L’incertitude est désormais levée : la RD530 « ne rouvrira pas aux personnes extérieures à la vallée du Vénéon » avant plusieurs mois. Résultat : aucun touriste, randonneur, alpiniste ou grimpeur n’ira cet été à La Bérarde, haut lieu de l’alpinisme situé en Isère. Ni même dans la vallée. Un coup dur pour les socioprofessionnels, ainsi que pour l'ensemble des amoureux de la région. Mais est-il tout de même possible de venir, sans voiture, profiter d’une partie des sentiers ? Ludovic Schultz, directeur du Parc national des Écrins, nous explique tout.
2024 sera une saison noire pour la vallée du Vénéon, dévastée par une crue torrentielle dans la nuit du 20 au 21 juin. Et si depuis le 25 juin, une piste provisoire a été mise en place à partir du lieu-dit du Clapier, rendant de nouveau possible l’accès aux villages de Vénosc et Saint-Christophe en Oisans, cette dernière demeure uniquement accessible aux secours, aux riverains et aux entreprises qui travaillent sur le chantier, à des horaires bien précis.
« Cette piste provisoire, même si elle a été revêtue à certains endroits, reste extrêmement sensible aux aléas climatiques et aux crues, même faibles, du Vénéon », précisent les services de l’État dans un communiqué. Réunis vendredi 5 juillet, le préfet de l'Isère et le président du conseil départemental ont fait le point sur les travaux en cours et ceux encore à réaliser.
« Le diagnostic des ouvrages d’art a été réalisé et les études ont déjà été engagées pour permettre la reconstruction de la plateforme définitive, qui seule permettra un retour à la normale, au niveau des différentes zones endommagées » ont-ils précisé. « Les chantiers devraient durer 4 mois minimum, sous réserve des autorisations administratives et des aléas climatiques ».
« On imaginait sauver la saison à minima »
Une nouvelle qui a eu l’effet d’un coup de massue sur les commerçants des hameaux puisque la départementale 530 est l’unique route permettant d’accéder à la vallée du Vénéon. Tous se demandent comme ils vont réussir à survivre sans le tourisme jusqu’à la Toussaint.
« Ce qu’il s’est passé, ça nous a déjà traumatisés » a déclaré au micro de France 3 Régions Marie-Claude Turc, gérante d’un hôtel-restaurant à Saint-Christophe-en-Oisans. « On imaginait sauver la saison à minima, car on sait très bien qu’avec La Bérarde et tous les hébergements en moins dans le massif, on aurait eu une saison différente des autres. Mais là, force est de constater que l’on va devoir encore s’adapter à une situation nouvelle ».
Un retour à la vie normale, aux pratiques de l’alpinisme et de la randonnée dans la zone, est donc inenvisageable pour l’été. Mais est-il tout de même possible de se rendre, sans prendre sa voiture, sur les sentiers de la vallée du Vénéon ? Quid des ouvertures des refuges ? Le point avec Ludovic Schultz, directeur du Parc national des Écrins.
Quel est l’état des sentiers du Vénéon aujourd’hui ?
"On a fait beaucoup de reconnaissance sur le terrain. Et la bonne nouvelle, c’est qu’a priori, le réseau de sentiers a été moins impacté que le réseau routier. Sauf que le réseau de sentiers étant pour l’essentiel au départ de la route [la RD530, ndlr], il va falloir adapter notre activité au rythme de l’avancée des travaux pour ouvrir au fur et à mesure. On est encore contraints par ces arrêtés de fermeture. "
Est-il tout de même possible de venir, en tant qu’amateur de randonnée par exemple, découvrir la vallée cet été ?
"Le réseau étant globalement en bon état, les randonneurs peuvent arriver dans le Vénéon, par le GR54 [Tour du massif des Écrins, ndlr] par exemple ou par des cols en provenance des Hautes-Alpes. [D’autres randonnées très prisées restent également accessibles, le lac du Lauvitel, avec un accès uniquement en rive droite, et le lac de la Muzelle - en se rendant à Vénosc par la télécabine au départ des 2 Alpes, ndlr]. On partagera des informations au fur et à mesure sur le site du parc."
Les refuges seront-ils ouverts ?
"On n’est pas certains aujourd’hui que l’ensemble des refuges de la vallée va pouvoir rouvrir dans les conditions actuelles, pour des raisons d’accessibilité notamment. Il faudra donc se renseigner, au jour le jour, sur le site du parc ou bien appeler les refuges afin savoir ceux qui seront pleinement ouverts et les autres qui fonctionneront sans gardiennage. [Au moment où nous bouclons cet article, seuls les refuges de la Muzelle, du Promontoire, de la Selle et de l’Alpe du Pin sont ouverts, ndlr]. Ça va se faire au cas par cas."
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