sans escale qui se déroulent simultanément chaque année début février à Whitehorse, au Yukon. Le marathon et les courses de 100/300/430 milles suivent le parcours de la Yukon Quest. Les courses les plus longues se déclinent en trois disciplines: le VTT, le ski de randonnée ou la course à pied, qui nous intéresse ici.

Cette épreuve se déroule en autonomie complète sur environ 640 km, ponctués de six checkpoints seulement. Soit 340 km entre le village de départ et celui d’arrivée. Plus un segment de 150 km que les organisateurs ont prévu de rajouter. A moins qu’un autre parcours décrivant une boucle soit possible autour du lac Teslin. Dans tous les cas, l’épreuve est impressionnante et court sur les traces de la Yukon Quest, la course de chiens de traîneau de 1648 km à travers le grand Nord canadien et l’Alaska, réputée pour être la plus difficile au monde. D'autant que, pour corser l’affaire, elle se tient cette année sur un tracé inédit dans une partie du Yukon moins pratiquée, où le manteau neigeux est plus important que sur l’ancien parcours et où le relief est plus alpin.

Yukon Artic Ultra
(Mark Kelly)

On comprend mieux, dès lors, le post que Mathieu Blanchard publiait le 31 décembre sur Instagram pour annoncer sa prochaine aventure »

Elle me dépasse, elle m'effraie, et elle sera sans aucun doute la plus éprouvante de ma vie. Tout se jouera sur le moindre détail, et c'est dans cette quête minutieuse que je puise ma force. L'inconnu m'appelle 🐺

(…) Ces derniers temps, je troque parfois la chaleur d’un feu de cheminée pour l’air glacial des nuits en plein hiver », poursuivait-il. « Dormir dehors, sur la neige, ou m’entraîner sous un vent mordant à haute altitude, c’est devenu un bout de mon quotidien. La nuit, seuls les reflets des yeux d’animaux dans l’obscurité me rappellent que je ne suis pas totalement seul. Pourquoi ? Dans 40 jours, je vais devoir faire face à des conditions extrêmes, glaciales et intenses. Une nouvelle aventure se prépare…

Officiellement en lice pour le Yukon Arctic Ultra 2025, le traileur va donc se retrouver dans le grand Nord canadien, l’un de ses terrains de prédilection. Pour le plaisir,  il a toujours eu un faible pour ces grands espaces sauvages. Pour le challenge, on s’en doute, mais aussi par stratégie, comme il l’explique aujourd'hui sur Linkedin. 

Je vais participer au Yukon Arctic Ultra.
650 km à parcourir en autonomie.
Des températures allant jusqu’à -50°C. En traînant entre 30 et 40 kg dans une pulka (un traîneau-luge attaché à moi).
Mais pourquoi je fais ça ?
La réponse est simple.
Pour progresser, mentalement et physiquement, il faut imposer un stimulus à notre cerveau ou à notre corps.
En réponse à ce stimulus, notre cerveau ou notre corps va s’adapter et compenser. En conséquence, ils vont devenir plus forts.
Plus notre niveau augmente, plus le stimulus doit être fort pour déstabiliser suffisamment le système en place et créer une adaptation par la suite.
Sans stimulus suffisamment fort, pas de progression.
Je vois des athlètes et entrepreneurs qui abattent une quantité énorme de travail mais font toujours la même chose.
Et le corps est une machine incroyable qui s’adapte à presque tout.
Certains athlètes font 30 h d’entraînement par semaine.
Ils font tout le temps les mêmes runs, les mêmes fractionnés, sur les mêmes sentiers.
Ils sont à haut niveau mais ils sont bloqués sur un plateau de progression.
Pour rester sur une pente ascendante de progression, même à haut niveau, il faut encaisser des expériences différentes pour stimuler le corps et le cerveau.
Pour ma part, je suis dans l’expérimentation. Je ne veux pas essayer de micro-stimuli.
Donc lorsque je teste de nouvelles choses, j’y vais sérieusement. Je vais loin dans l’extrême.
Lorsque je me lance ces défis, je ne sais pas si c’est le bon niveau ou si c’est trop. Je ne sais pas si ces choix vont me fatiguer ou me faire progresser.
C’est un risque que je décide de prendre car cela nourrit aussi mon besoin d’aventure et de diversité d’expériences.
En 2022, j’ai fait l’aventure Uapapunan. J’ai tiré ma luge de plus de 50 kg pendant une expédition très extrême.
La saison qui a suivi a été incroyable en termes de performance.
L’hiver dernier j’ai voulu reproduire le même schéma avec un maximum de ski-alpinisme.
La saison 2024 qui en a résulté a été un grand succès.
Alors que je faisais au maximum 1 ou 2 sorties course à pied durant l’hiver, pour préparer mon semi-marathon.
Côté mental c’est la même chose. Le cerveau est un muscle.
Lorsque je pars dans une expédition extrême, je stimule mon mental par de nouveaux décors, un froid extrême, une douleur pire qu’en ultra, une perte de lucidité au-delà de tout ce que je peux vivre ailleurs…
Mon mental est fatigué juste après l’expédition, mais se renforce ensuite pour devenir plus fort qu’avant.
En entrepreneuriat, notamment lors des levées de fonds, on vit généralement une expérience très intense en termes de nombre de sollicitations et de rejets de la part des financeurs.
Cela peut paraître apaisant et facile de retourner aux opérations après être sorti de ce grand huit émotionnel.

Un approche qui peut sembler marginale mais qui s'avère payante, si l'on en juge par sa saison 2024, terminée avec une victoire sur la Diagonale des fous. On suivra donc avec beaucoup d'intérêt le Yukon Arctic de Mathieu Blanchard, mais aussi ses performances sur tous les sentiers cette année.

https://youtu.be/pE21JKJ1rHM?si=GA_2y_Op38rXgcpB

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Thèmes :
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