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La farandole des Écrins - Paul Bonhomme rando
  • Aventure

Paul Bonhomme vient à bout de son dernier défi, « La Farandole des Écrins »

  • 22 août 2022
  • 4 minutes

Coralie Havas Coralie Havas Passionnée d'escalade, de montagne et de culture outdoor au sens large, Coralie est journaliste pour Outside. Elle est basée à Uzès quand elle n'est pas sur la route à bord de son van.

À 14h45, samedi 20 août, le skieur de pente raide, guide de haute montagne et spécialiste de l’ultra endurance, Paul Bonhomme, est discrètement accueilli par sa famille, dans la vallée d’Ailefroide, au refuge Cézanne, aux portes du parc national des Écrins après un périple de six jours mêlant trail et alpinisme. L’objectif ? Relier en 313 km et 24 600 D+ l’intégralité des refuges du massif. Afin d’en savoir plus, nous sommes allés parcourir, à ses côtés, les derniers kilomètres de son aventure.

Lundi 15 août. À deux heures du matin, Paul Bonhomme, adepte des ouvertures extrêmes, dont 10 lignes de ski de pente raide l'année dernière, s’élance à nouveau sur "La Farandole des Ecrins", aventure qu’il avait été contraint d’arrêter l’été dernier pour des raisons de santé. L'un de ses rares projets personnels, lui qui ne délaisserait le métier de guide de haute montagne pour rien au monde. Loin de toute tentative de record, il désire ce jour-là valoriser le potentiel des montagnes et mettre en avant le rôle essentiel des refuges à travers ces quelques 313 km (24 600 D+) dans les Écrins. Dans la foulée, il nous offre la possibilité de le rejoindre au fil de son parcours.

L’objectif ? Relier les 33 refuges du Parc National des Écrins, "parce qu’ils sont les points de repères des alpinistes et des randonneurs, et que j’aime l’idée qu’ils deviennent des objectifs réels, des objets de convoitise à la même place que les sommets sous lesquels ils trônent" détaillait-t-il sur Instagram.

Jeudi 19 août. Nous arrivons à avoir enfin de ses nouvelles, en téléphonant au refuge du Promontoire. On apprend que finalement, il lui faudra un jour de plus pour boucler son périple, météo oblige. Arrivée prévue samedi, à 15h, au refuge Cézanne, dans la vallée Ailefroide, nous confirme Paul. Le rendez-vous est pris, nous ferons les derniers kilomètres à ses côtés.

C’est ainsi que nous l’avons retrouvé samedi dernier, à 13h, au refuge du Glacier Blanc (2 542 m) pour l’accompagner jusqu’à l’arrivée de "La Farandole des Ecrins", plus bas dans la vallée. Avant de redescendre "tranquillement afin de ne pas être trop en avance" (à l'arrivée l'attend une cousinage avec sa famille venue des Pays-Bas) -nous avons l’occasion de discuter avec lui, au milieu des sommets plâtrés de blanc, la neige étant tombée mercredi dans la vallée. "Il va me falloir un peu de temps pour réaliser" confie-t-il, une fois les 313 km et les 24 600 D+ bouclés et le refuge Cézanne atteint. Au final, il sera passé par 32 refuges, choisissant d’éviter le refuge de l’Aigle (3 450 m), en raison des conditions météo. Mais aucun doute, l’exploit est là !

La farandole des Écrins - Paul Bonhomme refuge
(@linkaproduction / @chriangot)

Comment s’est passée ton aventure ?

20% du temps, c’était du trail pur, sur les sentiers - il m’arrivait de poser mon sac et de faire des allers-retours sur des refuges. C’était le plus agréable. Sinon, il m'arrivait (le plus souvent, environ 50% du parcours) d'être en mode trail avec un sac lourd, pas facile, surtout à la descente - à chaque pas, les 8 kg tapaient vachement sur les jambes. Et le reste du temps, pendant 30%, c’était ce que j’appelle du "crapahut" - se créer son chemin hors sentiers, entre des brèches, des sommets ou des cols qui ne sont quasiment jamais parcourus, comme le pic d’Arsine. À part les kairns, il n’y avait rien. Il fallait trouver la clé, savoir où passer. Ca aussi, ça fait parti du truc. Il faut être assez polyvalent.

Quelles sont les principales difficultés que tu as rencontrées en chemin ?

Tous les jours, il y avait plein de trucs durs. D’abord, physiquement - être capable d’enchaîner de grosses journées avec un sac de 8 kg, c’est quand-même assez particulier. Et puis, même si ça dure six jours, tu es obligé de courir, sinon, tu n’y arrives pas. Ensuite, dans ce genre de projet, il faut avoir de bonnes connaissances globales de la montagne. Peut-être qu’aujourd’hui j’aurais pu prendre plus mon temps. Mais j’ai ma famille qui m’attend.

Mercredi, il a neigé dans les Ecrins. Les conditions météo t’ont-elles ralenti ?

Non, ça ne m’a pas gêné. Je sais qu’il a fait très mauvais ici (dans la vallée d’Ailefroide, ndlr) mais nous, à la Bérarde, c’était sec. Il n’y avait qu’une seule journée de mauvais temps, hier (vendredi, ndlr). Ca ne m’a pas dérangé, vu que j’avais eu l’info d’un copain, Benjamin Ribeyre, guide à la Grave, d’après laquelle la traversée entre le refuge de l’Aigle et le refuge du Pavé par la Meije Orientale n’était plus possible - le pont de neige du glacier du Tabuchet s’étant effondré et le col du Pavé étant inaccessible depuis là. Donc quand j’ai appris ça, j’ai pris la décision de ne pas aller à l’Aigle.

La farandole des Écrins - Paul Bonhomme approche refuge
(@linkaproduction / @chriangot)

Pourquoi es-tu parti fin août ? Sachant qu’à cette période, le mauvais temps est souvent présent.

Je suis parti, comme l’année dernière, fin août, pour avoir des glaciers secs, sans devoir gérer des ponts de neige. Ca m’a bien servi, notamment hier quand j’ai dû traverser le glacier de la Girose, à La Grave, où il faisait vraiment très mauvais. J’arrivais à sentir la glace sous mes pas - il avait quand même 50 centimètres de neige fraîche, mais il n’y avait pas de ponts de neige fragiles. C’est pour ça que je pars tard, comme ça il n’y a que de la glace vive - et moins de dangers.

Qu’avais-tu emporté comme matériel ?

Une trousse de secours, un téléphone satellite, de quoi me protéger d’une tempête, comme hier, c’est-à-dire une doudoune, une Gore-Tex, un pantalon étanche, un collant, deux paires de gant (j’aurais pu en prendre qu’une mais j’avais peur qu’il fasse vraiment trop mauvais). Sinon j’ai la corde, les crampons, les piolets, le baudrier et de quoi me faire des rappels. J’ai dû en faire pendant trois jours. Côté ravitaillement, c’était tous les points d’eau que je pouvais trouver et les refuges au niveau nourriture.

Etais-tu accompagné sur cette aventure ?

Oui, par deux amis, Sylvain et Christophe. Ils m’ont accompagné pour faire des images en vue, peut-être, d’un petit film. On verra bien ce qu’ils feront. Mais ce ne sera pas pour tout de suite parce qu’ils ont du boulot !

As-tu des projets pour la suite ?

Là non, celui-là, ça fait deux ans que je m’y prépare. J’ai juste besoin de me poser, tranquille, avec ma femme et mes enfants. J’ai forcément des idées, mais je vais arrêter d’y penser. Pour le moment.

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