L’ancien champion de cyclisme Thomas Voeckler, porteur du Maillot Jaune en 2004 et 2011, est tombé sous le charme du vélo à assistance électrique (VAE) en 2017. Séduit par le concept, ce professionnel des deux roues y a consacré un livre : « Le guide du vélo électrique ». Co-écrit avec Claude Droussent, journaliste sportif et fin connaisseur du cyclisme, ce livre prodigue bon nombre d’arguments pour sauter le pas vers l’assistance électrique sans dénaturer le plaisir de pédaler. L'occasion aussi de s'y initier au Verbier E-Bike Festival cette semaine.

L’intérêt pour le vélo - notamment électrique - s’est propagé, depuis la fin du confinement, plus vite que le Covid-19. Un phénomène qui certes, a provoqué des ruptures de stock ces trois derniers mois, mais n’est pas si nouveau que ça. Et pour cause : la vente des vélos à assistance électrique (VAE) est en hausse constante depuis 2007. Pas moins de 388 100 exemplaires de VAE ont été vendus en 2019 - soit une augmentation de 12% par rapport à l’année précédente, rapporte l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique. Une pratique qui ne cesse de progresser, au point de voir le développement d’un festival dédié aux vélos électriques : Le Verbier E-bike Festival, qui débutera dans deux jours au Val de Bagnes, en Suisse.
Et si ces bijoux technologiques gagnent le coeur du public, la tâche est plus délicate auprès des professionnels. Thomas Voeckler, ancien champion du Tour de France et actuel sélectionneur de l’équipe de France de cyclisme sur route, s’y est converti. Considéré parfois comme un « dopage technologique », voire une « antithèse du cyclisme », le VAE a mis du temps à séduire Thomas Voeckler, grand adepte du vélo dit « mécanique ». Une transition qui a donné naissance au « Guide du vélo électrique », co-écrit avec Claude Droussent, journaliste sportif et spécialiste du cyclisme, paru aux éditions Solar cet été.

Ce guide s’adresse largement à tous les adeptes de cyclisme, qu’ils soient plus ville, VTT ou route, néophytes, amateurs ou confirmés. Thomas Voeckler et Claude Droussent se sont montrés à la hauteur des attentes diverses de leurs lecteurs, à la fois pédagogiques et pointus, tout en gardant un ton accessible. Ni trop ludique, ni trop technique, leur ouvrage répondra parfaitement à tous ceux pour qui le VAE a encore une part de mystère.
Être incollable sur son VAE
Première mission du guide : décomplexer le lecteur. Si l’envie de reprendre le vélo vous gagne après des années sans avoir touché à un guidon, pas de panique. De nombreux conseils sont expliqués pour vous remettre en selle : sept pages consacrées aux « questions pas si bêtes que vous avez le droit de vous poser » expliquant le fonctionnement du VAE, suivies de ses « 10 commandements », sans oublier une double page mémo « on repasse le code…vélo » pour réviser les panneaux indispensables aux cyclistes.

Une fois les premières bases acquises, place aux explications un peu plus techniques sur l’utilisation des VAE. Fonctionnement des batteries et du moteur, optimisation de l’autonomie, durée de vie, modes d’assistance, capteurs et tableaux de bord n’auront plus de secret pour vous. Ces quelques pages de débriefing seront indispensables lors du choix de votre engin, où là encore six pages sont consacrées à votre propre orientation : quel type de vélo choisir ? Et quel moteur ? Quelle batterie associer ? Où acheter ? Faut-il s’assurer ?

Une technologie compatible avec le VTT
Le VAE séduit aussi les amateurs de sensations fortes, parole de Thomas Voeckler, puisqu’il s’adapte à toutes les formes de cyclisme :
Le VTC, vélo tout chemin ou « de trekking »

« Les crampons de ses pneus et une plus performante motorisation permettent d’aborder sentiers et chemins de traverse dès qu’on le souhaite. Il est un compromis assez idéal entre l’utilitaire et le loisir, la semaine et le week-end. Il faut consacrer autour de 2000€ pour un VTC fiable et durable. »
Le VTTAE

« Le VTTAE incarne pour beaucoup le vélo électrique jeune et sportif. Il représente environ 20% des ventes en France. Il vous emmène sur les sentiers, dans les chemins, sur des dénivelés et des distances en montagne que vous n’auriez jamais soupçonné aborder. Sa motorisation forcément performante et ses technologies spécifiques en font un vélo cher : pas moins de 2000€ pour les modèles semi-rigides, 4000€ au moins si on souhaite un engin "tout suspendu" pour pratiquer trail, enduro ou descente. »
Le vélo de route

« Le vélo de route à assistance électrique a fait son apparition en 2018, quand la miniaturisation du moteur et des batteries a enfin permis de concevoir des cadres aux lignes dignes de celles des pur-sang du Tour de France. Il est réservé aux amoureux du bitume qui veulent continuer à monter côtes et cols en donnant le change. À partir de 3000€. »
Le speedbike, hors-circuit pour les débutants
« Le speedbike n’est pas un membre à part entière de la famille des vélos à assistance électrique, mais un quasi motorisé. Il sort de la réglementation en coupant l’assistance à 45km/h. Son statut est assimilé à celui des cyclomoteurs, immatriculation, assurance spécifique et casque obligatoires. Éventuellement pour cyclistes chevronnés pressés qui maitriseront l’engin et anticiperont les dangers. Prêter attention aux freins : le speedbike doit être équipé pour stopper à 45km/h ! À partir de 4000€. »
Déterminer ses besoins et son budget
Un VAE est un vrai investissement. Les prix d’entrée de gamme commencent à 500€, mais « le prix d’achat moyen en France a été de 1535€ en 2018 », indiquent les auteurs. « On estime que l’achat d’un VAE est amorti en moins de deux ans », assurent-ils. Avant de dépenser une telle somme, mieux vaut être sûr de son choix.
« À moins que vos moyens ne vous le permettent, nous n’allez pas vous saigner pour vous offrir un second VAE réservé aux fins de semaine. C’est tout l’intérêt d’avoir anticipé et initialement choisi un modèle polyvalent, susceptible de vous emmener au travail tous les jours et de vous accompagner quand vous le souhaitez jusqu’au pied des montagnes (pas plus haut, vous pourriez être déçu). Il en existe de nombreux sur le marché », explique les auteurs. Réfléchissez-donc bien à l’usage que vous ferez de votre VAE : choisir un modèle fait pour la ville, la montagne, ou les deux ? Et pour les mordus de pratique en montagne, pas de panique : un chapitre d'une dizaine de pages fournit les meilleurs conseils pour choisir le modèle qui correspondra aux sessions plus extrêmes.
Pour les plus frileux, il est également possible de louer un VAE avant de dépenser plusieurs centaines - voire milliers - d’euros. « Les tarifs de location longue durée, service apparu sur le marché en 2017 et désormais étendu à toutes les grandes enseignes spécialisées, sont assez attractifs. Les offres proposent, le plus souvent, après un premier abonnement de 3 mois, un loyer mensuel qui inclut la location du VAE, son entretien, une assistance et une garantie vol et accident. Le choix entre les différents modèles est en général assez étendu, pour des montants de 15€ à 60€ mensuels, livraison possible, accessoires de base (casque, antivol, bagagerie) en options. »
« Le guide du vélo électrique », Thomas Voeckler et Claude Droussent aux Editions Solar, juin 2020, 160 pages, 14€90.

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