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Le hameau Les Étages, à l'entrée de La Bérarde
  • Société
  • Environnement

Faut-il reconstruire le village de La Bérarde ?

  • 11 juillet 2024
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Il n’y aura de Bérarde pour personne cet été, c’est désormais certain. Et près d’un mois après la catastrophe, se pose désormais la question de la reconstruction. De la route d’abord, profondément impactée par la crue torrentielle survenue du 20 au 21 juin. Puis du village, haut lieu de l’alpinisme auquel les amoureux de la montagne sont très attachés. Car au vu de l’état du hameau, recouvert par un énorme dépôt de sédiments, il est légitime de se questionner sur l’avenir de La Bérarde. Alors que faire ? Engager d’énormes budgets pour remettre cet emblème debout ? L’abandonner en se disant qu’un tel épisode risque de se reproduire ? Ou réfléchir à d’autres alternatives ? La blessure est encore fraiche sur ce site rempli d'affect, mais sur le terrain comme en hauts lieux, des hypothèses s'échafaudent déjà et les rumeurs vont bon train.

Mi-juin, la vie reprenait peu à peu son cours à La Bérarde, un hameau coupé du monde d’hiver. Les premiers alpinistes et randonneurs, encore peu nombreux, commençaient à arriver. Tandis que les commerçants s’affairaient à préparer la saison. Car si depuis 2009 plus personne ne réside aux fins fonds de la vallée du Vénéon l’hiver, il en était tout autre l’été. 

La Bérarde, c’est depuis les années 70, un espace de liberté où se rencontrent tous les amoureux de la montagne. Entourée par de hauts sommets (3000 à 4000 m) longtemps restés indomptables, elle est le point de départ des plus belles courses du massif des Écrins, la Meije (3984 m) ou les Bans (3669 m). Ce qui a fait de ce petit village l’un des hauts lieux de l’alpinisme français. Nombreux sont ceux à avoir en tête la première de la Meije par sa face sud, au départ de la Bérarde, qu’a réalisée Pierre Gaspard, un habitant du village, en 1877.

De quoi faire rêver (et inspirer) alpinistes, randonneurs et grimpeurs amateurs désirant se plonger dans ce lieu chargé d’histoire. Et ils sont de plus en plus nombreux à venir passer quelques jours dans ce petit paradis du Parc national des Ecrins. La Bérarde avait notamment enregistré une hausse de 16% en termes de fréquentation entre 2016 et 2020. Tous, touristes, locaux et socioprofessionnels attendaient donc cet été avec un enthousiasme qui n’avait jamais faibli depuis des décennies. 

Une crue torrentielle survenue dans la nuit du 20 au 21 juin est venue tout balayer. 

Le village de la Bérarde
Le village de la Bérarde dévasté par la crue du Vénéon. (Pierre-Henri Peyret / Parc national des Écrins)

La Bérarde d’avant la crue à jamais disparue

Que l’on ait découvert les images aériennes diffusées en masse à la télévision et sur les réseaux sociaux ou que l’on ait été au plus près de l’événement, une réaction prime : l’émotion. Un mélange de désarroi, de tristesse, voire même de colère. Car, que l’on connaisse chaque sentier de La Bérarde par cœur ou que l’on n’y ait jamais mis les pieds, un sentiment domine : l’impuissance. On se lance alors dans des longues métaphores personnifiant la montagne qui aurait ainsi "exprimé sa rage". Et puis, on s’insurge. La catastrophe aurait pu être évitée, depuis le temps que la mairie alerte sur la situation du village, affirment certains. Si l’on n’enraye pas le réchauffement climatique, des situations comme ici, il va y en avoir d’autres, prévoient les experts. Tous cherchent un coupable. C’est humain. N’y a-t-il pas meilleur moyen de chasser ce désagréable sentiment de nostalgie ? Car une chose est certaine, La Bérarde d’avant la crue a à jamais disparu. Le village est d’ailleurs pratiquement détruit. Des torrents de boue et de cailloux ont emporté des chalets. Et l’église en pierre a été coupée en deux par les flots. 

Le village de la Bérarde dévasté par la crue du Vénéon
Le Vénéon emporte des pans de maisons entiers sur son passage. (Pierre-Henri Peyret / Parc national des Écrins)

Un fonds d’aide d’urgence débloqué par le département

À ce jour, la zone est encore très instable. Si bien que les accès routiers ne seront pas rétablis avant la Toussaint, ont récemment annoncé les autorités. « La route avait été rouverte jusqu’à Saint-Christophe-en-Oisans [à 10 kilomètres du hameau de La Bérarde, ndlr]. C’était désenclavé. Sauf que là, il y a eu à nouveau de fortes pluies. Et les alentours du village sont à nouveau inondés – des travaux sont désormais en cours. Il est donc impossible à dire quand la route va être à nouveau praticable » nous annonçait peu après la catastrophe le Parc national des Écrins. 

Le désastre est tel, que le département de l’Isère a, fin juin, adopté la création d’un fonds d’aide d’urgence, auquel la collectivité a contribué à hauteur de 5 millions d’euros. Il a appelé cette semaine à la solidarité des régions, départements, intercommunalités, communes, et des entités juridiques privées pour venir l’abonder. Mais il n'est fait nulle mention de la reconstruction du village. Seule la route est pour le moment concernée. 

Le village de la Bérarde dévasté par la crue du Vénéon
L'emblématique chapelle de La Bérarde coupée en deux par la crue du Vénéon. (Pierre-Henri Peyret / Parc national des Écrins)

Abandonner le village, c’est possible ?

Une saison noire se profile pour les commerçants ou les guides notamment. Certains osent même interroger l’avenir de La Bérarde et n'écartent aucune hypothèse. Mais à demi-mots seulement, car certaines rumeurs entendues ces jours-ci ne sont pas bonnes à entendre. Les plus lucides ayant bien conscience qu'au vu de la situation actuelle, reconstruire le village tel qu’il était représenterait un coût exorbitant. Et peut-être inutile. Car quand on analyse la géographie des lieux, ainsi que l’historique des crues, de plus en plus fréquentes dans la vallée, il est fort probable qu’un tel événement se reproduise à l’avenir. S’ajoute à cela la question du changement climatique qui vient accentuer l’intensité des phénomènes météorologiques. 

Alors que faire ? Reconstruire le village ? Ou bien l’abandonner, quitte à faire une croix sur l’activité touristique, l’image des lieux ayant déjà énormément souffert de cette « mauvaise publicité » véhiculée par la catastrophe ? 

La solution, qu'envisagent certains observateurs avertis, n’est peut-être pas aussi binaire. On pourrait par exemple recentrer l’activité touristique à Saint-Christophe-en-Oisans, village situé à une dizaine de kilomètres de La Bérarde, et créer un parking où les amateurs de montagne se rassembleraient avant de partir randonner, grimper ou s’adonner à l’alpinisme ; à l’image du site d’Ailefroide, lui aussi situé dans les Écrins. Lieu de vie des alpinistes, le village est à quelques kilomètres du Pré de Madame de Carle, un parking où stationnent les passionnés de montagne partis pour une séance de bloc, une grande voie, une randonnée à la journée ou bien l’ascension de la Barre des Écrins (4102 m).

Une telle option éviterait les frais liés à la reconstruction du hameau. Et préserverait l’activité touristique. On pourrait même restructurer le lieu afin d’accueillir les alpinistes, en mettant notamment en place un petit refuge. Voire même reconstruire un lieu en mémoire de la catastrophe, un moyen de maintenir l’héritage de La Bérarde. Tout reste à inventer.

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