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Nico Favresse, Sean Villanueva et Siebe Vanhee libèrent Riders on the Storm aux Torres del Paine
  • Aventure
  • Alpinisme & Escalade

Nico Favresse, Sean Villanueva O’Driscoll et Siebe Vanhee libèrent « Riders on the Storm » en Patagonie : le récit

  • 22 février 2024
  • 4 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

18 jours en paroi. Il aura fallu 18 jours au trio belge pour réussir la première en libre de Riders on the Storm (1 200 m, 7c+). Voie mythique en face est de la Torre Central del Paine, en Patagonie. Une ascension immortalisée par le photographe américain Drew Smith, où ils auront dû, une fois de plus, travailler l’art de la patience et de la connexion à l’instant présent.

On doit s’arrêter à la performance. Et elle est réelle. 33 ans après la première signée Kurt Albert, Wolfgang Güllich, Bernd Arnold, Nobert Bätz et Peter Dittrich en 1991, « Riders on the Storm » la bien nommée sur cette face battue par les vents féroces de Patagonie, vient d’être gravie en libre.  Redoutée pour le froid et l’humidité qui y rongent les chairs, cette voie mythique de 38 longueurs s'élève sur 1 200 mètres en plein milieu de la face est de la Torre Central del Paine. Pas une partie de plaisir. Mais pour des générations de grimpeurs, elle reste un éternel objet de désir. Et de souffrance aussi. Le trio Siebe Vanhee, Nico Favresse, Sean Villanueva O'Driscoll n’a pas échappé à sa fascination en ce début d’année.

Nico Favresse, Sean Villanueva et Siebe Vanhee libèrent Riders on the Storm aux Torres del PaineNico Favresse, Sean Villanueva et Siebe Vanhee libèrent Riders on the Storm aux Torres del Paine

"Partants pour une nouvelle fête de la souffrance ?"

Il avait fallu 11 ans pour que les Français Jérôme Arpin et Sylvain Empereur s’y frottent à nouveau. Et 15 pour les Tchèques David Stastny et Jan Kreisinger signent la première répétition. En 2006, ce sont les Français Arnaud Boudet, Martial Dumas, Jean-Yves Fredriksen et Yann Mimet qui font la troisième… juste avant le premier passage de la cordée Favresse-VillanuevaO'Driscoll ! Deux Belges que leur compère Siebe Vanhee, à l'origine du projet, n’a eu apparemment aucun mal à convaincre de s’embarquer à nouveau pour une nouvelle partie de plaisir. 

"Il a suffi d'un seul message : "Hey, les gars, je veux essayer de libérer les Riders, vous êtes-partant pour une nouvelle fête de la souffrance ? a lancé Siebe, alors en quête de compagnons de cordée. Au programme  « 18 jours sur le mur, 1200 mètres de dénivelé, 41 longueurs et une voie au nom prophétique. En style capsule » (stationnement en portaledge). En résumé tout pour plaire à un trio soudé par plus d’une expé.

Ils n’ont pas été déçus, nous raconte Siebe, interviewé depuis le Chili, où il est encore pour quelques jours avant de regagner Argentière où il vient d’acheter une maison, histoire de travailler un peu. « C’est fou ce qu’on perd vite la forme ! », note-t-il. 


Vous avez libéré « Riders on the Storm le 9 février et communiqué assez tardivement dessus…

Oui, on devait encore descendre avec plus cinq heures de marche devant nous, et on était lourdement chargés, deux trois gros sacs chacun.  Et puis on voulait prendre le temps, on ne voulait pas que ça sorte comme ça…

Ton sentiment à l’issue de cette expédition ?

Je suis super content. C’est un truc très spécial ces 18 jours en paroi. J’avais déjà connu ça en 2017, où on était restés 19 jours. Tu grimpes dans le froid, en essayant de te glisser dans les petites ventanas » (fenêtres ) météo. Tu es balayé par les vents, et là, tu pousses vraiment dans le rouge. J’ai encore dans la tête ces sensations. C’est vraiment une voie mythique, ouverte par des grimpeurs très forts.

Nico Favresse, Sean Villanueva et Siebe Vanhee libèrent Riders on the Storm aux Torres del Paine
(Drew Smith)

Visiblement tu n’as pas eu beaucoup de mal convaincre Nico Favresse, Sean Villanueva O'Driscoll de se joindre à l’aventure

Ah non, avec eux c’est toujours comme ça. Ils sont toujours chauds pour libérer une voie dure ! On n’a pas besoin de beaucoup de mots. Moi j’avais déjà mon billet mais je cherchais une cordée et je n’avais pas trop d’espoir que Nico et Sean me disent oui. Mais ça l’a fait. Tu vois, j’adore grimper avec des gens d’autres pays, mais quand tu pars avec des gens du même endroit que toi et qu’on a le même esprit, il y a un truc qui nous connecte. On a cette mentalité bien particulière où on est totalement déterminés à libérer une voie. Malgré la météo, le mauvais temps. Tu te bas tout de suite. Tu aimes bien souffrir un peu aussi ! E puis tu n'as pas besoin de beaucoup de communication pour prendre certaines décisions. La communication est fluide et on là tous l’un pour l’autre, même si les condi sont pourris. Il y a une espèce de magie là-dedans.

Ton film « Notes from the wall », récit de tes 19 jours en ‘free climb’ sur “El Regalo de Mwono” dans les Torres del Paine, en Patagonie, avait marqué les esprits, vous êtes revenus à nouveau avec des images ?

Oui, on a beaucoup filmé, tous. Et puis on avait notre pote photographe, Drew Smith, avec nous. On pense en tirer un film. J’aimerais bien qu’il montre l’histoire de cette voie. Comment Wolfgang Güllich, Bernd Arnold, Nobert Bätz et Peter Dittrich l’ont ouverte en 1991. C’est bizarre qu’il ait fallu 33 ans pour qu’elle soit libérée. Mais ici tu dois faire face à une météo très dure, les condi sont terribles. Et puis il y a aussi le pendule de la longueur 16, où tu ne passes pas en libre. Il a fallu que Mayan Smith-Gobat et Ines Papert ouvrent une variante pour que cela soit possible ainsi. : deux ans de travail quand même. L’histoire de cette voie aussi été marquée par les tentatives de Brette Harrington et Drew Smith et de Jacopo Larcher. 

Nico Favresse, Sean Villanueva et Siebe Vanhee libèrent Riders on the Storm aux Torres del Paine
(Drew Smith)

Riders on the Storm est la troisième voie libérée par Nico Favresse et Sean Villanueva O'Driscoll dans la face est de la Torre Central del Paine, qu’est ce qui fascine autant ?

C’est peut-être l’idée de la patience que t’apprend la Patagonie. Sur les 18 jours en parois, on en a passé 9 dans le portaledge. Tu grimpes dans le froid, mais si tu sais te montrer patient, ça marche quand même. Ca me surprend toujours ! C’est aussi parce que tu es avec une équipe, tu n’es pas seul, on est tous dans dans la même histoire. On partage cette expérience. Tu pars longtemps, loin des réseaux sociaux, tu te connectes avec le moment présent. Et quand tu es comme ça, sans rien à avoir à faire pendant des jours, ça. développe beaucoup de créativité. On parle beaucoup, des rêves surgissent. On lit énormément. De tout, des livres de grimpe comme "Alone on the wall" de Honnold, ou de management ou sur l'environnement, mais aussi la bio de Martin Luther king, ou encore "Holly" de Stephen king. Un voyage comme ça, c’est très « refreshing », ressourçant mentalement, même si c’est fatigant.

Justement, tu rêves déjà à d’autres voies ?

Là, dans l’immédiat, il faut que je m’entraîne un peu pour pouvoir faire quelque rope solo. Et j’ai déjà quelques grandes voies en tête. Ca me tente parce que c’est nouveau pour moi, j’adore cette efficacité sur la paroi et aller vite. C’est marrant, c’est totalement à l’opposé de ce que je viens de vivre, le partage, l'attente et la lenteur !

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