La crue torrentielle de la semaine dernière a dévasté La Bérarde. Et si l’heure est aujourd’hui au désenclavement de ce hameau encore coupé du monde, quand pourra-t-on envisager un retour à la vie normale, aux pratiques de l’alpinisme et de la randonnée dans la zone ? Quid des vallées voisines, elles aussi fortement touchées par les récentes inondations ? Le point avec le Parc national des Écrins.
Des reconnaissances ont été faites sur les sentiers avoisinant La Bérarde, haut lieu de l’alpinisme en France, ces derniers jours. Et les conclusions des professionnels sont formelles. « Ce sont majoritairement les accès routiers et les liaisons pour la Bérarde qui ont été très affectées par les inondations de la semaine dernière » précise le Parc national des Écrins. « Notre réseau de sentiers n’a finalement pas tant été endommagé que ça. Pour vous donner un ordre d’idée, les inondations de l’automne dernier ont causé beaucoup plus de dégâts ».
La question va donc plutôt être de savoir quand est-ce que les accès routiers vont pouvoir être rétablis. Une zone d’ombre encore présente, notamment au vu des instabilités encore présentes. « La route avait été rouvert jusqu’à Saint-Christophe-en-Oisans [à 10 kilomètres du hameau de La Bérarde, ndlr]. C’était désenclavé. Sauf que là, et on vient tout juste d’avoir l’info, il y a eu à nouveau des fortes pluies dans la nuit d’hier à aujourd’hui. Les alentours du village sont à nouveau inondés – des travaux sont désormais en cours. Il est donc impossible à dire quand la route va être à nouveau praticable ».
« La saison risque d’être très délicate »
Les itinéraires de randonnée et d’alpinisme au départ de La Bérarde et de ses alentours sont donc actuellement faisables… mais rejoindre leur point de départ est encore impossible. Seul moyen : rallonger la marche d’approche d’une dizaine de kilomètres, voire plus. Tout dépend, une nouvelle fois de l’état des routes.
« La saison risque d’être très délicate cette année à La Bérarde », affirme le Parc National des Écrins. « Mais on ne voudrait pas que cela se répercute sur les autres endroits qui n’ont pas subi de dommages et qui pourraient pâtir de cette image. Car les gens vont avoir beaucoup entendu parler de la Bérarde en négatif, en termes de destruction, etc. Mais une grande partie de la vallée va très vite être accessible. Et les chemins sont en très bon état ». Une large communication devrait donc être mise en place dans le but de « montrer qu’en fait, plein d’hébergeurs sont ouverts, prêts à accueillir les gens, et qu’il n’y a pas eu des dégâts partout ». Tout cela va être discuté ce soir, en Oisans, dans le cadre d’une réunion rassemblant une grande partie des socioprofessionnels de la vallée, le Parc national des Ecrins ainsi que la préfecture de l’Isère.
Un appel à la prudence en raison d’un enneigement exceptionnel
Et si les inondations ont profondément marqué les autres vallées des Écrins, ces dernières seront toutes accessibles dès ce week-end. « On est, dans ces cas-là, sur des dégâts assez ‘classiques’ en période de crues et de fortes pluies. Ce sont des dommages que l’on a un peu plus l’habitude de gérer. Et pour le coup, il n’y a vraiment aucune restriction sur la pratique de la randonnée et de l’alpinisme, aussi bien dans le Valgaudemar que dans la Vallouise ou aux alentours de la Grave ».
Le Parc national des Écrins renouvelle toutefois son invitation à la vigilance face à l’enneigement exceptionnel pour la saison. « Il faut que les gens aient cela en tête quand ils partent randonner. Car si les alpinistes ont l’habitude de progresser sur la neige, ainsi que le matériel adapté, cela est généralement moins le cas pour un randonneur lambda qui ne s’attendrait pas à rencontrer autant de neige. Et c’est là que ça pourrait risquer de poser problème ».
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