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George Lowe Latok I
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  • Alpinisme & Escalade

George Lowe, piolet d’or carrière 2023 : un regard visionnaire sur l’évolution de l’alpinisme

  • 17 novembre 2023
  • 5 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

C’est l’un des plus grands alpinistes nord-américains. À son actif, d'innombrables premières dans la chaîne des Tetons, dans les Rocheuses canadiennes, en Alaska et en Himalaya. Des exploits qui ont permis à George Lowe, 79 ans, de décrocher, mercredi 15 novembre, à Briançon, le prestigieux Piolet d’or carrière. L’occasion de se replonger dans une des rares interviews de l'alpiniste, accordée il y a quelques années à notre rédaction US. En quelques extraits choisis, on y découvre qu’il portait un regard très lucide sur l’évolution de sa discipline : de la professionnalisation des athlètes, à la surfréquentation des espaces naturels, en passant par les prémices d’une conscience environnementale. 

Sa carrière est exceptionnelle, bien qu'elle parle davantage à un public américain. C'est en 1965 que George Lowe se révèle sur la scène internationale, avec la première hivernale du mont Owen (3942 m) dans les Tetons et la première américaine du pilier Bonatti aux Drus, accompagné par le Britannique Chris Jones. Mais il faudra attendre le milieu des années 1970 pour que ses exploits s'enchaînent. En témoignent quatre ascensions marquantes qui ont particulièrement retenu l’attention du jury des Piolets d’Or : la première ascension de la face nord du North Twin (3730 m) dans les Rocheuses canadiennes en 1974, la première ascension de l'Infinite Spur sur l'immense face sud du Foraker (5 304 m), en Alaska, en 1977, ou encore la fameuse tentative (qui s’est soldée par un échec) sur l'arête nord du Latok I (7 145 m), dans le Karakoram, en 1978, et la première ascension de la face Kangshung de l'Everest (8848 m). Mais derrière cette liste d’exploits (à retrouver intégralement en fin d’article), se cache un homme très visionnaire qui, dès 2011, soulignait les grandes problématiques auxquelles les sports de montagne font face aujourd’hui, comme il l'explique dans une longue interview accordée au magazine "Climbing" (groupe Outside) dont nous publions ici quelques extraits choisis.

https://youtu.be/ATQrfsWiwzM?si=r7QYy2y-LInsG_l6

Une conscience environnementale pionnière

Si aujourd’hui les discours environnementaux sont quasiment omniprésents dans le milieu de l’outdoor, ce n’était pas le cas en 2011. À cette époque, George Lowe affirmait déjà clairement son désir de vouloir protéger les spots de pratique, et plus particulièrement le rocher, très souvent patiné par le passage répété des grimpeurs et fragilisé par de nombreux ancrages. « La chose la plus importante est que nous n'endommagions pas nos falaises » expliquait-t-il. « Or les grimpeurs sont de plus en plus nombreux, ce qui nuit, par endroit, à l'adhérence du rocher. Et puis, lorsque nous utilisons des pitons, nous abîmons vraiment la roche. L'avènement des coinceurs [une protection qui ne perfore pas la paroi, ndlr] a été un énorme changement ».

Un sport à la croissante professionnalisation

Le début des années 2000 marque un tournant dans la professionnalisation des athlètes. Jusqu’alors de simples amateurs passionnés, de nombreux grimpeurs deviennent pros. Ce qui n’a jamais été le cas de George Lowe qui, avec le recul, s'en félicite. « J'ai toujours gagné ma vie en dehors de l'escalade, même si j'ai gagné un peu d'argent grâce à ce sport. Mais aujourd'hui, de plus en plus de monde consacre sa vie à l'escalade » expliquait-il. « Et je pense que d'une certaine manière, c'est un peu dommage. Parce qu'ils n'ont pas l'occasion de vivre d'autres choses ».

L’avènement des records de vitesse

Que ce soit en alpinisme ou en escalade, la course aux records de vitesse ne cesse d’attirer les athlètes. Aussi bien Alex Honnold dans le Yosemite, que le Français Benjamin Védrines sur le Broad Peak (8051 m). Même les grimpeurs les plus discrets s’y sont mis. On pense par exemple à l’Américain Nick Ehman, à qui l’on doit d’hallucinantes performances, mêlant grimpe et vélo, notamment sa réalisation de la « Triple Couronne » du Yosemite soit 2200 mètres d’escalade, 71 longueurs… en 21 heures et 35 minutes. « Pouvoir faire des choses comme la face ouest du Gasherbrum IV (7925 m), en style alpin, et le faire rapidement va devenir plus accessible » prévoyait George Lowe. « Autre progrès que l'on verra dans l'escalade alpine : combiner toutes les disciplines, sur un terrain très dur, à très haute altitude, rapidement. C'est une question de condition physique, de mental et d'équipement ».

Le risque de la dénaturation de l’escalade avec son entrée aux JO

2011, c’est aussi l’année où de nombreux débats tournaient autour de l’entrée de l’escalade aux Jeux Olympiques. George Lowe ne masque pas son manque d’enthousiasme face à cette éventualité. « Je ne suis pas très emballé » soulignait-il. « Ce qui me dérange, c'est de voir à quel point les gens sont poussés par le besoin d'exceller parce qu'il est financièrement nécessaire de le faire. Je crains que cette tendance ne s'accentue et ne détruise la raison pour laquelle la plupart d'entre nous font de l'escalade : le simple plaisir d'aller dehors et de travailler des voies dans un environnement qui nous plaît vraiment ».

Une surfréquentation destructrice des milieux naturels

Nous vous en parlions récemment. La surfréquentation, est aujourd'hui l’une des plus importantes problématiques à laquelle les espaces naturels font face. Conséquences : perte de la biodiversité, détérioration des sols, conflits d’usage… Ce qu’anticipait déjà George Lowe. « Les hauts taux de fréquentation sont peut-être le plus grand défi auquel le monde d'escalade est confronté » analysait-il. « Et dans une certaine mesure, vous, les médias, comme Climbing ou Rock and Ice mais aussi les fédérations telles que l'American Alpine Club, êtes à l'origine de certains de ce fléau. Puisqu'en traitant des disciplines que les gens aiment vraiment, vous provoquez une concentration intense dans certaines régions. Ce qui risque, à long terme, de nuire à notre activité ».

Vers une exponentielle médiatisation de la performance

S’il y a bien une chose qui réjouit George Lowe, c’est de ne pas avoir pratiqué l’alpinisme à l’ère des réseaux sociaux, responsable, en partie de cette course effrénée à l’exploit, selon lui. « Je suis heureux d'avoir pu débuter l'alpinisme au moment où je l'ai fait, car j'ai pu tracer ma propre voie, en décidant ce que je voulais faire, sans être influencé par l'opinion dominante des magazines d'escalade, parce que les performances étaient généralement peu médiatisées. Je préfère ne pas avoir été influencé, et en quelque sorte contraint par la pensée commune. Je me dis que j'ai eu beaucoup de chance sur ce point-là ».

La carrière de George Lowe en quelques dates

1965

• Première ascension américaine du pilier Bonatti sur le Dru (avec le Britannique Chris Jones)
• Première ascension hivernale du mont Owen (3 942 m) dans les Tetons

1966

• Première ascension hivernale du mont Moran dans les Tetons

1968

• Première ascension hivernale de la face nord du Grand Teton

1969

• Escalade du Salathe Wall sur El Capitan avec son cousin Jeff Lowe, âgé de 18 ans
• Première ascension de la face nord de Enclosure, à l'époque la voie la plus difficile du Grand Teton

1971

• Première ascension de la face nord du Huandoy Norte (Cordillère Blanche, Pérou)

1972

• Première ascension hivernale de la face ouest du Grand Teton
• Première ascension de la face nord du mont Alberta dans les Rocheuses canadiennes

1973

• Première ascension de la face sud du Devil’s Thumb dans les montagnes côtières de l'Alaska

1974

• Première ascension hivernale à la journée du Grand Teton
• Première ascension de la face nord du North Twin

1976

• Ouverture d’un nouvel itinéraire sur la face nord du Free Korea Peak (Ala Archa) dans l'actuel Kirghizistan

1977

• Première ascension de la face nord du mont Hunter (Alaska), avec Michael Kennedy
• Première ascension de l'Infinite Spur au Foraker avec Michael Kennedy

1978

• Tentative sur l'arête nord du Latok I (Karakoram)

1980

• Première ascension de la face nord du mont Geikie (Rocheuses canadiennes)

1983

• Première ascension de la face Kangshung de l'Everest

1990

• Arête nord-est du Dhaulagiri I (Népal). Depuis une tente située à 6 400 m d'altitude, et alors que d'autres membres de l'équipe sont immobilisés, il grimpe seul par la voie normale, bivouaquant à 7 280 m d'altitude à la montée, puis de nouveau à la descente.

1991

• Ascension à la journée du Nose sur El Capitan avec Alex Lowe (aucun lien de parenté)

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