S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Climb World Tour
  • Aventure
  • Alpinisme & Escalade

Plastique vs Granite : deux mondes de l’escalade que La Sportiva tente de réconcilier

  • 1 mai 2026
  • 6 minutes

La Sportiva La Sportiva Article sponsorisé

Jamais l’escalade n’a compté autant de pratiquants. Jamais elle n’a été aussi accessible. Mais à mesure que la grimpe gagne les villes, les salles et les réseaux sociaux, une partie de sa culture semble s’éloigner peu à peu du rocher. Si les néo-pratiquants, attirés par l’aspect social et ludique, connaissent, pour certains, peu de l’histoire du sport, les puristes, eux, ont parfois du mal à comprendre l’émergence de cette contre-culture. Deux mondes qui, paradoxalement, vivent la même passion. Reconstruire des passerelles entre ces deux pratiques et garantir que l’escalade conserve son âme, ses racines et son histoire, c’est le pari que s’est donné La Sportiva, en croisade avec le Climb World Tour. À Paris, Climb Up Porte d’Italie, rencontre entre ces deux courants.

Il a passé dix-huit jours en paroi pour libérer Riders on the Storm, sur la face est de la Torre Central del Paine. Il a avalé la South African Route en vingt-quatre heures avec Tommy Caldwell. Il a tenté le Dawn Wall avec Seb Berthe et traîné ses chaussons sur quelques-unes des grandes voies les plus exigeantes du monde. À première vue, rien ne relie vraiment Siebe Vanhee à une salle comme Climb Up Porte d’Italie. Le Belge s’est construit sur les big walls, un monde fait de nuits suspendues, de fissures à protéger, de sacs hissés dans le vide et de fenêtres météo que l’on guette pendant des jours. Et pourtant, c’est bien dans la salle parisienne qu’on le retrouve, au milieu des blocs colorés, face à des grimpeurs dont une partie n’a sans doute jamais posé les doigts sur du vrai rocher.

Ce contraste raconte surtout un changement d’époque. La salle n’est plus seulement ce lieu où l’on venait s’entraîner avant de retourner en falaise. Pour beaucoup de nouveaux pratiquants, elle est devenue l’épicentre même de l’escalade. « À l’époque, les grimpeurs qu’on croisait en salle étaient généralement des passionnés qui partaient grimper dehors dès qu’ils le pouvaient », observe Siebe Vanhee. « Aujourd’hui, on voit beaucoup de gens qui viennent simplement pour passer un bon moment entre amis, sans forcément chercher ce lien avec l’extérieur. »

Climb World Tour Siebe Vanhe
Siebe Vanhee. (Crimp Films / La Sportiva)

Un fossé qui se creuse

Longtemps, la salle a été un moyen de faire du volume, de garder les doigts, de patienter entre deux sorties en falaise. Ce n’est plus forcément le cas. En quelques années, l’escalade indoor a créé sa propre culture, ses codes, ses références. Elle attire désormais un public large, souvent urbain, parfois éloigné de la culture du rocher. James Pearson et Caroline Ciavaldini, qui coordonnent aujourd’hui une partie des athlètes La Sportiva et participent eux aussi au Climb World Tour, y voient le résultat d’un boom économique. « À un moment, des investisseurs se sont rendu compte que c’était un modèle rentable. À partir de là, il y a eu un afflux massif de capitaux pour ouvrir de nouvelles salles. » Avec cet afflux, les espaces ont évolué. Les ouvertures sont devenues plus ludiques, plus dynamiques, plus accessibles visuellement. L’expérience a été pensée pour séduire, fidéliser, rassembler. L’escalade est entrée dans une autre phase de son histoire, portée par une logique de croissance rapide.

Climb World Tour Caroline Ciavaldini et James Pearson
James Pearson et Caroline Ciavaldini. (Crimp Films / La Sportiva)

Sans toujours se rencontrer, deux cultures de l’escalade coexistent aujourd’hui. « Il y a aujourd’hui une vraie séparation entre ces deux mondes », observe Siebe Vanhee. « Les grimpeurs très urbains ne s’intéressent pas forcément au trad, à la grande voie, au big wall. Ils se reconnaissent plus facilement dans les compétitions, dans ce qu’ils voient ici. » Le décalage ne tient pas seulement aux terrains de jeu. Il touche aux imaginaires, aux références, à la manière même de se représenter l’escalade.

Cette distance est aussi une rupture de transmission. « Si tu es dans une culture d’escalade très urbaine, tu ne vas pas forcément lire des médias outdoor ou des contenus liés au rocher. Donc tu passes à côté de tout un imaginaire, de toute une transmission », soulignent James Pearson et Caroline Ciavaldini. Les histoires, les voies mythiques, les figures qui ont façonné la discipline circulent moins. Elles ne disparaissent pas, mais elles ne passent plus naturellement d’une génération de grimpeurs à l’autre.

La veille, lors de la soirée du Climb World Tour, face aux grimpeurs parisiens, Mélissa Le Nevé évoque Biographie, 9a+ à Ceüse, l’une des voies les plus célèbres de l’histoire de l’escalade sportive. Elle pose alors la question : « Qui connaît Jean-Christophe Lafaille ? » [ouvreur de Biographie en 1989, ndlr]. Quelques mains se lèvent. « Qui connaît Chris Sharma ? » [premier à libérer l’intégralité de la voie, en 2001]. Quelques autres mains se lèvent, mais pas beaucoup plus. L’anecdote en dit long.

« Mais, dès qu’on commence à raconter des histoires, les gens sont vraiment intéressés », nuancent James et Caroline. Le problème n’est donc peut-être pas l’absence de curiosité, mais le manque d’exposition. Une histoire que l’on ne raconte plus finit toujours par sortir du paysage.

Climb World TourClimb World TourClimb World TourClimb World Tour

Le Climb World Tour, un pont entre deux mondes

« À la base du Climb World Tour, l’idée était de se rapprocher des salles d’escalade, d’y être physiquement présents », expliquent James Pearson et Caroline Ciavaldini. Car si La Sportiva parle aujourd’hui aux grimpeurs indoor, l’histoire de la marque italienne s’est d’abord construite sur le rocher, en montagne, sur les falaises, avec des chaussons précis, pensés pour tenir sur un graton, verrouiller une fissure et enchaîner des longueurs. Pendant longtemps, elle a parlé aux grimpeurs qui cherchaient d’abord de l’accroche sur rocher et de la précision, avant le confort immédiat. « La Sportiva a longtemps été une marque d’outdoor bien plus qu’une marque tournée vers l’indoor », rappellent James et Caroline. 

L’escalade indoor n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’elle a été. Les blocs et les voies sont devenus plus physiques, plus spectaculaires, plus ludiques aussi, avec davantage de volumes et des mouvements pensés autant pour la difficulté que pour le plaisir et l’esthétique. Les besoins ne sont donc plus les mêmes. En se rapprochant des salles, La Sportiva se confronte à une culture qui s’est développée très vite, parfois loin de ses propres racines.

Au Climb World Tour, on vient grimper, rencontrer des athlètes, participer à des ateliers, tester des chaussons. Cette année, la Skwama Lite, nouveau modèle pensé pour accompagner les grimpeurs intermédiaires dans leur progression, notamment en salle, sert aussi de porte d’entrée. Un chausson plus accessible, conçu pour répondre à des usages réguliers, entre confort, précision et pratique moderne du bloc. 

Skwama Lite
Skama Lite. (La Sportiva)

Mais le produit n’est pas le centre de l’histoire. « L’idée de base reste quand même d’aller dans les salles, au contact des grimpeurs, qu’ils soient amateurs ou confirmés, pour leur faire tester différents chaussons », explique Sébastien Tranchand, responsable marketing France de La Sportiva. « Notre rôle, c’est aussi d’accompagner, de conseiller, d’aider à s’orienter. C’est vraiment le cœur de la démarche. » Quel chausson choisir ? Pour quel usage ? À quel moment passer à un modèle plus précis ? Comment progresser sans brûler les étapes ? 

Il y a les tests de chaussons. Et il y a les récits. Entre deux étapes du Climb World Tour, les athlètes passent par des sites qui ont façonné l’histoire de l’escalade : Ceüse, Fontainebleau, Arco, le Frankenjura, le Zillertal. Ils grimpent, filment, collectent des images et des histoires qu’ils ramènent ensuite dans les salles. « Quand, la veille, tu étais à Ceüse, il est plus facile d’en parler le soir même dans une présentation », résument James et Caroline. Le rocher n’est plus évoqué comme un héritage poussiéreux. Il revient par des visages, des voies, des tentatives en cours, des images encore fraîches. Les athlètes deviennent alors des passeurs, capables de raconter ce qu’il y a derrière une voie, une tentative ou un échec. « J’essaie de montrer à ceux qui ne connaissent pas encore cet univers d’où vient l’escalade, quelles étaient ses valeurs fondatrices, ce qui comptait vraiment à l’époque », explique Siebe Vanhee.

Climb World Tour carte
(La Sportiva)

L’objectif n’est pas de porter l’évangile ni de convertir tout le monde au rocher. Mais si ces histoires ne se transmettent plus, l’escalade risque de devenir une activité sportive comme une autre, une séance entre deux rendez-vous, une consommation de blocs renouvelés chaque semaine. « Si tu ne transmets pas aux nouveaux pratiquants une culture plus large de l’escalade, elle risque de rester pour eux une simple activité parmi d’autres », préviennent James et Caroline.

À l’inverse, il suffit parfois de peu. Une histoire qui donne envie d’en savoir plus. Un atelier qui rassure. Une rencontre avec un athlète. Une première sortie à Fontainebleau. Une discussion qui déplace légèrement le regard. « On peut être cette petite étincelle, cette petite graine qui fait basculer quelqu’un du “j’aimerais bien essayer un jour” au “allez, cette fois, j’y vais” », résument James Pearson et Caroline Ciavaldini.

Pour en savoir plus sur le Climb World Tour, visitez www.lasportiva.com

Les prochaines étapes françaises du Climb World Tour 2026 :

  • Lundi 4 mai : Sallanches / Chamonix – TOPO
  • Mardi 5 mai : Chambéry – La Zipette
  • Mercredi 6 mai : Grenoble – L’Orangerie Perchoir
  • Lundi 8 juin : Avignon – VertiKal Park
  • Mercredi 10 juin : Bouc-Bel-Air – Climb Up
  • Jeudi 11 juin : Toulon / Six-Fours-les-Plages – Bloc Session Toulon Ouest
  • Mardi 15 septembre : Nantes – El Cap
  • Mercredi 16 septembre : Paris – Arkose Montmartre
  • Jeudi 17 septembre : Paris – Arkose Chevaleret
  • Mardi 29 septembre : Lyon Gerland – Climb Up Gerland
  • Jeudi 1er octobre : Lyon Part-Dieu – MROC
  • Lundi 12 octobre : Montpellier Odysseum – Altissimo
  • Mardi 13 octobre : Toulouse Portet – Altissimo
  • Jeudi 15 octobre : Bordeaux / Mérignac – Climb Up Mérignac
  • Mardi 3 novembre : Strasbourg – Block en Stock
  • Mercredi 4 novembre : Nancy – Goat Rocks

Photo d'en-tête : La Sportiva
Thèmes :
Escalade

À lire aussi

Will Stanhope
Marina Abello Buyle

« ll aimait les voies en trad qui font peur » : Will Stanhope, guide et free soloiste canadien, meurt à 39 ans à Squamish

Connor Herson Bon Voyage
La rédaction

À Annot, l’étudiant de Stanford Connor Herson confirme sa place au sommet du trad mondial avec Bon Voyage (9a)

The Dark Wizard Dean Potter HBO
Tim Neville

« The Dark Wizard » (HBO) : le portrait dérangeant de Dean Potter, légende du Yosemite mort en plein vol

The future of climbing
La rédaction

« L’Escalade du futur » : un film qui pose les bonnes questions, sans donner de leçon

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications