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Alex Marshall The Tunnel finisher
  • Aventure
  • Trail Running

Ultra running : La jeune Britannique Alex Marshall explose le record de « The Tunnel », loin devant les hommes

  • 3 mars 2025
  • 3 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

321 km dans l'obscurité du « tunnel de la mort » courus en 41 heures, 16 minutes, 43 secondes, la performance ce week-end de la coach anglaise et massothérapeute, met une sacrée claque au record détenu depuis 2020 par Guy Bettinson  (43:06 ). Sidérant, mais pas tant que ça au final quand on jette un œil sur les podiums que les femmes ont raflés ces dernières années dans les épreuves d'endurance. De quoi inquiéter un peu leurs concurrents masculins.

Cet ultra avait tout pour faire fuir. Plus de 321 km (200 miles) dans l’obscurité totale, le froid et l’humidité. Sans assistance ni bâtons ou écouteurs, bien sûr. Et un confort proche de zéro : pas de zone de repos et pas de toilettes dans le « tube ». Résultat ? 95 % d’abandons et des risques d’hallucinations sévères, même parmi les coureurs les plus aguerris. Mais il fallait plus pour refroidir l’ultra traileuse britannique Alex Marshall. Car vendredi dernier, elle était au départ de la 6e édition de The Tunnel, une épreuve organisée dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Cette année, elle regroupait 39 participants, dont 7 femmes. Le Français Christian Mauduit, dont c’était la 3e participation, s’annonçait favori. A son actif, une victoire en 2021 (51h40) et une deuxième place en 2024 (46h49), mais cette année il a dû se contenter d'une 4e place, il n’a terminé ses 100 boucles qu’en 50h51’04. Il s’impose comme le seul à ce jour à avoir bouclé trois fois cet ultra hors normes, certes, mais il reste loin, très loin derrière la vainqueure, Alex Marshall. A une vitesse de métronome, la jeune Anglaise a enchaîné les boucles de 3,2 km à une vitesse moyenne de 24 minutes et 47 secondes, de quoi lui permettre de monter sur le podium à l’issue de 41 heures, 16 minutes et 43 secondes seulement. Il faudra attendre près de 7 heures pour voir arriver le 2e, Colin Crowhurst, en 48 heures, 2 minutes et 08 secondes !

Une histoire d'oestrogène, explique une étude

Une première pour The Tunnel que de voir une femme l’emporter, loin devant, de surcroit, mais, les exemples ne manquent pas pour montrer à quel point les athlètes féminines sont performantes lorsqu’il s’agit d’ultra endurance, et ce, quel que soit le sport. En 2020, une étude scientifique venait d'ailleurs le confirmer avec comme explication principale, une nouvelle histoire d’hormone, comme nous l’expliquions dans notre article.

On a longtemps mis en avant des facteurs certes réels, mais un peu vagues tels que “la capacité à mieux gérer son effort”, ou “leur mental d’acier”, mais l’étude de Run Repeat soulignait un nouvel élément plus scientifique cette fois : l’oestrogène, hormone à la base du développement des organes sexuels féminins, qui serait la raison principale expliquant que les femmes soient si performantes sur ces efforts de très longue durée. Si les hommes sont plus rapides sur les courtes distances, c’est qu’ils ont un coeur plus gros qui leur permet de transporter plus d’oxygène dans les muscles et que ces muscles sont plus développés du fait de la testostérone – ce pourquoi l’IAAF interdit de compétitions les athlètes hyperendrogènes. Mais plus l’effort devient long, moins ces atouts ont de l’importance. Ce qui devient alors essentiel est la capacité du corps à puiser de l’énergie quelque part, même lorsque les batteries semblent vides. C’est là que l’oestrogène joue un rôle en permettant au corps de mieux utiliser les réserves d’énergie, et particulièrement les graisses qui sont la source essentielle sur des très longs efforts.

Autre élément, l’oestrogène permettrait également de protéger, ou de préserver les membranes musculaires. Bien souvent, plus que l’énergie, c’est la capacité musculaire qui fait défaut après plusieurs dizaines d'heures d’effort. S’il est possible de se ravitailler, il n’est pas possible de se faire greffer de nouveaux mollets.

En course à pied, en cyclisme, de plus en plus de femmes sur les podiums... au scratch

Théorie validée par des exemples de plus en plus nombreux. Qu’on en juge. En septembre dernier, Tara Dower, la traileuse américaine établissait un nouveau temps de référence sur l’Appalachian Trail, à raison de 86 km et 3500 D+ par jour… pendant 40 jours ! De quoi abaisser de 13 heures le record détenu par la légende de l’ultra, Karel Sabbe. 

L’année précédente, en 2023, c’est l’Alsacienne Claire Bannwarth qui est entrée dans l'histoire de l'ultratrail en devant la première femme à remporter le Tahoe 200 au scratch (330 km ; 5500 D+).

En août 2019, c’était Fiona Kolbinger, cycliste allemande de 24 (accessoirement Passionnée de vélo et de musique classique, et chercheuse en oncologie pédiatrique ) qui remportait au scratch l’une des courses de vélo d’ultra endurance les plus mythiques qui soit, la Transcontinental Race. Un exploit retentissant, sur ce parcours de 4 000 km depuis la côte bulgare jusqu’en Bretagne.

Plus loin encore dans le temps, on pense à l’Américaine Lael Wilcox qui en 2016, avait remporté la TransAmerica (une course à pied de 6 8000 km traversant les États-Unis). Sans parler bien sûr de la victoire de Corinne Favre sur la CCC, l’épreuve de 100 km pendant l’UTMB, en 2006, lors de la première édition. De quoi reconsidérer – enfin! – les performances des athlètes féminines.

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