Dans les Dolomites, au Lago di Braies, ce lac émeraude surnommé la « perle des Alpes », comme aux spectaculaires Tre Cime, les randonneurs affluent, guidés par les clichés qui font rêver sur les réseaux. Popularisée par les influenceurs, la région croule désormais sous le surtourisme en période estivale. Excédés par l’afflux de visiteurs en quête du cliché parfait et des conséquences sur la biodiversité, des agriculteurs italiens ont installé des tourniquets sur les sentiers pour faire payer l’accès. La photo Instagram coûte désormais 5 €.
Non, ce n’est pas Venise, et pourtant les visiteurs s’accumulent par milliers. Dans les Dolomites, en Italie, l’attente se compte parfois en heures pour accéder aux points de vue les plus prisés. Lago di Braies, Tre Cime, alpages de carte postale… Ces paysages alpins spectaculaires attirent désormais autant les randonneurs que les influenceurs, venus immortaliser la scène pour TikTok ou Instagram. Résultat : un afflux massif qui met à rude épreuve la biodiversité et la tranquillité des habitants.
Pour tenter de freiner le phénomène, les agriculteurs de cette région du nord de l’Italie ont installé un portique à entrée payante : 5 euros pour repartir avec sa photo des spots iconiques comme Seceda ou les Drei Zinnen. Une somme symbolique qui, loin d’être dissuasive, interroge sur l’efficacité réelle de la mesure… ou sur son intérêt financier. On imagine mal des touristes venus parfois de très loin rechigner à payer pour accéder aux plus beaux endroits du massif.
Quelles solutions pour lutter contre la surfréquentation ?
Face au surtourisme, certaines régions testent d’autres approches pour mieux répartir les visiteurs. En Corse, par exemple, la promotion d’itinéraires alternatifs au GR20 permet de désengorger le tracé principal. Ailleurs, certaines zones misent sur le « démarketing ». Dans le parc national des Calanques, une campagne menée en 2021 montrait des plages saturées et des routes embouteillées pour y accéder. L’objectif : offrir une image plus réaliste que celle véhiculée par les réseaux sociaux ou les brochures touristiques.
D’autres approches sont plus radicales : quotas d’accès (comme au Machu Picchu, au Pérou), fermeture temporaire pour laisser un site se régénérer (comme à Maya Bay, en Thaïlande, rendue célèbre par le film The Beach), ou droits d’entrée nettement plus élevés que le portique des Dolomites (comme au Bhoutan, qui impose une taxe journalière de 100 dollars aux visiteurs). Aucune solution universelle n’existe : chaque territoire a ses contraintes et ses choix à faire. Reste que si chacun s’interrogeait sur le sens et l’impact de ses déplacements, cela éviterait peut-être d’en arriver à des mesures plus restrictives.
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