S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Francois d'Haene
  • Aventure
  • Trail Running

Pour ses 40 ans, François D’Haene veut s’offrir à nouveau le record du GR20

  • 14 novembre 2025
  • 4 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

Toujours là où on ne l’attend pas. Après une triple fracture malléolaire, et une douloureuse parenthèse de deux ans sans courir, FDH montait encore le curseur en 2024 et s’attaquait à du très long, le Tor des Géants – 330 km, 24 000 m de D+. Faisant taire les plus pessimistes, il le remportait en près de 70 heures de course. À ce stade, il pourrait s’endormir sur ses lauriers. Pas le genre de la maison. Malgré un abandon à l’UTMB 2025, il reste serein et entend bien « aller se balader en montagne » en 2026, sur un terrain bien technique comme il les aime. À la clef, un record qu’il connaît bien pour l’avoir déjà remporté… il y a dix ans. Avant de le voir filer entre d'autres mains. Mais peut-être plus très longtemps, est-il convaincu. Risqué. Mais excitant, nous confie-t-il.

Plus de sept semaines que François D'Haene ne s’est pas remis à courir sérieusement. « Début novembre cela fera un petit peu plus de 2 mois de pause et je pense que c’est ce dont j’avais besoin », explique-t-il sur Instagram. « La course à pied et le trail sont un sport avec des chocs, des contraintes lors de chaque impact avec le sol, contrairement au ski ou au vélo qui sont des sports portés. L’ultra-trail, comme son nom l’indique, nous oblige à faire les choses en mode ultra... ultra contraintes, ultra chocs, ultra entraînements et engagement... Depuis toujours et, bien conseillé, j’ai essayé de m’appliquer des règles quant au nombre de courses que je réalise chaque année, aux objectifs que je me fixe à court et plus long terme, à ma motivation et à ces moments off que je conserve chaque année, en plus de mes saisons hivernales, pour pouvoir continuer à pratiquer avec plaisir et en “bonne santé”. Si on considère que j’ai commencé l’athlétisme en 1993, le trail en 2004 et l’ultra en 2006, je me dis que cette recette ne marche pas si mal chez moi ! »

Le jour J - à l'UTMB - je suis passé à côté de certains signaux

À le voir, détendu et totalement disponible lundi dernier lors de notre rencontre à Paris, on comprend qu’il dit vrai. Le traileur est là pour présenter son film « Face au Tor » dans la salle du Grand Rex, en première partie d'une autre production d'Alexis Berg, « Run again ». Au passage, il a glissé un stand de sa dernière cuvée du Domaine Saint Germain. Histoire de clore définitivement un chapitre de sa vie, viticulteur. Athlète pro à 100 %, il doit désormais se projeter dans l’avenir. Et se montrer un peu plus stratège. Galvanisé par sa victoire au Tor des Géants en 2024, il a été un peu ébranlé quand même en août dernier par son abandon sur l’UTMB. « C'était un peu frustrant de se préparer si longtemps, que tout se passe bien, et que le jour J, finalement, je passe à côté de certains signaux (…) Si je veux continuer à pouvoir performer en trail, il faut que j'arrive avec moins d'incertitudes sur les possibles compensations. »

« Ces signaux, je pensais déjà les entendre... Mais en fait, ma cheville ne me fait jamais mal. J’ai fait la Diagonale, j'ai fait le Tor des Géants, les Nolan’s 14 aux États-Unis, sans aucune douleur. Donc je m'étais dit, c'est pas grave, mon corps s'adapte. Mais non, en fait. Et puis, je pense qu'avec la pression de l'UTMB… »

Ce qui me manquerait le plus, ce n'est pas le haut niveau, mais de ne plus pouvoir rejouer en montagne

Alors, aujourd’hui, il s’y prend un petit peu différemment. D'où la parenthèse course, très active toutefois : vélo, beaucoup de kiné, et du renforcement. Histoire d'éviter le pire, confie-t-il : « Imaginer ne plus pouvoir concourir en haut niveau ne me dérangeait pas, c'était plutôt le fait de ne plus pouvoir courir en montagne ou de ne plus pouvoir courir du tout (…) Ce qui me manquerait vraiment, c'est de ne pas pouvoir reprendre dans les chemins. Oui, je serais triste de ne plus pouvoir performer. Mais je serais quand même tellement satisfait de pouvoir rejouer en montagne. C’est ça qui me manquerait le plus. Après, d'aller doucement, d'aller vite, finalement… »

Reste que l’homme est compétiteur. Et s’il n’a plus grand-chose à prouver – 4 victoires à l’UTMB et autant sur la Diagonale des Fous – il aime bien la gagne. Surtout quand le principal adversaire est le plus intransigeant : soi-même… et qu’on va sur ses 40 ans, pas plus tard que le 24 décembre. « Ça fait bizarre, ce chiffre, quand même », dit-il. « On ne sait jamais de quoi sera fait demain. Je me dis que si tu as envie de faire quelque chose qui te tient vraiment à cœur au fond de toi, il faut le faire (…) Alors j'aimerais bien retourner au GR20 l'an prochain. Pour reprendre le record. »

En 2016, François D'Haene bouclait le sentier corse en 31 h 06 min, détrônant ainsi Guillaume Peretti (32 h 00). Il faudra attendre cinq ans pour qu’en 2021 Lambert Santelli pose une nouvelle marque en 30 h 25.

Le record du GR20, c'est un peu la cerise sur le gâteau

« Ce sentier est tellement challengeant. Je me demande comment j'ai fait pour faire ça il y a dix ans. Et comment je vais réussir à ramener les copains qui étaient avec moi à l’époque. Comment on va réussir à se remotiver, à repartir là-dessus ? L'idée, c'est de faire le plus opérationnel possible, dans six mois. On va tenter le record, c'est toujours un peu la cerise sur le gâteau. Maintenant, si j’arrive à être au top de ma forme, que tout fonctionne à peu près comme il faut, que je m'adapte au mieux et qu'il n'y a pas de record, ben, c'est pas grave. J'aurais fait ce que je pouvais, je me serais donné à fond. Peut-être que passer 40 ans et six mois, c'est plus du tout comme avant 40 ans, je n’en sais rien. Mais je me dis qu'il n'y a pas de raison et que j’ai encore une marge de progression. Je pense que j'ai progressé depuis. Donc, on va essayer en évitant de faire toutes les bêtises qu’on avait faites.

J'étais un peu fougueux à l’époque. J'étais parti crevé, sous la pluie. Sur ce genre de sentier, ce n’est pas une bonne idée : ça glisse un peu et tu perds quand même pas mal d'énergie, de temps, tu prends des risques. Ça ne pardonne pas. Et puis il y a beaucoup, beaucoup de sections où je me suis retrouvé tout seul pendant plusieurs fois quatre heures, sans eau. Des fois aussi sans frontale, ou sans connaître le chemin !

Depuis, j’ai refait pas mal de sections. Et je vais y retourner [en reconnaissance] trois, quatre jours. Le GR20, c’est assez typique : il n’y a pas de glacier, mais tu es au sommet des montagnes, il y a quand même du dénivelé, et tu vois la mer, c’est grandiose. J'adore l'engagement, la technicité. Là, il n'y a jamais de répit : plein de cailloux et une trace rouge et blanche. Tu ne peux pas avancer si tu ne la vois pas. Donc il y a un peu de recherche et d'aventure. Donc, oui, c'est quelque chose d'assez mythique pour moi. Et puis, c'était aussi nos premières vacances avec Carline [son épouse], quand on est partis à deux avec un sac de 20 kilos.

Dix ans après mon record, on va voir comment le corps peut progresser ! Ça ne me fait pas peur, mais j’appréhende un petit peu quand même. C'est aussi une excitation, c'est ça aussi qui me motive à m’entraîner au mieux. Parce que ce sentier, il ne pardonne pas ».

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

Michel Poletti
Marina Abello Buyle

Le Chemin de Compostelle de Michel Poletti : relier les courses de l’UTMB à pied

David Parrish

Il courait pour un ami disparu : un ultra-traileur meurt sur le Cape Wrath Trail

Creativity is a muscle
NNormal

Film « Creativity is a Muscle » : le récit inédit de States of Elevation par le photographe de Kilian Jornet

Marathon des sables
Marina Abello Buyle

Marathon des Sables : à la veille de la 40e édition, « ce n’est pas l’évolution que j’espérais », regrette son fondateur

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications