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Rachel Entrekin
  • Aventure
  • Trail Running

Rachel Entrekin, la reine du Cocodona 250, en route pour l’UTMB

  • 18 mai 2026
  • 5 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Face à Courtney Dauwalter et Ruth Croft, c'est la femme qui pourrait créer la surprise en août prochain à Chamonix. Avec trois victoires consécutives sur le Cocodona 250, et un record effaçant celui des hommes début mai, l'Américaine Rachel Entrekin, 34 ans, s'est révélée comme l'une des figures montantes de l'ultra-trail mondiale. Derrière ses performances, un parcours marqué par un trouble du comportement alimentaire, une confiance en elle durement construite, et une approche de la course résolument tournée vers le plaisir. Une trajectoire qui la conduit au départ de l’UTMB Mont-Blanc 2026 où elle va être très attendue.

Elle n’aura dormi que dix-neuf minutes au cours de 56 heures de course. Deux micro-siestes de sept minutes, et cinq minutes grappillées à un ravitaillement, voilà tout ce que Rachel Entrekin s’est autorisé avant de remporter, début mai, la 6ᵉ édition du Cocodona 250, l'ultra-trail de plus de 400 kilomètres et près de 12 000 mètres de dénivelé positif à travers les déserts et plateaux de l’Arizona. Une victoire écrasante, bouclée en 56 h 09 min 48 s, qui lui permet non seulement de battre son propre record féminin de plus de sept heures, mais aussi d’effacer le record masculin du parcours de plus de deux heures et demie. 

Trois victoires consécutives sur le Cocodona 250

Dès sa première participation en 2024, Rachel Entrekin avait laissé entrevoir l’étendue de son potentiel sur le Cocodona 250. Sa deuxième victoire l’année suivante, devant Courtney Dewaulter, contrainte à l'abandon, n’avait fait que renforcer le surnom que le milieu lui avait déjà attribué « CocoQueen ». Rebelote cette année. La traileuse de 34 ans est devenue la première athlète de l’histoire à remporter trois éditions consécutives du Cocodona. Une domination rare sur une course réputée comme l'un des ultra les plus durs du continent américain.

Pourtant, après son succès en 2024, l’Américaine racontait à Outside avoir terminé la course dans un état d'insatisfaction. « J’ai gagné, mais je n’aimais pas la personne qui est ressortie de cette épreuve, expliquait-elle alors. En revenant en 2025, l’un de mes plus grands objectifs était de boucler la course et d'être fière de moi même, une fois la ligne d’arrivée franchie, quelle que soit ma position. »

Cette confiance en elle, elle l'aura travaillée. Car derrière sa victoire et son record sur le Cocodona 250 cette année, il n’y a pas seulement les quantités dantesques de purée de pomme de terre avalées aux ravitaillements ou les innombrables heures d'entraînement, mais surtout un mental d'acier. Après son arrivée, l’Américaine racontait avoir passé une grande partie de la course à se répéter le même mantra : « Quelqu’un va gagner cette course, alors pourquoi pas moi ? » Une phrase devenue une manière de faire taire les doutes et le syndrome d'imposteur qu'elle évoque souvent, notamment chez les femmes dans les sports d'endurance. « On trouve toujours des moyens de garder la tête froide pendant la course et de trouver l'énergie nécessaire pour continuer. Ce mantra m’a aidée à dépasser cette insécurité et ce manque de confiance que beaucoup de femmes ressentent encore vis-à-vis de leurs propres capacités. Il m'a aidé à faire taire cette petite voix qui me dit que ça ne sert à rien d'essayer parce que je n'ai pas assez de talent. On peut se dire beaucoup de choses négatives, mais j'ai choisi d'adopter une attitude positive. »

Et cette attitude transparaît. Toujours souriante, avec un fort accent du sud américain, Rachel Entrekin s'est montrée radieuse, humble et un peu surprise face à la quantités de félicitations qu'elle a reçu après sa victoire. Pendant la course, on la voyait plaisanter avec son équipe d’assistance, s’arrêter pour caresser des chiens ou encore improviser quelques paniers de basket sur une aire d’assistance à Mingus Mountain. Après avoir terminé l'épreuve, elle a dormi sept heures et demie, s'est réveillée et est retourneé encourager les autres coureurs encore sur le parcours, notamment son amie Sally McRae.

Interrogée sur sa victoire, loin devant les hommes au classement général, la traileuse reconnaît que si ces derniers ont souvent un avantage physiologique qui fait que leurs chronos sont généralement meilleurs sur ce type d’efforts, l’ultra ne se joue plus uniquement sur les jambes. « Dans une course comme celle-ci, le physique atteint ses limites », expliquait-elle après son arrivée. « Ce qui compte surtout, c’est la capacité à gérer la pression, à continuer à avancer quand tout commence à se dérégler mentalement. Peut-être que cela montre que, dans ces domaines-là, les femmes peuvent être égales aux hommes, voire meilleures. »

Pas étonnant qu’elle soit devenue une source d’inspiration pour de nombreuses femmes à travers le monde. Alors que sa notoriété grandit rapidement - plus de 130 000 abonnés sur Instagram et des milliers de messages auxquels elle dit ne pas toujours pouvoir répondre - elle confiait « essayer de comprendre comment je vais gérer tout ça. »

Une coureuse longtemps restée loin des projecteurs

Originaire de l’Alabama, passée par Birmingham puis Huntsville, Rachel découvre la course à pied à l’université, d’abord sur route. Adolescente, ce sport devient pourtant rapidement un outil de contrôle dans une période marquée par un trouble du comportement alimentaire qui la conduit à intégrer un programme de soins en internat. Malgré cette relation difficile, elle garde un attachement profond à la course à pied, et dès son rétablissement, l'envie de retrouver ce lien ne la quittera plus. « Pendant ma période de soins, je ne pouvais rien faire physiquement », raconte-t-elle. « Et une fois sortie, je me suis dit : je vais trouver une façon de reprendre la course correctement, sans me détruire. Ça m’a pris quatre ans pour y parvenir. »

Une fois ce cap franchi, elle revient progressivement à la course sur route, enchaînant un semi-marathon puis un marathon, avant de s'aligner sur des formats toujours plus longs (Across the Years, la Badger Mountain 100 ou encore la High Lonesome 100). « Je me suis rendu compte que j’étais plutôt bonne là-dedans, alors j’ai continué jusqu’à atteindre un certain niveau de folie », plaisante-t-elle aujourd’hui.

Je suis accro à la course à pied. On se demande sans cesse pourquoi on inflige une telle souffrance à son corps, son esprit et son âme. La réponse, c'est que j'adore découvrir autant de paysages et de sentiers en un laps de temps relativement court, mais surtout, j'aime ces moments de solitude où l'on apprend à se connaître.

Physiothérapeute spécialisée en oncologie, elle a travaillé plusieurs années à Los Angeles avant de quitter la Californie pour Conifer, au pied des montagnes du Colorado, puis de s’installer plus au sud, à Salida, qu’elle décrit aujourd’hui comme un paradis. C’est là aussi qu’elle rejoint la “Burrito League”, un groupe informel de coureurs réunis par une idée un poil décalée, celle de courir loin pour aller chercher des burritos après l'effort. Elle conjuguera longtemps cette passion avec une vie professionnelle à temps plein, jonglant entre des semaines de travail de plus de cinquante heures et des entraînements à l’aube, avant de partir travailler.

L'envie d'en vivre est pourtant là depuis longtemps. Malgré des records FKT acumulés sur les sentiers américains et plusieurs victoires sur des 100 miles, l'athlète est longtemps restée quasiment invisible dans le paysage médiatique du trail américain. « J'ai longtemps douté que ça puisse marcher avec les marques », se souvient-elle. « C'est toujours la même histoire, tu en as une qui te fait attendre, puis c'est silence radio. Et puis une autre fait la même chose, c'est sans fin… Je ressortais de ces discussions en me sentant encore moins bien qu’avant. »

Après son arrivée sur le Cocodona 250 l'année dernière, les choses évoluent enfin. La marque britannique Precision Fuel and Hydration la signe en juin 2025, et elle quitte son emploi peu après. Ce partenariat ne suffisait pas à lui assurer une stabilité financière complète mais elle fait le choix de miser sur elle-même. « J’espérais qu’avec eux et peut-être un autre partenaire, je pourrais atteindre quelque chose de viable », explique-t-elle. J'étais dans une situation où je pouvais me permettre d'attendre la bonne opportunité. » Les partenariats ont fini par tomber. Tantrums pour le matériel, Coros pour la montre, Norda pour les chaussures.

Libérée des contraintes du temps plein, son volume hebdomadaire dépasse désormais les 160 kilomètres. « J'aime courir, donc c'est facile de m'entraîner tous les jours, dit-elle. Même avec un jour off, les 100 miles dans la semaine s'enchaînent presque tout seuls. » Cet hiver, son amie et voisine Addie Bracy, athlète pro de la team Nike, l'a initiée au travail de fractionné, une nouveauté pour celle qui s'entraînait jusqu'alors sans montre et sans grand souci des données. « Je détestais ça, mais une fois la semaine terminée, j'étais toujours contente de l'avoir fait. Ca m'a montré que je pouvais courir plus vite que je le pensais. »

Ce travail se traduit rapidement en performance sur le Chianti Ultra Trail 120 km, où elle décroche une troisième place au printemps et une qualification automatique pour l’UTMB Mont-Blanc. L’Américaine prévoit d’ailleurs d’arriver en Europe plusieurs semaines avant la course afin de s’adapter au terrain alpin. À Chamonix, elle pourrait notamment retrouver Courtney Dauwalter ou encore Ruth Croft, tenante du titre. De quoi vraiment pimenter l'épreuve.

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