C’est une première en France : un parc national impose un système de réservation en ligne pour laisser entrer les visiteurs. L’objectif, lutter contre la surfréquentation des Calanques de Marseille, qui accueillent trois millions de touristes par an. À partir de 2022, des jauges de 400 à 500 personnes par jour devraient être mises en place - un frein contre les 2500 personnes par jour se rendant actuellement sur le site. Mais d'ores et déjà, de nouvelles restrictions s'appliquent aux arrivages par la mer, notamment pour les kayaks. Cependant que la pratique du VTT va être plus encadrée dès cet automne.
Cette hypothèse était déjà évoquée en février dernier. Le parc national des Calanques de Marseille instaurera bien un système de réservation obligatoire pour les visiteurs en 2022, qui pourront réserver leur créneau jusqu’à 4 semaines à l’avance sur une application. Une mesure supplémentaire pour protéger le parc de la surfréquentation quasi constante, été comme hiver - le nombre de touristes a triplé en huit ans.
En moyenne, 2500 personnes par jour visitent les Calanques en période estivale. Ce modèle de réservation devrait limiter leur nombre à 400 ou 500. Surtout dans la calanque de Sugiton, particulièrement prisée des visiteurs, mais menacée par leur afflux. « Les visiteurs pénétrant, circulant ou stationnant dans la zone définie en annexe devront être porteurs d’un permis de visite nominatif, valide pour le jour et la plage horaire considérée, à présenter en cas de contrôle. L’obtention des permis se fera via un système de réservation ouvert au moins quatre semaines avant le jour de la visite, garantissant une équité d’accès pour tous les publics. Le permis de visite sera gratuit », a précisé le parc.

Encadrer la pratique du VTT
Autre mesure décidée lors du conseil d’administration du 13 juillet, l’encadrement plus attentif de la « circulation des cycles dans le coeur du Parc national des Calanques ». Le but n’est pas de considérer le vélo ou le VTT comme un ennemi du parc, mais de valoriser une « pratique douce destinée à la découverte du territoire, sur un réseau de chemins autorisé » - et, par la même occasion, « favoriser l’accès au cœur du Parc en vélo-route comme mode de déplacement actif sur les voies ouvertes à la circulation publique ».
En d’autres termes, le conseil d’administration entend empêcher la circulation des vélos en dehors des pistes, chemins et sentiers prévus à cet usage. « En dehors des pistes, la circulation et le stationnement des cycles sont interdits dans le cœur du Parc national des Calanques », précisent-ils, « et tout aménagement ou équipement spécifique nécessaire à des pratiques engagées de cyclisme (freeride, freestyle, descente, etc...) est interdit.
« Les pistes, chemins et sentiers autorisés à la circulation des cycles sont identifiés sur site par une signalétique appropriée. La règlementation est portée à la connaissance du public aux principales portes d’entrée du Parc national et sur les outils d’information de l’établissement », rappelle le Parc, qui fera entrer en vigueur les itinéraires de traversée en VTT des Calanques et les boucles de randonnée à partir du 1er novembre 2021.
Protéger la faune et la flore, terrestre et aquatique
Cette nouvelle réglementation fait suite à une série de mesures prises depuis le début de l’année 2021, comme le recul des stationnements de véhicules, repoussés en dehors de certains espaces naturels ; la valorisation des transports en commun et des vélos pour accéder aux sites naturels ; l’aménagement de sentiers pour limiter la dispersion des randonneurs en dehors des pistes, et ainsi éviter le piétinement de la flore et la perturbation de la faune.
D’autres restrictions concernent directement les arrivages par la mer. Le mouillage des bateaux sera proscrit dans certaines calanques, et dès ce mois de juillet 2021, les kayaks ne seront plus autorisés à débarquer sur le bords des corniches naturelles, composées de lithophyllum – une algue vulnérable, et menacée par les embarcations.
Enfin, le Parc poursuit son opération « démarketing » - autrement dit, informer autant sur les qualités que les défauts et contraintes du parc, « de façon à dissuader le visiteur de venir sur un site où il ne trouvera pas ce qu’il venait chercher. L’image un peu carte postale que peut avoir le public est finalement trompeuse à certains moments de l’année », expliquait François Bland en février.
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