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Clarisse Cremer
  • Aventure
  • Water Sports

Le fabuleux destin d’une aventurière des mers 2.0

  • 31 mai 2019
  • 6 minutes

Pierre Le Clainche Pierre Le Clainche Pierre Le Clainche est navigateur professionnel, ultra-trailer et reporter amoureux de la nature et des montagnes. Alpinisme, escalade, ski de randonnée ou paddle, aucun sport outdoor n’est étranger à ce grand voyageur.

Retenez bien son nom : Clarisse Crémer. D’une, parce qu’il rime avec aventurière et de deux, parce qu’elle bouscule les codes du milieu de la voile avec talent et justesse. De sa première traversée de l’Atlantique en solitaire sur la Mini-transat en 2017,  au Vendée Globe 2020 sous les couleurs d’une des plus grosses écuries de course au large, l’ascension de Clarisse Crémer mérite une mise en lumière, à la veille du départ de la Solitaire du Figaro, le 2 juin.

« Au pied, Girouette ! » menace Clarisse Crémer, face à son chien  hyperactif. « On sait que c’était une bêtise de l’adopter, mon fiancé et moi étant tous les deux navigateurs de course au large, mais on en avait vraiment trop envie », assume la jeune navigatrice avec un large sourire. Clarisse, c’est ça.  Une parole, des actes. Lancer une start-up ? Traverser l’Atlantique seule ? Faire le tour du Monde ? Autant d’idées qui paraissent saugrenues ? Pas pour elle. Sa détermination et sa passion sont sans limites. A presque trente ans, cette navigatrice à la bonhomie contagieuse gravit les échelons de la voile sans acclimatation.

Une école de la voile version Koh-Lanta

Il y a trois ans seulement, elle s’embarque dans une traversée de l’Atlantique en solitaire sur un de ces petits voiliers de 6,50 mètres qu’on appelle les « Mini ». Coup d’essai et coup d’éclat.  La jeune parisienne termine la Mini-transat à la seconde place du classement des bateaux de séries et rallie le Marin en Martinique en plus de 25 jours de mer cumulés en deux étapes (La Rochelle - Las Palmas et Las Palmas - la Martinique). La Mini-transat, c’est « le » passage obligé des navigateurs de course au large, une sorte d’école de la voile pour les Harry Potter en devenir mais version Koh-Lanta. « Cette course elle est juste géniale ! J’ai A-DO-RÉ ! On est tout seul, à l’ancienne, sans moyen de communication ni d’aide au routage, on revient à l’essence même de la navigation », nous précise Clarisse qui, à voir ses vidéos virales postées à son arrivée, s’est littéralement éclatée sur cette transat.

https://www.youtube.com/watch?time_continue=181&v=CegV6hzylu0

L’aventurière des mers 2.0

En plus de son sourire et de sa bonne humeur qu’elle trimbale et diffuse de ponton en ponton, Clarisse Crémer a bousculé le milieu de la communication en brisant l’image très conventionnelle du marin briscard et bourru. Fini l’esprit Tabarly, Kersauson et autres loups de mers peu expressifs et mal rasés. Clarisse est belle, longiligne et bronzée ; elle manie et mêle l’humour à l’autodérision à merveille sur sa chaine YouTube et sur les réseaux sociaux, devenant la première véritable navigatrice 2.0. Ses vidéos postées sur son blog se sont diffusées partout de manière virale et ont évidemment séduit des sociétés qui lui ont apporté leur soutien financier. D’une justesse inégalée et avec une réalisation quasi hollywoodienne, Clarisse et sa meilleure amie Anne-Laure, provoquent les fabricants de cookies hypes, « Michel & Augustin ». Tombés sous le charme, ces derniers lui lancent des défis en retour, que les deux amies relèvent. Le résultat est bluffant, leur montage hyper dynamique inspiré de la série « Bref » de Kyan Khojandi, et leur gouaille  font recette : elles provoquent, amusent et décrochent l’aide de la société.

https://www.youtube.com/watch?time_continue=81&v=-49oTHb9a1Y

Elles s’amusent même à parodier la série « Bloqués » avec succès :

https://www.youtube.com/watch?time_continue=24&v=XEqii4BdtbA

Une start-up « outdoor » créée à 24 ans

Clarisse, c’est la tête et les jambes. Diplômée d’HEC, sportive et compétitive dans l’âme, elle lance à sa sortie d’études à Paris en 2013, une start-up dédiée à la recherche et à l’organisation de séjours outdoor, de la mer à la montagne, en compagnie de son frère. Sa plate-forme, Kazaden, où s’activent désormais une quinzaine de personnes, lui apprend la rudesse de l’entrepreneuriat et forge l’esprit de compétition nécessaire à la réussite. Mais Paris et la ville n’ont pas le charme de la côte. En 2015, elle largue les amarres pour la Bretagne où elle rejoint son compagnon navigateur de course au large, Tanguy Le Turquais. « Je ne savais pas trop ce que j’allais faire, mais je savais que j’avais envie d’être près de la mer ». Mieux, elle décide de faire la Mini-transat.

https://www.youtube.com/watch?v=srhNq3tkp5c

« L’élue » du prochain Vendée Globe

La suite on la connaît, une seconde place, des vidéos hilarantes et touchantes de son épopée puis un appel d’un certain Ronan Lucas, directeur du Team Banque Populaire fin novembre 2019 qui va bouleverser son fabuleux destin. « Que penses-tu de faire le Vendée Globe ? ». Clarisse n’en revient pas ! Très intimidée, elle donne au directeur de l’équipe une dizaine de noms de marins beaucoup plus méritants à ses yeux. Bien essayé, mais le chef d’une des plus grosses écuries de voile en France sait ce qu’il veut, et il veut Clarisse : une femme à très fort potentiel, de moins de trente ans, aux antipodes du marin numéro un de l’équipe, Armel Le Cleac’h. La néo-aventurière a le vertige et demande un délais de réflexion… De retour dans son foyer breton, elle peine à réaliser ce qu’on lui propose clé en main : le Vendée Globe ! Elle en rêve depuis ses plus jeunes années. Quinze longs jours et presque autant d’insomnies pour donner une réponse… « Mais ça va pas d’attendre aussi longtemps ! Rappelle-le tout de suite ! Dis-lui que tout est ok, que tu vas le faire ! », s’enthousiasme son compagnon, Tanguy Le Turquais, lui aussi coureur professionnel, ravi de voir sa fiancée gravir les échelons aussi vite.

La réponse favorable donnée, Clarisse se sent proche « d’un saut dans le vide ». Elle, qui va honorer sa saison en Figaro 3 auprès de son sponsor « Everial », va en plus découvrir la classe « IMOCA » (celle du Vendée Globe) auprès du grand chevalier Jedi et dernier vainqueur de l’épreuve en 2017, Armel Le Cleac’h, avec qui elle va traverser l’océan Atlantique en double en novembre à l’occasion de la Transat Jacques Vabre. « Ce sera la première fois que je vais passer autant de temps en mer avec quelqu’un que je ne connais pas », s’inquiète-t-elle, en précisant que « la première fois en double c’était pour la Transat AG2R en Figaro 2 avec Tanguy, mon compagnon, donc ça ne comptait pas ! ».

En route vers sa première Solitaire du Figaro

Lancée dans le grand bain avec un bateau performant, un budget conséquent et des moyens humains importants, Clarisse risque de se retrouver en haut de l’affiche mais elle reste très humble face au défi qui l’attend. « Tout sera nouveau sur ce projet, c’est un rêve qui va se réaliser ». En attendant de prendre le départ le 8 novembre 2020  des Sables d’Olonne pour tourner autour de l’Antarctique, la Lorientaise d’adoption prépare la mythique Solitaire du Figaro, 50e du nom, face à 47 coriaces adversaires, dont son futur binôme, Armel Le Cleac’h et son fiancé, Tanguy Le Turquais. Tous les plus illustres navigateurs français seront au départ de Nantes ce 2 juin, attirés par le nouveau support de la course, le « Figaro 3 », plus rapide, plus physique et « plus piègeux » dixit Clarisse. Loïck Peyron, Michel Desjoyeaux, Alain Gautier, Jérémie Beyou et Yann Elies embellissent le casting cinq étoiles.

Clarisse Cremer (Pierre Bouras)

« Les fleurs sur les podiums, ça me gave ! »

Clarisse, qui découvre l’épreuve, tentera sa chance à fond en espérant « éviter de se retrouver dans le groupe des nuls (rires) » et tout en spéculant sur le classement « bizuth », récompensant les marins s’inscrivant pour la première fois. Douze noms figurent dans ce classement annexe dont deux femmes (cinq sur l’ensemble des inscrits), trop peu à son goût. « C’est dommage mais en même temps ce bateau est tellement exigeant physiquement que je ne pense pas qu’une femme soit capable de remporter la Solitaire », affirme-t-elle un peu résignée.

Samantha Davies, la Britannique et Bretonne d’adoption, 4e du Vendée Globe en 2009, a fait figure d’exemple pour Clarisse avec ses deux tours du monde (un en solitaire et un en équipage) et ses plus de vingt-cinq transatlantiques. « Ça m’a conforté de voir des femmes capables d’accomplir de telles choses ». Tout comme Clarisse, Samantha a épousé les côtes bretonnes pour assouvir sa passion du large, elle y a trouvé un compagnon (lui aussi navigateur professionnel) et fondé une famille. Pour Clarisse, le regard que porte la société sur les femmes et sur le monde de la course au large, l’irrite légèrement. « A l’arrivée de la Mini-transat en Martinique (elle termine deuxième au général), un journaliste me félicite et croit me flatter en me proclamant première femme … Très vexée, j’ai eu envie de lui crier : mais je suis deuxième, pas première femme et c’est pour cette unique raison que je suis super heureuse ! Je n’aime pas les distinctions spéciales dédiées aux femmes comme si on était une minorité visible. Les bouquets de fleurs pour nous récompenser, ça me gave ! ». Vous serez prévenus !
Si son ascension vertigineuse dans le monde de la voile ne semble pas encore avoir atteint de limite, il ne serait pas impossible de la retrouver au sommet plus rapidement qu’elle ne l’aurait envisagé.


Sur le même thème, lire également : Solitaire du Figaro: l'histoire du marin interdit de navigation.

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