Du 18 au 22 mars, le festival de Lons-le-Saunier confirme sa place à part dans le paysage de l’aventure. Films et livres majeurs y côtoient des œuvres moins exposées, soigneusement repérées tout au long de l’année. Une programmation dense, ouverte, et accessible, avec près d’un événement sur deux proposé gratuitement.
« La liberté n’est pas toujours spectaculaire, les vraies rencontres naissent souvent dans l’ordinaire ; à condition de mouiller la plume, de tendre l’aile à son prochain, de lâcher prise, de faire confiance à l’invisible », explique l’équipe du Festival les Rendez-vous de l’Aventure. Le ton est donné. Ici, pas d’esbrouffe, mais du vrai, du profond qui fait mouche depuis plus de dix ans.
Alors, à l’heure de faire sa sélection, le festival, qui garde toute l’année un œil sur les productions en cours et à venir, s’attache à repérer les films les plus marquants du moment. Pari réussi. Parmi les 19 documentaires en lice pour l’un des six prix en jeu, on compte « La Route », « Run again », ou encore « Side to Side ». Trois facettes de l’aventure. Ethnographique et sociale avec le film de Marianne Chaud, réalisatrice qui a suivi le quotidien des habitants de la vallée du Zanskar suite à la construction d’une route, entre maintien des pratiques ancestrales et bouleversements liés au chantier. Sportive, sous le signe du dépassement de soi via l’odyssée extrême de Dave Pen, musicien et ultra-unner parti sur les sentiers de la redoutable Spine Race. Et terriblement humaine, avec la folle virée plein Est en sidecar de Marc et son cousin François, condamné au fauteuil roulant. Bref, le jury va avoir fort à faire pour les départager.
Gros dilemme en perspective aussi pour le public. Comme chaque année, il est invité à rencontrer pendant cinq jours des réalisateurs, écrivains voyageurs, explorateurs, photographes, aventuriers et passionnés de récits de voyage dans une programmation mêlant projections cinématographiques, rencontres littéraires, conférences, expositions, ou ateliers. Un vaste éventail d’évènements, dont près de la moitié sont gratuits, parmi lesquels nous avons repéré quelques pépites : quatre films et deux livres. Pas de grosses productions médiatisées, mais des invitations à l’aventure, très loin, ou tout près de chez vous.
Film. « Par monts et pas soi » : sur les 3 000 km de sentiers de l’Hexatrek
De juin à octobre 2025, Suzel et Matéo ont parcouru à pied plus de 3 000 km à travers tous les grands massifs français, des Vosges aux Pyrénées, en suivant l’itinéraire de l’Hexatrek, la rando la plus longue de France. Après des parcours d’études exigeants et déstabilisants, ponctués de doutes, de réorientations et de remises en question, ce temps “hors cadre” leur a permis de réfléchir à l’entrée dans l’âge adulte. Une façon de se réapproprier le sens de leurs choix, loin des injonctions sociales et de la course permanente. « Par monts et pas soi », est un documentaire pour celles et ceux qui doutent, marchent, trébuchent, rêvent et cherchent, eux aussi, leur propre chemin.
21 mars, participation libre, sans réservation.
Film . « Par les rivières » : en France, une descente à hauteur d’eau
Dans ce documentaire de 40 minutes, François Marcziniak part marcher seul et en quasi-autonomie le long des rivières du centre de la France. Muni d’un équipement minimaliste, il parcourt près de 400 km entre l’Hérault et l’Ardèche pour arpenter une vingtaine de cours d’eau et relier cinq grands bassins-versants du territoire. Pendant 34 jours, il vit en immersion au pays des truites zébrées, des vairons multicolores et des castors invisibles, en se déconnectant de ses congénères humains pour mieux laisser la place à tout le reste.
22 mars, participation libre, sans réservation.
Film. « Le secret du loup d’ethiopie »… butineur de fleurs
Sur le continent africain, en Éthiopie, il existe une région où la terre s’est soulevée à plus de 3 600 m d’altitude. Là-haut, se trouve un plateau, l’Abyssinie. Sur ces hauteurs vit l’espèce de canidé la plus rare au monde : le Loup d’Éthiopie. Dans le sillage d’Adrien Lesaffre, photographe engagé pour la préservation de cette espèce, Baptiste Deturche part à la rencontre de ce monde d’altitude où subsistent les derniers loups. En plus d’être rare, d’avoir évolué loin de ses cousins canidés et dans un environnement isolé, cet animal unique adopte un comportement inédit et rarement filmé : il butine des fleurs ! Porté par la passion, ce film de 60 minutes invite à découvrir un monde discret et intime, ainsi que le travail crucial de documentation photographique nécessaire à sa conservation.
21 mars.
Film. « Je me suis embarquée sur un vaisseau qui danse » : en route pour l’Estonie avec Josette, 80 ans, seule dans son van
« On ne peut pas décrire cette envie de partir », souffle Josette du haut de ses 80 ans, héroïne du film de 80 minutes de Daisy Lamothe. La voyageuse part fréquemment en Estonie, dans sa camionnette aménagée, malgré les craintes de son entourage. Ce n’est pas une obsession touristique. Qu’est-ce alors ? Une fuite ? Une quête ? Est-ce la recherche d’un monde sans le regard et la pression de ses proches ? Une chose est sûre, elle vient s’émerveiller des rencontres avec les oiseaux, au bord de ces étangs lointains.
19 mars.
Livre. « Kilomètre 360 » : dans la tête d’un ultra-traileur
Que se passe-t-il dans la tête de l’homme qui court depuis cinq jours, 360 kilomètres, 26 000 mètres de dénivelée ? Comment sont ses fibres, ses tendons ? Que perçoivent ses neurones de la réalité, du temps ? Albert Meige démêle les fils de ses souvenirs pour raconter ce voyage extraordinaire et le chemin qui l’y a conduit, livrant ses conseils utiles pour les coureurs ayant envie d’aller voir au-delà de leurs limites : nutrition, mental, navigation, équipement… Entrepreneur et passionné d’ultra-endurance en montagne, il explore dans Kilomètre 360 les limites du corps et les frontières de l’esprit. Le récit du dépassement de soi ou les réflexions d’un coureur de trail épuisé. Préface d’Aurélien Bellanger.
20 mars, rencontre avec l’auteur.
Livre. « Les audionotes » : Des Alpes à l’Amazonie, à la redécouvre de l’écoute, un sens malmené
Depuis Ulysse, nous restons sourds aux chants du monde, oublieux des puissances partout à l’oeuvre et des êtres vivants qui en procèdent. Les sirènes d’Homère chantent pourtant “tout ce qui advient sur la terre féconde” ; en les écoutant, le héros antique se faisait le premier “audionaute”. Dans son sillage, Caroline Audibert est partie à la rencontre des audionautes d’aujourd’hui qui naviguent à l’oreille à travers les sonorités de la Terre – des Alpes à l’Amazonie, de la taïga russe aux laboratoires high-tech et jusque dans les lieux les plus abîmés. Au fil de ses pérégrinations, ses oreilles – et les nôtres – s’ouvrent, s’affinent, et l’engagent toujours plus en avant dans une écologie du lien, voire de la réparation. “Si nous faisions pousser nos oreilles, le monde en serait changé”, telle est la proposition de ce récit immersif, poétique et initiatique.
21 mars, rencontre avec l’auteur.
Pour en savoir plus sur le festival et réserver vos places, rendez-vous sur www.rdv-aventure.fr.
Nombre d’activités du festival sont gratuites ou en participation libre : vous êtes libre de donner, si vous le pouvez, ce qui vous semble juste, afin de soutenir l’organisation du festival.










