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Bartek Ziemski Everest ski
  • Aventure
  • Snow Sports

Après sa descente à ski de l’Everest, Bartek Ziemski jette un regard amer sur la course aux 14 × 8 000

  • 20 mai 2026
  • 3 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Une semaine seulement après sa descente du Lhotse, Bartek Ziemski à de nouveau frappé. Son ascension puis sa descente à ski de l’Everest, sans oxygène supplémentaire ni assistance de Sherpas, porte désormais à neuf le nombre de sommets de plus de 8 000 mètres skiés par le Polonais depuis 2022. L’exploit semble pourtant l’avoir un peu dégoûté de son projet de skier les quatorze 8 000…

Après sa descente à ski du Lhotse, quatrième plus haut sommet du monde, Bartek Ziemski ne s’est accordé qu’une semaine de repos avant de repartir vers l’Everest. Une tentative dans laquelle il hésitait pourtant à se lancer, écœuré par l’affluence sur la montagne cette saison. « Au final, j’avais payé le permis pour l’Everest… et bon, je suis Polonais, je n’ai pas beaucoup d’argent. Alors je me suis dit que j’allais quand même essayer », raconte-t-il à ExplorersWeb.

La montagne à lui seul pour l’ascension

Pendant que des centaines d’alpinistes patientaient aux camps 2 et 3 en attendant leur fenêtre météo, Bartek Ziemski est parti du camp de base en direction du camp 3, puis est monté au camp 4 le lendemain pour seulement quelques heures de repos avant de repartir vers 23 heures pour le sommet. Une montée menée dans le même style que lors de son ascension du Lhotse. À sa grande surprise, il s’est retrouvé seul sur les cordes fixes menant à la cime. « J’ai eu énormément de chance, presque personne n’est monté ce jour-là », reconnaît-il. « Jusqu’au camp 4, j’avais quasiment la montagne pour moi tout seul. »

Ayant minutieusement étudié les prévisions météo, le Polonais savait que les vents devaient tomber vers 2 heures du matin. Là où la plupart des cordées quittent habituellement le camp 4 en début de soirée, Ziemski a volontairement retardé son départ afin de profiter de cette accalmie annoncée. « Quand je suis arrivé au Balcon, il n’y avait littéralement pas un souffle d’air. » Selon lui, les rafales particulièrement fortes la veille ont sans doute poussé de nombreuses expéditions à repousser ou annuler leur tentative ce jour-là. Une solitude plus que bienvenue. Et finalement les conditions auront été parfaites. Zéro vent et pas un nuage dans le ciel, résume le skieur-alpiniste. Le 19 mai, à 9 h 20 (heure népalaise), il se tenait au sommet de l’Everest.

Une descente via la face du Lhotse

Skis aux pieds, Bartek Ziemski a effectué ses premiers virages directement sur l’arête sommitale de l’Everest, sur une neige dure « parfaite pour skier ». Pas de corniche ce jour-là, même si l’arête demeure extrêmement exposée. Rien de particulièrement inquiétant pour le Polonais, pour qui « ce n’était que de la neige ». Par précaution, il s’est tout de même attaché quelques mètres aux cordes fixes, sans jamais retirer les skis.

Après une courte pause au camp 4 pour récupérer son matériel, il est aussitôt reparti vers le camp 3 avant de s’engager dans la face du Lhotse, dans une ligne directe rappelant celle empruntée par Andrzej Bargiel lors de sa descente de l’Everest en septembre dernier. Ce choix d’itinéraire lui a surtout permis d’éviter les interminables colonnes d’alpinistes remontant du camp 3 vers le camp 4. « J’ai vu cette ligne de centaines de personnes… c’était complètement fou ».

Les conditions de neige se sont pourtant progressivement détériorées. Sous le Balcon et dans la face du Lhotse, les rafales avaient balayé presque toute la neige fraîche. Malgré cela, Ziemski a finalement skié d’une traite du camp 4 jusqu’au camp 1, où il a, là aussi, récupéré du matériel, avant de poursuivre dans la cascade du Khumbu. Une semaine après sa descente du Lhotse, le glacier avait déjà suffisamment bougé pour l’obliger à emprunter un nouvel itinéraire. Il a pourtant du réutiliser, skis aux pieds, la même échelle métallique franchie quelques jours plus tôt au-dessus d’une énorme crevasse.

 » Ce qui se passe là-haut n’a plus grand-chose à voir avec l’alpinisme »

Avec cette descente, Bartek Ziemski devient le deuxième homme à réussir l’ascension et la descente à ski de l’Everest sans oxygène, après son compatriote polonais Andrzej Bargiel en 2025. Une performance d’autant plus singulière qu’elle a été réalisée sans assistance de Sherpas, sans sponsors et sans équipe de tournage ni de logistique. Un approche légère et discrète qui a l’air de lui correspondre. Ingénieur informatique par intermittence, vivant dans son van entre deux expéditions, Ziemski confiait il y a quelques jours à Outside US « n’être pas vraiment alpiniste » et s’attaquer aux sommets « pour le plaisir. »

Depuis 2022, le Polonais a déjà skié neuf sommets de plus de 8 000 mètres sans oxygène (le Broad Peak, le Gasherbrum II, l’Annapurna, le Dhaulagiri, le Makalu, le Kangchenjunga, le Manaslu, le Lhotse et désormais l’Everest), dans le but d’être le premier à skier les quatorze 8 000. Paradoxalement, cette dernière réussite semble avoir semé en lui le doute quant à la suite de son projet. « L’Everest n’est plus intéressant. Ça n’a plus aucun attrait. Il y a trop de monde, et ce qui se passe là-haut n’a plus grand-chose à voir avec l’alpinisme. », a-t-il raconté à ExplorersWeb une fois arrivé au camp de base. « Ce n’est même pas une montagne particulièrement belle. Le sommet est caché, l’itinéraire n’a rien de spécial… ». « D’habitude, quand je termine une montagne, j’ai déjà la suivante en tête. Mais cette fois, je me suis surtout dit que je n’aimais plus tellement ce monde des 8 000. » a-t-il ajouté.

Cette annonce laisse-t-elle entrevoir un changement d’objectif définitif chez Ziemski ? S’il venait à se détourner progressivement des 8 000 pour explorer d’autres sommets, moins fréquentés et plus sauvages, seul Bargiel resterait dans la course aux 14 x 8000 à ski.

Photo d'en-tête : Bartek Ziemski / Polski Związek Alpinizmu
Thèmes :
8000
Everest
Himalaya
Ski de pente raide

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