Longtemps, choisir une chaussure de trail revenait à trancher entre des modèles précis et accrocheurs, mais usants sur la durée, et des chaussures plus protectrices, plus confortables, mais souvent lourdes dès que le terrain redevenait roulant. Or, au quotidien, on part la plupart du temps courir depuis la maison, on se tape deux kilomètres de bitume, on rejoint un chemin forestier, puis un single pas trop propre, et on rentre comme on peut, parfois avec les jambes rincées. C’est sur ce terrain-là que The North Face place l’Altamesa 500 V2. Une chaussure d’entraînement pensée pour courir souvent, longtemps, sur des surfaces qui changent, avec ce qu’il faut de moelleux sous le pied pour encaisser les kilomètres, et assez de légèreté pour ne pas le payer au fil des kilomètres.
Courir sur sentier, même sur des parcours sans grande difficulté, finit toujours par se payer quelque part. Dans les mollets, les quadriceps, les chevilles, parfois juste dans cette fatigue qui s’accumule au fil des sorties. Une bonne chaussure pour tous les jours doit réduire la facture.
Rendre les sentiers moins durs
Une chaussure confortable en magasin, ça ne veut pas dire grand-chose. On y fait trois pas, sur un sol lisse avec des jambes encore fraîches. Le vrai test commence quand les sorties s’allongent, que le pied frappe le sol un peu moins proprement, que les descentes se répètent, que les appuis se dégradent et que chaque irrégularité du terrain finit par remonter dans les jambes.
C’est là qu’un bon amorti fait la différence. Trop mou, il manque de stabilité. Trop ferme, il laisse passer les chocs. L’Altamesa 500 V2 cherche l’équilibre avec sa mousse DREAM, un TPU injecté d’azote, 36 mm de stack au talon et 6 mm de drop. La chaussure assume clairement son orientation protectrice, pour les longues sorties, l’entraînement régulier, les chemins roulants ou modérément techniques, ces séances où l’on veut préserver les jambes plutôt que jouer les équilibristes.
Les petites irrégularités, les appuis de travers, les cailloux mal placés coûtent un peu moins cher à chaque foulée. Pour un coureur qui enchaîne les sorties, ce n’est pas un luxe. Une bonne chaussure d’entraînement ne se juge pas seulement sur la sortie du jour, mais aussi deux jours plus tard, quand on repart sans traîner la sortie précédente dans les jambes.

Ne pas payer le confort au prix du poids
Le problème des chaussures très protectrices, on le connaît. À force de vouloir amortir, elles finissent parfois par accumuler trop de matière. On gagne en confort, mais on traîne une paire massive, lourde à emmener dès que le terrain redevient roulant. Sur une sortie courte, on s’en accommode. Sur deux heures, moins. Sur une préparation complète, encore moins.
The North Face annonce l’Altamesa 500 V2 autour de 277 grammes, un poids plutôt contenu pour une chaussure avec autant d’amorti. Ce n’est pas pour autant une chaussure taillée pour aller chercher un chrono. Personne ne choisira cette paire pour grappiller quelques secondes sur un kilomètre vertical. L’intérêt est de garder assez de protection sous le pied sans que le confort devienne une charge au fil des kilomètres.
On retrouve cette logique dans la construction de la tige, légère et respirante, avec des renforts placés là où ils servent vraiment. Le pare-pierres protège l’avant sans transformer la chaussure en coque rigide. La languette à ailettes intégrées limite les mouvements parasites. Les lacets crantés aident à garder un serrage constant. Rien d’extraordinaire, mais ce sont ces détails qui comptent quand on est censé enfiler la même paire plusieurs fois par semaine.
On peut pardonner à un modèle conçu pour la course d’être exigeant. Une chaussure d’entraînement, elle, doit rester agréable sortie après sortie. Elle doit accompagner les footings de récupération, les longues sorties du dimanche, les retours par la route, les chemins secs, les sols humides, les jours où l’on part motivé et ceux où les jambes ne répondent pas vraiment.

Maintenir une assise stable quand la fatigue arrive
Plus une chaussure a d’amorti, plus la stabilité devient importante. C’est encore plus vrai en trail, où l’appui arrive rarement au bon endroit, parfaitement à plat, dans l’axe et sur un sol lisse. La fatigue n’arrange rien. Au bout d’un moment, le pied se pose moins bien, la cheville travaille davantage, les descentes réclament plus d’attention.
Avec son stack généreux, l’Altamesa 500 V2 devait donc rester stable malgré la hauteur de mousse. The North Face a opté pour une plateforme élargie. On n’y prête pas forcément attention au premier regard, mais c’est souvent ce qui fait la différence quand les kilomètres commencent à peser. La chaussure n’a pas vocation à offrir la précision d’un modèle très proche du sol. Elle joue plutôt la carte de l’assise, de la tolérance, du confort qui tient encore quand la foulée commence à se dégrader.
On ne parle pas ici d’une chaussure faite pour s’engager dans du terrain alpin très technique. Plutôt d’une paire pour les chemins gravel, les sentiers roulants, les descentes pas trop cassantes, les longues boucles où l’on a besoin de confiance plus que de nervosité.

Passer d’un terrain à l’autre sans y penser
Sous le pied, la semelle extérieure SURFACE CTRL SC2 et ses crampons de 4 mm confirment le positionnement de l’Altamesa 500 V2. Pas une semelle faite pour labourer la boue ou s’accrocher au rocher. Plutôt une semelle pensée pour les surfaces que beaucoup de coureurs rencontrent vraiment au fil d’une semaine. Chemins forestiers, pistes gravel, terre compacte, petits singles, portions humides, bouts de route entre deux sentiers.
Trop agressive, elle devient bruyante et désagréable dès que le sol durcit. Trop sage, elle montre vite ses limites quand on quitte le bitume. L’Altamesa 500 V2 se place entre les deux, avec l’idée de rester facile à emmener sur une grande variété de sorties.
Cette polyvalence parlera sans doute aux coureurs venus de la route, de plus en plus nombreux à chercher autre chose qu’une boucle en ville, sans pour autant vouloir basculer tout de suite dans le trail technique. Il leur faut plus d’accroche qu’une routière, plus de protection aussi, mais pas une chaussure trop typée montagne, raide ou intimidante dès les premiers chemins.
Une chaussure de trail pour tous les jours doit surtout gérer les sorties improvisées. Pas seulement la longue sortie du week-end, quand on a choisi son itinéraire et préparé son sac. Aussi les séances ordinaires, celles où l’on se laisse tenter par un détour, où l’on passe d’un revêtement à l’autre, où l’on veut simplement courir sans réfléchir dix minutes à la paire qu’il faut chausser.
La bonne chaussure est celle qui donne envie de courir
La bonne chaussure, c’est celle qu’on enfile avec plaisir quand la météo est moyenne, quand les jambes ne sont pas au mieux, quand il faut faire du volume alors que la motivation manque. Parce qu’on sait qu’elle rendra la sortie un peu plus facile. Sans doute l’Altamesa 500 V2 ?
Pour en savoir plus sur l’Altamesa 500 V2, visitez www.thenorthface.com
Photo d'en-tête : The North Face