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Tomokazu Ihara
  • Aventure
  • Trail Running

Tomokazu Ihara, ce « samouraï » obsédé par la Barkley 

  • 21 mars 2025
  • 4 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, sous la pluie et les rafales de vent, un Japonais, Tomokazu Ihara, faisait partie des trois coureurs encore en lice sur la boucle trois de la course organisée par Gary « Lazarus Lake » Cantrell, au fin fond du parc de Frozen Head, dans le Tennessee. Mais lui, pas plus que John Kelly ni Sébastien Raichon, n’ont obtenu le Graal. : aucun finisher cette année sur la Barkley. C’était la cinquième fois que « Tomo » tentait sa chance. Cinq fois qu’il s’y cassait les dents. Mais toujours il y revient. « Plus fort que jamais », dit-il. Car cette « course de l’enfer », il en est devenu « complètement accro ».

« Un massacre ! », certains commentaires étaient sans nuance jeudi sur les réseaux devant le résultat de la 38e édition de la Barkley Marathons, promenade de santé (210 km, 18 300 D+) bien connue des amateurs d'ultras, que Lazarus Lake avait bien l’intention de remonter tout en haut de la liste des « courses les plus dures du monde », après la désastreuse édition 2024 qui avait produit cinq finishers, dont une femme. Objectif atteint : 0 finisher sur 40 partants, pourtant triés sur le volet. Et un seul « fun run », petite récompense obtenue par John Kelly, (accessoirement déjà trois fois finisher de la Barkley ). C’est dire si Laz avait bien calculé son coup.

C’est dire aussi si le niveau des trois survivants qui, hier soir, tentaient de terminer la troisième boucle dans les temps, afin de passer à la quatrième, voire, qui sait, à la cinquième, en moins de 60 heures. Parmi eux, on l’a vu, l’Américain John Kelly, une légende, qui visait cette année une 4e victoire à accrocher à son CV. Et le Français Sébastien Raichon, vainqueur de la Terminorum 2023, record du Tor des Glaciers, dont le talent en matière d'endurance comme d'orientation, sa passion, n’est plus à démontrer. Bref, du lourd ! Avec eux, dans cette boucle infernale qui les laissera tous hors-jeu, un certain Tomokazu Ihara, désigné aussi sous le nom de Tomo, par le commentateur exclusif, l’impassible keith Dunn.

Courage physique, abnégation et respect de l'honneur

Un coureur discret qui au bout de 40 heures ne lâchait rien cette nuit-là, et courait contre la montre sur sa 3e boucle. Le temps l’a rattrapé, il n’est pas finisher, mais il n’a pas abandonné. Il n'a pas perdu la face. C’est important pour ce Japonais fortement inspiré par l’esprit des Samouraï, où certaines valeurs prévalent. Loyauté, fidélité, courage physique, une forme de frugalité voire d'abnégation. Mais, au-dessus de tout, il y a le respect, et en particulier le respect de l'honneur. Et ces valeurs, il les trouve toutes dans la Barkley, course découverte un peu par hasard au cours d'une carrière d'athlète et de coach relativement récente, comme on l’apprend sur son site professionnel. « Comment aurais-je pu imaginer ce que je suis aujourd’hui, alors qu’il a 10 ans je pesais 98 kilos [ pour 1,78 m] ? La course à pied m’a immédiatement fasciné et, à ce jour, j'ai couru plus de 50 courses de 100 miles [ 70 en fait, à ce jour]. Grâce à la course à pied, j'ai rencontré de nombreuses personnes inspirantes, et je suis devenu ce que je suis aujourd'hui. ». 

La course à pied pour cet ex obèse, c’est une affaire de rédemption. Elle a tout changé pour lui en 2007. Pour perdre du poids, cet informaticien va se lancer sur le tapis de course, y commencer par y avaler quelques kilomètres, et y prendre goût. Au fil des années et des courses, il va découvrir le plaisir des sentiers et surtout de l’utra. Il devient l’un des principaux traileurs japonais, et met à profit ses compétences en informatique pour monter un business de coaching sportif en ligne, son métier aujourd’hui. Son objectif personnel ? Courir 100 courses de 100 miles dans sa vie. Il s’est donné jusqu’à ses 90 ans pour y parvenir. A ce jour ce quarantenaire en compte 70, dont la Western States, où il s’est classé 26e (20:19:59) l’année dernière. Il a donc le temps de voir venir.

La Barkley a changé sa vie

Mais son truc, sa « Grande quête », c’est la Barkley. Cette course, qu’il appelle la « course de l’enfer », il en est dingue, et la prépare 365 jours par an, comme il le raconte dans un long documentaire réalisé en 2023 et mis en ligne en 2024. Il comptait alors trois participations à la Barkley et s’attaquait à une quatrième. 2025 aura été la cinquième. Toutes malheureuses. Mais pas des échecs pour autant, dit-il dans son film. Car « le simple fait de se présenter à la Barkley est un signe de courage ». « C’est dur, très dur, la course la plus dure au monde, 1% de finishers à ce jour. Les règles sont sans pitié. Quasi militaires ». Lorsqu’un coureur est contraint d'abandonner, poursuit-il, il est considéré comme "tapped out", il est épuisé, il a tout donné. Comme dans l'armée américaine, c'est la reconnaissance de son effort. "Pour le signifier à ses camarades, le clairon est sonné. Ses camarades lui rendent hommage ». 

Bref, la Barkley a changé sa vie.

« Depuis que je suis accro à la Barkley Marathons », écrivait-il à l’issue de sa troisième tentative, « je n’ai cessé de devenir un meilleur coureur, et ça, en passant par de multiples échecs. La Barkley m'apprend la voie dure, mais en même temps, c'est toujours le chemin le plus court. Cette fois encore, j'ai échoué et cela m'a brisé le cœur, mais j'ai continué à faire des efforts. Je continue à échouer, mais je sais que je m'améliore de plus en plus. Le fait d'avoir passé la nuit et le jour tout seul pour essayer de trouver les livres a été le moment le plus fort que j'ai jamais vécu au cours de mes trois tentatives et cela m'a fait un bien fou ! Les chances de finir sont peut-être encore faibles, mais cela ne veut pas dire que je ne peux pas. Je crois fermement que si je peux surmonter mes échecs et devenir un meilleur coureur et que les choses s'alignent de la bonne manière, je peux le faire. 

C'est un peu effrayant de se lancer dans un défi lorsqu'il y a une forte probabilité d'échec. Mais je suis sûr que c'est la beauté de la Barkley et que c'est pour cela que je suis tellement accro. Je continuerai à essayer jusqu'à ce que j'échoue, je continuerai à échouer jusqu'à ce que je réussisse. » 

On ne sait pas si Laz invitera Tomo à courir la Barkley une sixième fois – il reçoit aujourd’hui d'innombrables candidatures – mais tant de passion et d'abnégation… ça mérite d'être pris en compte.

https://youtu.be/nQJhXKo4Xfs?si=sBlyJKF1YME_LnSX

"Ma grande quête : la Barkley marathons", un documentaire de 63 mn réalisé par Tomokazu Ihara. Sortie 2024, japonais sous-titré en anglais.

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