Jakob Schubert s’apprête à retourner dans DNA, le 9c libéré par Sébastien Bouin en 2022 dans les gorges du Verdon, avec l’objectif de devenir le premier grimpeur à avoir enchaîné deux 9c. À l’heure où les deepfakes et l’intelligence artificielle rendent les images toujours plus difficiles à authentifier, l’Autrichien ne veut rien laisser dans l’ombre. Ses tentatives d’enchaînement seront désormais diffusées en direct, dès ce vendredi, avec un premier essai prévu entre 13 h et 14 h. Preuve, mais aussi spectacle, pour le grimpeur qui compte plus de 100 000 abonnés sur YouTube.
« Nous allons désormais diffuser en direct toutes mes tentatives d’enchaînement ! La première aura lieu demain (si tout se passe comme prévu) », a annoncé Jakob Schubert dans une publication Instagram jeudi 1er octobre. Les conditions météorologiques détermineront l’horaire exact, mais Schubert prévoit un premier essai ce vendredi entre 13 h et 14 h, heure française, puis un second environ trois heures plus tard.
Libérée par Seb Bouin en avril 2022 après plus de 150 jours de travail et quelque 250 essais, DNA attend toujours sa première répétition. Cette voie d’environ 50 mètres, située dans la grotte de la Ramirole, commence par une longue section autour du 8c+, suivie de deux difficultés de bloc évaluées autour de 7C+ puis 8A, avant une dernière section en 8c+. Elle fait aujourd’hui partie des cinq voies cotées 9c au monde, avec Silence, B.I.G., Duality of Man et Café Colombia. Jakob Schubert, qui a lui-même libéré B.I.G. et essayé quatre de ces cinq voies, estime que DNA est la plus dure. L’Autrichien l’avait essayée une première fois en 2022, lors d’un court séjour de trois jours, avant d’y revenir en 2024 pendant deux semaines avec Adam Ondra. Cette fois, il prévoit de passer un mois à la Ramirole pour tenter de l’enchaîner.
Des tentatives en direct pour attester sa performance
Ce ne sera pas la première fois que Schubert utilise la diffusion en direct pour documenter une performance majeure. En 2023, lorsqu’il avait réalisé la première ascension de B.I.G., à Flatanger, ses tentatives avaient elles aussi été retransmises en direct. Il avait finalement réussi la voie lors de son cinquième live, suivi par plus de 4 000 spectateurs.
Sa démarche fait écho aux débats récents sur la fiabilité des vidéos d’escalade. Comme nous le développions dans notre article « Deep Fake : à l’heure de l’IA, comment prouver la véracité d’une ascension ? », une vidéo, longtemps considérée comme la preuve la plus solide d’une performance exceptionnelle, ne l’est plus nécessairement. L’affaire du grimpeur néerlandais Simon Boes, soupçonné d’avoir modifié au montage les images de son premier 8C+, a notamment montré qu’une vidéo pouvait elle-même être contestée en cas de doute sur son montage ou lorsque les fichiers originaux ne sont pas disponibles.
« Dans le monde dans lequel nous vivons, le livestream est peut-être encore plus important que jamais. Aujourd’hui sur Internet, on ne peut jamais être certain à 100 % que ce que l’on voit est réel ou pas », explique Jakob Schubert dans la vidéo annonçant la diffusion de ses tentatives en direct. S’il parvient à enchaîner DNA sous les yeux des spectateurs, filmé du premier mouvement jusqu’au relais, cela laissera peu de place au doute sur la réalisation de sa performance.
Photo d'en-tête : Jakob Schubert / Youtube