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Grandir sur les sentiers plutôt qu’à la maison : ces enfants qui apprennent en marchant

  • 25 mars 2026
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

École, activités, écrans… Aux États-Unis, certaines familles choisissent une autre voie et passent plusieurs mois à parcourir les grands sentiers du pays avec leurs enfants. Loin du quotidien et des repères classiques, ces jeunes grandissent autrement, au rythme des kilomètres, de l’effort et de la vie au grand air.

En 2023, leur histoire a fait le tour du pays. Les Netteburg. Une famille de sept, facile à repérer avec ses sweats jaunes, qui enchaînait jour après jour les kilomètres sur le Pacific Crest Trail. Cinq enfants, dont un tout-petit, et des étapes qui dépassaient souvent les 30 kilomètres.

Leur parcours n’avait rien d’anecdotique. Après avoir déjà traversé l’Appalachian Trail en 2020 puis le Continental Divide Trail en 2022, ils ont complété en 2023 la « Triple Crown » : les trois plus grands sentiers du pays, soit plus de 12 000 kilomètres au total.

Les Netteburg sur the Pacific Crest Trail
Les Netteburg sur the Pacific Crest Trail

Quand on les croisait, rien ne les distinguait vraiment des autres familles. Un père qui plaisante, des enfants qui râlent puis repartent. Une famille comme les autres — sauf qu’ici, les vacances durent des mois. Ce qui marque, ce n’est pas tant ce qu’ils accomplissent que la manière dont ils le vivent. Cette régularité, ce rythme, et surtout le temps passé ensemble, du matin au soir, sans interruption.

Ils ne sont pas les seuls. Sur ces grands itinéraires, la majorité des marcheurs sont des adultes — souvent jeunes ou retraités — partis pour quelques mois. Mais, plus discrètement, d’autres familles se lancent elles aussi. Certaines avec des adolescents, d’autres avec des enfants très jeunes, parfois même des bébés portés sur des milliers de kilomètres.

Se lancer

Rien ne se décide du jour au lendemain. Chez ces familles, il y a souvent déjà un goût pour une vie un peu en marge : école à la maison, séjours prolongés dehors, habitudes prises loin des cadres classiques. Le premier grand sentier, lui, sert surtout à voir. On part sans certitude, pour quelques semaines, en se laissant la possibilité d’arrêter si ça ne colle pas.

Mais très vite, quelque chose se met en place. Les journées s’organisent d’elles-mêmes. On marche, on discute, on s’occupe comme on peut. On s’attarde sur des détails, on compte des animaux, on invente des jeux pour avancer sans trop y penser. Et sans vraiment l’avoir décidé, on continue.

Apprendre à faire avec

Au fil des kilomètres, les journées finissent par se ressembler. Les sacs pèsent lourd, souvent plus de 20 kilos pour les adultes, avec la nourriture, le matériel, et parfois un enfant en plus. On avance sous la pluie, dans le froid, avec la fatigue et l’inconfort qui s’installent. On apprend vite à ne plus lutter contre. Être mouillé, avoir froid, marcher fatigué, on s’y fait. Et petit à petit, des choses simples prennent de l’importance. Un moment d’accalmie, un abri, ça suffit à remonter le moral et repartir.

Avec des enfants, tout est amplifié. Ça passe d’un extrême à l’autre. Ils courent, puis s’arrêtent. Les montées sont trop longues, le vent les agace, la fatigue arrive d’un coup. Ils râlent, puis oublient. Comme à la maison, sauf qu’ici on ne peut pas rentrer. Alors on s’adapte. On raccourcit l’étape, on s’arrête plus tôt, on traîne un peu en route. On joue, on discute, on attend que ça passe. Et sans vraiment s’en rendre compte, la marche n’est plus le sujet. Elle est juste là, en toile de fond.

Vivre ensemble, sans échappatoire

Ici, on est ensemble en permanence. Pas de porte à fermer, pas d’écran pour décrocher. Tout se vit à plusieurs. La fatigue rend les choses plus vives, les agacements partent plus vite. Mais ils retombent tout aussi vite. On s’écarte un peu, on souffle, et ça repart. Difficile de faire durer une embrouille quand tout le monde dépend des autres.

Au fil des semaines, ça se met en place sans qu’on y fasse vraiment attention. Les enfants prennent peu à peu leur place. Ils aident, s’organisent, anticipent. Monter le camp, aller chercher de l’eau, préparer à manger, chacun s’y met. L’autonomie arrive comme ça, sans discours, juste parce qu’il faut que ça tourne.

Apprendre autrement

L’école continue, mais autrement. Les parents gardent un cadre, avec des maths ou de la lecture, souvent pendant la marche. Le reste se fait en dehors des périodes de randonnée. Sur le sentier, on apprend surtout en faisant. Gérer une journée, comprendre le terrain, tenir la distance.

Ce qui marque, ce sont surtout les moments répétés. Traverser un ruisseau, s’arrêter pour jouer, bricoler avec ce qu’on trouve au bord du chemin. Des bouts de mousse, des morceaux de bois, parfois même des objets ramassés en route. Rien de très élaboré, mais ça suffit.

Du temps, vraiment

Et puis il y a le temps. Continu. Sans coupure. Dans la vie normale, les moments ensemble sont toujours pris entre deux choses. Là, ils s’enchaînent. Du matin au soir, pendant des semaines. On marche, on parle, on se tait aussi. On s’ennuie parfois, on rigole souvent.

Tout n’est pas facile pour autant. L’ennui revient, surtout chez les plus jeunes. Il faut relancer, occuper, inventer. Les sacs restent lourds, la fatigue ne disparaît pas. Et puis il y a les regards extérieurs, parfois critiques, qui ne comprennent pas toujours.

Ce qui reste

Mais sur le terrain, ça fonctionne. Les enfants s’adaptent. Ils apprennent à écouter leur corps, à gérer l’effort, à avancer dans un environnement qui ne triche pas. Et ils prennent confiance, sans qu’on ait besoin de leur expliquer.

Quand tout s’arrête, la vie reprend comme avant. L’école, les horaires, le quotidien. Mais il reste quelque chose. Une autre manière de voir l’effort, le temps, le dehors.

Grandir sur un sentier, ce n’est pas forcément spectaculaire. C’est juste une autre façon d’apprendre. Et ça laisse des traces.

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