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Xavier Thevenard
  • Aventure
  • Trail Running

Xavier Thévenard : « Ça me ferait kiffer de remettre un dossard à court ou à long terme ! »

  • 14 mai 2025
  • 5 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

Après plusieurs années d’absence liées à la contraction de la maladie de Lyme, on a vu dimanche dernier le triple vainqueur de l’UTMB courir le Trail des forts de Besançon. Un 42 km exigeant qu’il avait remporté en 2012, et qu’il a bouclé cette fois à 1h50 du vainqueur, mais peu importe. Il ne courait pas en mode compétition cette fois, mais « pour être avec les copains ». Sans parler encore de retour, « c’est prématuré », le traileur n’exclut pas de revenir en force sur les sentiers, nous explique-t-il.

Quatre ans qu’on ne l’avait pas vu en course officielle ! « La dernière fois, c’était sur le trail Frison Roche, à Arêches-Beaufort, j’avais fait troisième ! », dit-il. Un podium qu’il avait d'autant plus savouré, que cinq semaines plus tôt, il avait été contraint d'abandonner sur le Lavaredo Ultra Trail en raison d'une gêne respiratoire. La faute à cette maudite maladie de Lyme qui a évolué en neuroborréliose chronique et qui lui coupe les jambes et le souffle depuis 2020.

Même format qu’en 2021 - un 42 km – pour le Trail de forts de Besançon où on l’a vu prendre le départ dimanche dernier. Terrain connu, il avait remporté la course en 2012… Juste avant sa première victoire à l’UTMB l’année suivante. Deux autres suivront : 2025, 2018. Tout un symbole, mais pas de quoi en tirer de conclusions trop hâtives, se défend le traileur. « Je peux à nouveau mener une vie quasi-normale, mais ça reste hyper compliqué », confie-t-il. « Mes analyses ne sont pas toutes au top. Même si depuis un an et demi, ça s’améliore, je ne suis pas guéri alors que je fais tout, en marge de mon traitement, pour aller mieux, avec une grande vigilance au niveau de mon hygiène de vie. Une grosse sortie de 40 km, deux-trois heures max, je peux le faire maintenant, mais c’est sûr qu’il y a un sacré décalage avec avant ».

Xavier au départ de l'UTMB 2021 (UTMB)
Xavier au départ de l'UTMB 2021 (UTMB)

"En France, on t'envoie chez les fous !"

Alors, si aujourd’hui le traileur commence à voir le bout du tunnel, il se montre prudent quand même. Il a trop connu de montagnes russes depuis cinq ans, pour crier victoire. On se souvient qu’en 2022, la rumeur l’annonçait au départ de l’UTMB. Las, il avait dû y renoncer, son corps ne suivait pas. Quelques mois plus tard, en 2023, il connaîtra « la pire année » de sa vie, dit-il.  Chez lui la maladie est devenue chronique et le traileur se heurte à l’incompréhension des médecins, sceptiques devant les multiples symptômes qui l’accablent. « Courir, je n’y pensais plus. C’est à peine si je pouvais marcher », raconte-t-il. « Mais en France, c’est l’enfer », poursuit-il. « On te dit que la douleur, c’est dans ta tête. En fait, on t’envoie chez les fous, alors que la persistance de la Borrelia [bactérie à l’origine de la maladie de Lyme] est reconnue aux États-Unis et en Allemagne, et les traitements y sont très au point ».

C’est outre-Rhin, à la clinique Alviasana, dans l’Augsbourg, qu’il décide alors de se faire soigner en novembre 2023. « J’ai beaucoup lu sur cette maladie, et j’ai entendu parler de Jeanne Salvi, qui vit dans un village près de chez moi [dans le Jura], en fauteuil roulant, elle avait aussi perdu l’usage de son bras. Après avoir été soignée, comme moi, en France, elle avait vu son état de santé continuer de se dégrader et, en désespoir de cause, avait intégré le protocole de soins de la clinique allemande combinant de fortes doses d'antibiotiques à de la phytothérapie, notamment. Elle avait alors retrouvé peu à peu des sensations dans les membres, pu se tenir debout, et même se remettre à marcher.

Moi, en 2023, je n’avais pas perdu l’usage de mes jambes, mais j’étais sans aucune force. Je n’en ai pas trop parlé à l’époque sur mes réseaux, car d'autres victimes de la maladie de Lyme galèrent bien plus que moi. Mais pour un sportif comme moi, c’est très dur ! ».

Xavier Thevenard
(Jordan Manoukian / On)

Plus de 20 000 euros le traitement alternatif

Soigné lui aussi en Allemagne, Xavier Thévenard s’est vu prescrire trois molécules d'antibiotiques. Son foie, ses reins et sa thyroïde sont suivis de près. Son traitement est régulièrement ajusté en fonction des résultats de ses analyses. « J’assimile plutôt bien, et à chaque fois, ça s’améliore, mais tout n’est pas réglé » dit-il. Donc s’il se permet aujourd’hui de courir tous les jours 15 à 20 km, il temporise à fond l’effort. « Après le Trail des forts de Besançon, sûr que je n’ai pas enchaîné le lendemain sur un 40 km ! ». Et il anime des stages de trail dans le secteur du Mont d’Or avec son plus jeune frère, Jean-Marie Thévenard (4e de la TDS 2023 et 9e de la Diagonale des fous 2024) et son manageur et accompagnateur en moyenne montagne, Thomas Michaud. Des sessions où là aussi, il pousse jusqu’à des sorties de 40 km. Sans parler des cours qu’il a donnés tout l’hiver dans sa station locale : « A 5h00, tous les matins, j’étais sur les planches pour faire deux à trois heures de ski avant d'enchaîner sur les cours », dit-il. De quoi contribuer à assurer son quotidien.

Car son traitement en Allemagne n’est pas remboursé. Dans une interview accordée en 2021 à France 3, Jeanne Salvi, 19 ans, racontait en effet qu’elle avait dû lancer une cagnotte pour payer ces frais médicaux. Le rendez-vous en visio lui avait alors coûté 300 €. La prise de sang était facturée 1 500 €. Il fallait encore y ajouter le traitement de trois semaines (10 000€), sans parler de l’hébergement, les frais d’interprète, le suivi et tous les faux frais. Soit, au total au moins 20 000€ à l'époque.

Xavier Thevenard Running
(Jordan Manoukian / On)

"D'autres que ON m'aurait lâché"

La note est lourde pour Xavier aussi. « Ca commence à me coûter un bras », dit-il, « heureusement que ON, mon sponsor, en couvre une partie. Et je les en remercie. D'autres qu’eux m’auraient lâché à l’annonce de ma maladie, pas eux ! », insiste le traileur qui sait aujourd'hui que son rôle est, pour l'instant, celui d'un influenceur, fort d'une solide communauté sensible à son côté "nature" et "cash".

Toujours aussi engagé au niveau environnemental, le traileur qu’on a vu renoncer à l’avion en 2020, se montre effectivement plus que sceptique devant l’évolution du milieu du trail et l’influence des réseaux sociaux qui subit. « Parfois, on est dans la téléréalité. On peut jouer, mais certains en font un peu trop pour faire de l’audience. On perd l’esprit montagnard qu’on connaissait encore il y a dix ans. On est dans le m’as-tu vu, le nombrilisme. Mais je crois que les gens en ont marre de ce « sur joué ». Tu vois, moi, sur Instagram, je mets plutôt des paysages que ma tronche. S’il y a des selfies, c’est généralement à la demande d'un partenaire. Chacun fait comme il veut, mais j’ai toujours communiqué comme ça. C’est peut-être pour ça qu'on m’apprécie encore, pour mon authenticité ma simplicité.

À Besançon dimanche, je suis tombé des nues : les gens m’ont encouragé, applaudi, alors que je n’avais rien fait depuis des années. C’est clair que je n’étais pas là pour la compétition, mais pour partager avec les copains, j’avais zéro pression, j’y allais cool. On m’a mis dans le sas élite, pour la photo, ça m’a fait rire. Mais ça fait chaud au cœur, tant de bienveillance. »

Xavier Thevenard groupe trailXavier Thevenard groupe trailXavier Thevenard groupe trailXavier Thevenard groupe trail

"C’est sournois et vicieux de voir ses espoirs repoussés"

« Je pense que demain, si je reviens dans le circuit, je continuerais comme ça. Parce que, oui, ça me ferait kiffer de remettre un dossard, à court ou à long terme. Refaire une grande balade en montagne, ça me botte ! Pour la compet, mais c’est aussi parce que c'est une grande fête. Mais je ne fais plus de plan sur la comète. Parce que j’ai connu des phases de mieux. Et des descentes. C’est sournois et vicieux de voir ses espoirs repoussés, les portes se fermer. Un vrai ascenseur émotionnel. Je n’ai plus envie de me donner des objectifs à long terme… même, si, dans un coin de ma tête, ça me fait vibrer !

Je me suis beaucoup documenté sur cette maladie et sur sa forme chronique. Certains s’en sortent. Il a beaucoup de choses qui m’encouragent. J’ai l’exemple d'Audray Merle [triathlète sélectionnée pour les Jeux de Rio, en 2016, stoppée net par la maladie de Lyme]. Soignée également en Allemagne, elle a repris la compétition à haut niveau [Championne du monde militaire de triathlon en 2023]. Reste que si la thérapie allemande ne fait pas le taf, j’ai d'autres pistes : j’irai me faire soigner aux États-Unis. Leur approche est moins progressive, nettement plus directe. Genre : grosse bombe atomique, on dégage tout ! Je préfère avoir un coup d'avance ».

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