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Le Tampon Réunion
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A La Réunion, l’Ultra-Terrestre s’annonce très pimenté

  • 11 mai 2026
  • 5 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

Il fallait des coureurs de poids pour donner une stature internationale à cette course hors normes - 224 km, 14 300 m D+. Les organisateurs de l’Ultra-Terrestre semblent enfin les avoir trouvés. Au départ, le 14 mai, de ce tout jeune ultra : rien moins que François D'Haene, Martin Perrier, ou encore Sébastien Raichon, pour ne citer qu'eux, se sont laissés tenter par l’épreuve phare de l’UTOI (Ultra-Trail de l’Océan Indien) qui semblait avoir encore un peu de mal à s’imposer sur la scène du trail. Voilà qui pourrait bien changer la donne à La Réunion et drainer les élites les plus réticentes à faire des infidélités à la mythique Diag.

Cette fois, c’est la bonne. L’Ultra-Terrestre tient ses têtes d'affiche. Enfin, on l’espère. A quelques jours de son lancement elle peut se réjouir de voir s’aligner des élites très solides. En lice notamment sur cet ultra XXL, François D'Haene. La rumeur courait depuis mars, elle est confirmée avec la présence sur place du traileur. De quoi rassurer les organisateurs qui, l’année dernière avait misé sur un plateau prestigieux qui s’était malheureusement vidé au fil des jours. Ils comptaient notamment sur Beñat Marmissolle. Celui qu’on avait vu triompher en 2022 sur la Diagonale, semblait avoir pris goût aux sentiers de La Réunion. On l’attendait au départ de L’Ultra-Terrestre le 8 mai dernier. Sur son Insta, le traileur prodiguait quelques conseils pour la réussir. Las, il n’avait pu honorer ce rendez-vous, pour des raisons familiales.

Cette année-là, on devait aussi y suivre un autre habitué de l’île, Antoine Guillon. Mais à deux jours de la course, on apprenait qu’il ne pouvait y participer, la faute, semble-t-il, à un problème de billet d'avion. Enfin, côté féminin, on était très curieux de voir ce que la prodigieuse Claire Bannwarth allait faire sur les sentiers réunionnais, après son passage sur la Barkley. Déception là aussi, l’Alsacienne de 35 ans, la première femme à remporter le Tahoe 200 (330 km ; 5500 D+) au scratch, détentrice entre autres du record féminin sur la Backyard (61 tours), devait jeter l’éponge, la forme n’étant pas au rendez-vous. C’est donc sans ces élites que l’Ultra-Terrestre s’était déroulé, laissant le champ libre à Robin Coinus, vainqueur l’an dernier en 39:47:31.

D'Haene vs Perrier, le retour ?

2026 s’annonce sous de meilleurs augures pour cette course présentée comme une « vraie diagonale », du sud au nord. Un ultra XXL qui se veut plus intimiste que la course phare du Grand Raid de La Réunion. Un « retour aux sources », selon les organisateurs, qui n’est pas pour déplaire à François D'Haene. Absent du Grand Raid l’an dernier, le traileur reste profondément lié à La Réunion et à ses sentiers où il fait ses preuves depuis près de deux décennies. C’est là qu’il a disputé son premier “100 miles”, en 2009. Il y avait terminé 5e avant d'y engranger les victoires. Quatre à ce jour. Reste que l’Ultra-Terrestre est plus longue encore que la Diagonale (224 kilomètres et plus de 14 300 m de D+, contre environ 170 km et 10 000 m D+), et si le traileur n’a plus rien à prouver sur du très long, en témoigne sa victoire sur le Tor des Géants 2024, il reste prudent et n’annonce pas d'autre objectif que de finir la course sans blessure. Cet ultra n’étant, dit-il, qu’un entraînement pour un tout autre défi, à savoir sa tentative de record sur le GR20 en Corse prévue en juillet 2026.

Reste que l’homme est un compétiteur et que face à lui, certains vont lui donner toutes les raisons de viser le chrono. A commencer par une vieille connaissance, Martin Perrier. On se souvient qu’en 2024, en plein Tor des Géants 2024, le Suisse avait soupçonné le Français d’être accompagné sur certaines portions du parcours (ce qui est interdit par le règlement du Tor) et lui avait remis une lettre manuscrite pour lui faire part de ses interrogations, évoquant une possible réclamation auprès de l’organisation. L’affaire avait fait grand bruit et, devant les excuses de Perrier, le ton était tombé. François D'Haene choisissant de ne pas alimenter davantage la polémique.

En face aussi, Sébastien Raichon, Sangé Sherpa...

Fort de son expérience sur l’Ultra-Terrestre, où il a remporté la deuxième place l’année dernière (41h26), nul doute que le Suisse aura à cœur de montrer de quel bois il est fait. D'autant que si D'Haene ne joue pas la gagne mais la prudence, d'autres devraient se charger de le challenger. Rien n’est écrit dans le marbre, l’histoire l’a prouvé, mais l’UTOI annonce notamment la présence de Sébastien Raichon, de Sangé Sherpa, de Victor Richard, de Nicolas Lehmann et… de Claire Bannwarth. Un plateau qui, s’il se confirme, donnerait une dimension exceptionnelle à cette édition.

Reste une autre inconnue, et elle est de taille, la météo. À quelques jours du départ, les premières tendances annoncent une édition chaude et humide, typique du mois de mai réunionnais. Si aucun épisode tropical majeur n’est envisagé à ce stade, le parcours de l’Ultra-Terrestre est particulièrement exposé aux changements brutaux de conditions entre littoral, volcan et cirques. Ici, personne n’a oublié les pluies diluviennes qui s'étaient abattues en 2025. L'épreuve avait connu alors plus de 50 % d’abandons.


L’Ultra Terrestre en trois questions  

En quoi cette course diffère-t-elle de la Diagonale des Fous ?
D’abord par ses chiffres : 224 kilomètres et plus de 14 300 m de D+, contre environ 170 km et 10 000 m D+ pour la Diagonale. Mais les organisateurs veulent aussi se démarquer autrement. Pas question, disent-ils, de miser sur une course de masse. Leur mot d’ordre : « l’authenticité ». Avec, à la clé, des sentiers parfois peu utilisés, plus sauvages et souvent très techniques. Sur une île comme La Réunion, difficile évidemment de ne pas croiser les traces du Grand Raid. Mais l’Ultra Terrestre promet aussi d’ouvrir d’autres lignes, comme on l’a vu l’année dernière, les coureurs de l’Ultra-Terrestre, mais uniquement eux, ont pu monter jusqu’en haut du piton des Neiges, le plus haut sommet de l’île (3 070 m). Un vrai « plus » que les organisateurs tentaient de négocier depuis quelque temps déjà et qui est renouvelé cette année.

Qui est derrière cette épreuve ?
L’épreuve est portée par l’ACSR (Association Culturelle et Sportive de La Réunion) et la société HP EVENTS, basée à Sainte-Clotilde. Son principal artisan est Hassen Patel, président de l’UTOI (Ultra-Trail de l’Océan Indien). Son univers d’origine n’est pas le trail mais le sport automobile, où il a travaillé une vingtaine d’années comme directeur de course. Après avoir découvert le trail sur la Zembrocal, il lance un salon dédié à l’endurance puis développe son propre circuit de courses. Son ambition : faire découvrir d’autres sentiers réunionnais, mais aussi créer des épreuves dans tout l’océan Indien — Madagascar, Maurice, les Seychelles, Rodrigues, Mayotte ou encore les Comores.

À qui s’adresse cet ultra XXL ?
Pas de système de qualification façon UTMB ici. Mais vu la difficulté du parcours, les barrières horaires restent sévères : 80 heures maximum pour boucler les 224 km, soit une moyenne minimale d’environ 2,8 km/h. À titre de comparaison, la Diagonale des Fous demande environ 2,57 km/h de moyenne sur 66 heures. 

Focus sur le parcours 
Le départ sera donné jeudi 14 mai 2026 à Saint-Philippe à 6h00, pour une traversée de l’île jusqu’au stade de La Redoute à Saint-Denis dimanche 17 mai avant 16h00. Les coureurs auront 82 heures maximum pour boucler les 224 km et plus de 14 000 m de dénivelé positif. Le parcours enchaîne plusieurs des secteurs les plus emblématiques, et redoutés, de La Réunion : le Piton de la Fournaise et la Plaine des Sables d’abord, puis Mare à Boue, Cilaos, le Piton des Neiges, Salazie et Mafate, avant la remontée vers le Maïdo et les derniers reliefs au-dessus de Saint-Denis. Parmi les passages clés figurent Mare à Boue (km 61), Cilaos (km 106), le Maïdo (km 143) ou encore la Grande Chaloupe (km 204), ultime grosse barrière horaire avant l’arrivée. La difficulté du parcours tient autant à la distance qu’au terrain : sentiers humides, ravines techniques, longues montées, descentes cassantes et météo souvent imprévisible. Lors de la première édition en 2025, Robin Coinus avait notamment décrit la section autour du Piton des Neiges comme la plus difficile de toute la course.

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