Insultant. C’est le seul mot qui vienne à l’esprit en apprenant que pour sa victoire lors des qualifications d’une étape de la Coupe du monde organisée lundi dernier à Garmisch-Partenkirchen, en Allemagne, la sauteuse à ski allemande Selina Freitag, 23 ans, n’a reçu que du gel douche, du shampoing et quatre serviettes. Son homologue masculin, en revanche, s’est vu remettre 3 000 francs suisses, environ 3 200 euros. De quoi déclencher, à juste titre, l’indignation de la championne du monde de saut à ski par équipes 2023. Et un tollé médiatique.
Amère victoire lundi pour Selina Freitag lors de l'étape de Garmisch-Partenkirchen de la Two Nights Tour de saut à ski. Première des qualifications, elle a remporté… « un sac contenant du gel douche, du shampoing et quatre serviettes ». « En gros », raconte-t-elle à la chaîne allemande ARD, dans des propos relayés notamment par le média suisse Blick « on m’a dit : 'Voilà, désolé, on n’avait malheureusement pas de billets de 500 à disposition'". "Je ne veux pas trop me plaindre, mais cela montre bien les différences." a-t-elle ajouté. Une réaction plutôt magnanime quand on sait, que pour les mêmes épreuves, et le même nombre de sauts, le vainqueur masculin a reçu, lui, 3 200 euros.
Pire, devant la réaction de l’athlète allemande ( et le tollé médiatique) le directeur sportif de la Fédération allemande de ski, Horst Hüttel, a cru bon d'expliquer, rapporte la presse suisse : « Il faut absolument réfléchir à ce sujet : pour l'instant, il n'y a pas de prix en argent pour la qualification [féminine]. La serviette et le gel douche, c'était un peu dommage. » et d'ajouter … « La façon la plus intelligente de procéder, c'est de ne rien donner du tout ». On croit rêver !
La situation de Selina Freitag n’est pas sans rappeler celle qu’ont connue en 1989 les footballeuses allemandes. Après avoir remporté le titre de championne d'Europe, elles s’étaient vu remettre un service à café à fleurs !
Certes, l’épreuve de saut à ski féminine est moins populaire actuellement que sa version masculine, mais ne pas la récompenser en argent est totalement injuste. D'autant que cette inégalité n’est guère compensée en finale. Une victoire en coupe du monde rapporte 4300 CHF pour la vainqueure... contre 13 000 CHF pour le vainqueur. Plus de 9000 euros de différence.
L'exemple du surf, du snowboard ou encore du windsurf
La Fédération de ski a du chemin à faire sur le chemin de l’égalité hommes-femmes. Et elle n’est pas la seule. Heureusement, dans certaines disciplines, la situation évolue. Lentement, et souvent tardivement, mais elle évolue. Il a fallu attendre 2019 pour que les prize money accordés lors des manifestations sous l’égide de la World Surf League (WSL) soient les mêmes pour les deux sexes. Un an plus tard, en 2020, sous l’impulsion de la championne du monde de snowboard freeride, la Française Marion Haerty, la parité devenait aussi effective sur le circuit du Freeride World Tour. Il en est aujourd’hui de même sur des compétitions outdoor majeures comme l’UTMB. Quant au windsurf, ce n’est qu’en 2021 que l’Association Professionnelle de Windsurfeurs (PWA) a annoncé qu’elle accordait aux femmes les mêmes récompenses qu’aux hommes lors des championnats du monde.
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