Pressée d’enrichir son offre - et peut-être aussi de justifier sa récente et brutale augmentation de tarif – la plateforme sportive aux 100 millions d’utilisateurs vient de mettre la main sur le britannique Fatmap. Gadget ou petite révolution ?
De quoi s’agit-il ?
Un simple post hier sur Instagram, et voilà que Strava annonce qu’elle a mis la main à la poche pour acquérir Fatmap, une appli de cartographie en 3D haute résolution visant à rendre accessible au plus grand nombre les activités de plein air.
Qu’est-ce exactement que Fatmap ?
Pour faire simple, l’appli ambitionne d’être le Google Maps des grands espaces. Pistes de ski, pistes cyclables, itinéraires de montagne… les cartes 3D très détaillées et à haute résolution de l’entreprise britannique permettent de planifier et de suivre ses activités ou expéditions. Elle compterait à ce jour 1,6 million d'utilisateurs, dont une partie, les abonnés premium (30 $/an), ont accès à du contenu supplémentaire telles que les cartes téléchargeables et la planification d'itinéraire dans l'application mobile, sans parler des classiques partages et enrichissement via des photos ou des descriptions.
Fondée il y a dix ans, la société avait pour objectif initial de fournir aux stations de ski des cartes numériques haute résolution. Depuis, elle a travaillé avec diverses entreprises de satellites et d'aérospatiale afin de renforcer sa plateforme avec des cartes détaillées comprenant notamment les sommets, les rivières, les cols, les chemins, les refuges… De quoi séduire plus de pratiquants mais aussi intéresser des voyagistes ou des organisateurs de courses et d'événements désireux d’ajouter de la valeur à leur expérience.
Pourquoi ce rachat ?
Strava a levé plus de 150 millions de dollars de fonds depuis sa création en 2009, mais jusqu’à présent l’Américain n’était pas vraiment porté sur les acquisitions. Hormis l'application de prévention des blessures Recover Athletics en mai dernier ou encore, a appris récemment à Techcrunch, la communauté d'athlètes en ligne Prokit en 2021. On ne connait pas le montant de la transaction, mais Fatmap est l'acquisition la plus importante réalisée par Strava à ce jour. Logique, semble-t-il car développer à partir de zéro la technologie de cartographie 3D exige du temps et des ressources conséquentes. Plus simple donc pour Strava de racheter Fatmap.
Qu’est-ce que ça change pour les utilisateurs ?
L’objectif à long terme de Strava est d’intégrer la plateforme centrale de Fatmap. Ce qui n’est pas si simple. Aussi l’Américain va-t-il procéder par étape. A court terme il travaille à la création d'une intégration à signature unique (SSO). En clair, les abonnés pourront accéder à l'ensemble des fonctionnalités de Fatmap en se connectant à l'application Fatmap avec leurs identifiants Strava.
Dans une premier temps Strava et Fatmap resteront donc des produits distincts. Mais à voir si Fatmap continuera à exister en tant que produit autonome une fois que l'intégration technique aura eu lieu. En attendant, nul doute que Strava va profiter de son rapprochement avec Fatmap pour enrichir sa plateforme avec des informations du type sécurité, points d’intérêt etc
Pour qui ?
La technologie de Fatmap sera disponible à la fois pour les membres gratuits et payants de Strava, mais… certaines fonctionnalités relatives aux cartes, à la découverte et à la planification d'itinéraire serons réservées aux abonnés payants.
Quant aux habitués de Fatmap, ils devraient pouvoir continuer à utiliser ce service gratuitement en ligne « avec les même accès aux outils et aux avantages qu'elle a toujours eu », explique la société. Quant aux membres d'Explore (premium, ndlr), ils ne devraient voir aucun changement dans leur abonnement (y compris au niveau du prix ) mais bénéficieront de fonctionnalités améliorées et de mises à niveau lorsque les deux produits commenceront à s'intégrer.
Quand ?
Il faudra sans doute attendre la mi-2023 pour voir arriver les premiers changements.
Comment réagissent les utilisateurs de Strava ?
Depuis l’annonce de Strava hier, les réactions sont mitigées. Certes le skieur américain de big mountain Andrian Ballinger, s’enthousiasme à l’idée de la fusion, et il n’est pas le seul apparemment, mais d’autres utilisateurs sont plus mitigés et s’interrogent. Cette nouvelle fonction est-elle bien utile, quand, disent-ils, des fonctions de base (organisation par dossiers, ou recherche par mot clef par exemple) sont inexistantes ou pas optimales ?
Et surtout beaucoup n’ont pas encore digéré la récente et soudaine augmentation des tarifs premium : +25% en France (voire + 60% dans d'autres pays !). Car si pour les abonnés français Premium facturés à l'année, le tarif reste - pour le moment - de 59.99 € / an, l'abonnement au mois - autrefois de 7.99 € / mois - est passé à 9.99 € / mois. Rapporté à douze mois, on atteint les 119.88 €.
L’arrivée de la 3D est-elle censée adoucir l’addition ou, au contraire, en annoncer une deuxième ? Strava aura intérêt à communiquer rapidement sur le sujet, s’il veut éviter de se mettre à dos ses utilisateurs déjà pas toujours prêts à passer de l’option gratuite à la payante.
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