Il n’a pas encore fait sécher la boue accrochée à ses chaussures sur la Barkley, ce week-end, que le traileur a déjà la tête tournée vers une autre épreuve qui ne devrait pas être de tout repos non plus. Les 185 km sur neige, glace et pistes du Lapland Arctic Ultra, organisé du 1er au 11 mars, à Överkalix, en Suède, par Robert Pollhammer. Une vieille connaissance. C’est lui qui a créé le Yukon Arctic Ultra, remporté par le Français en 2025. Mathieu Blanchard a décidément pris goût au froid. Mais c’est tout sauf anecdotique. Car cette deuxième course polaire – où l’attend notamment Thierry Corbarieu – s’intègre dans son vaste Glacial Odyssey Project qu’on va pouvoir suivre sur quatre à cinq ans.
Près de deux mois que Mathieu Blanchard maintient le suspense. « Cette semaine, la pulka est ressortie du garage. Prête à glisser sur des centaines (milliers ?) de kilomètres pour préparer les prochaines aventures Grand Nord », écrit-il sur ses réseaux sociaux. « Pour l’entraînement, j’ai besoin de la lester un peu, alors si vous voulez faire un tour gratos, faites signe. » Le traileur est alors aux 2 Alpes, où il est installé. Et il ne chôme pas, cependant que les spéculations sur ses objectifs vont bon train. Non, le Yukon Arctic Ultra n’est pas dans son viseur cette année, il l’a déjà remporté en 2025. C’est donc ailleurs qu’il va se lancer. Et il s’y prépare, confirme-t-il il y a une semaine.
« Dans certaines aventures, le matériel est super important. Il faut savoir choisir, comprendre, adapter, réparer, anticiper son utilisation. Dans le froid (extrême), l’erreur ne se corrige pas toujours... Malgré pas mal d’expériences avec mes années de vie au Canada, j’ai énormément appris lors de la Yukon Arctic Ultra. Depuis quelques mois, j’ai repensé plein de choses, puis testé, puis encore modifié pour optimiser au maximum ce que j’imagine possible. Parce qu’en-dessous d’un certain seuil, tout change. Ici dans les Alpes, c’est difficile de tester sous -10°C. Au Yukon à -40°C, certains plastiques devenaient cassants. Les mousses de mes chaussures durcissaient. L’électronique se coupait très vite (le corps aussi parfois…). (…) Plus je maîtrise mon matériel, plus j’ouvre le champ des possibles dans l’ambition des aventures. Et repousser cette frontière, ça me fascine. Rdv bientôt pour tester ces “innovations”, conclut-il avant d'annoncer une petite vidéo sur les détails de son matos grand froid.
De la Laponie suédoise... au Grand Rex à Paris
Et la planète trail de continuer à spéculer sur ces maigres indices. Bien sûr on pense au Lapland Arctic Ultra, une course polaire gérée, elle aussi, par Robert Pollhammer, à l’origine du Yukon Arctic Ultra. Mais si sur le site de l'épreuve suédoise, on trouve bien [dans le format long de l'événement, le 500 km] le nom de Thierry Corbarieux – l’un des experts en course polaires les plus sérieux malgré ses récents déboires dans le Yukon - aucune mention en revanche de Mathieu Blanchard. Il faudra la confirmation de son agent à Outside, et un dernier post de l'athlète, il y a quelques jours, pour valider l’hypothèse : « Glacial Odyssey Project Chapter 2 in the making » LAU26'.
C’est donc bien en Laponie suédoise qu’on va pouvoir suivre le traileur à partir du 1er mars sur le format 185 km [ et non le 500 km comme nous l'avions initialement annoncé]. Un timing un peu serré. Car si l’évènement s’achève bien le 11 mars, le dimanche 8, on l’attend au Grand Rex, à Paris, pour la première de son film « L’appel du silence », documentaire sur, justement, son expérience dans le Yukon. Un vrai challenge au regard des conditions qui l’attendent. « Le Montane Lapland Arctic Ultra figure parmi les courses d’ultra les plus difficiles au monde », expliquent les organisateurs. Froid extrême, nature du parcours - rivières, lacs et marais gelés, zones forestières ) distance à parcourir… « Des situations qui, dans des conditions normales, ne poseraient aucun problème peuvent devenir absolument mortelles en plein hiver dans le nord de la Suède. Gardez cela à l’esprit en permanence », mettent-ils en garde.
Le Glacial Odyssey Project, chapitre 2
Eprouvant, sans doute, mais jouable au regard des dernières performances de Blanchard qui semble avoir pris goût au grand froid. Au point d'avoir imaginé le Glacial Odyssey Project, dont le LAU 2026 est le 2e chapitre. Une sorte d’odyssée glaciaire, entre défis sportifs intenses, exploration en autonomie dans l’environnement polaire et documentaires, qu’il y a deux mois il expliquait en ces termes sur LinkedIn :
« Glacial Odyssey Project, c’est un projet que j’ai inventé, qui va s’étaler sur 4 à 5 ans, chaque hiver. La Yukon Arctic Ultra était le 1er chapitre. Et comme j’étais dans une zone floue de connaissance du lieu et de l’effort, je voulais rester discret.(…) »
On en sait plus désormais sur le chapitre 2. Aucune information n’a encore filtré sur le chapitre 3, mais on peut s’interroger sur le projet polaire annoncé par Loury Lag, avec qui Mathieu Blanchard avait déjà connu sa première expérience polaire, en 2022. Il s’agirait d'une expédition immersive en Arctique centrée autour de l’archipel du Svalbard. Annoncée pour 2027, Mathieu Blanchard y est présenté comme « un invité de marque du projet Selar ». « @selar_expeditions ouvre une nouvelle ère de l’exploration polaire durable avec le premier voilier d’expédition en acier de 70 mètres, propulsé par le soleil et le vent. Un navire capable d’évoluer dans les environnements les plus extrêmes tout en respectant profondément la biodiversité ». lit-on sur le compte Instagram de Loury Lag. « Au-delà du tourisme, ce navire soutiendra la science grâce à une logistique zéro émission et à l’élimination de plus de 5 tonnes de plastique par an. De notre côté, nous vous préparons une expérience intense, authentique et hors normes, avec un apprentissage 100 % signé par nous ». Au programme : « Découverte de l’Arctique. Navigation au milieu des ours polaires et des icebergs. Masterclass de Loury & Mathieu. Activités multiples. 10 jours hors du temps, dans la peau d’un aventurier ».
L’affaire semble plutôt relever du tour opérateur. Est-ce le chapitre 3 du Glacial Odyssey Project ? L’avenir le dira.
Article publié le 19 février 2026 à 15h16, mis à jour le 20 février 2026 à 18h15
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