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Rampe Whillans-Cochrane, Patagonie
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  • Snow Sports

Vivian Bruchez avec Aurel Lardy, Jules Socié sur la rampe Whillans-Cochrane : « je n’ai jamais rien skié d’aussi extrême ! »

  • 10 octobre 2023
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Il aura fallu attendre onze ans avant que cette descente soit répétée ! Véritable itinéraire d’alpinisme, visible depuis le village d'El Chaltén, en Patagonie, la rampe « Whillans-Cochrane », au départ de l’aiguille Poincenot (3002 m), n’avait été skiée qu’une seule fois, par le Suédois Andreas Fransson, en 2012. Au vu de son exposition, on comprend pourquoi. Une performance réalisée le 21 septembre par trois Chamoniards, Jules Socié, Aurélien Lardy, et Vivian Bruchez. Pour Outside, ces deux derniers reviennent sur la préparation qui les a menés jusqu'à cette ligne qu’ils qualifient de « mythique ».

« C’est la ligne la plus raide et la plus exposée que j’ai eu la chance de skier, je suis heureux d’en rester là et reconnaissant d’avoir trouvé quelque chose comme ça dans ma vie » écrit en 2012 le Suédois Andreas Fransson, peu de temps après avoir ouvert la « Whillans-Cochrane ». Une performance qui n'a jamais cessé d’inspirer Aurélien Lardy, Jules Socié et Vivian Bruchez aussi en septembre les trois skieurs français signaient-ils la première répétition de cette rampe. Un exploit qu’ils nous racontent en détails.  

Aurel lardyJules SociéRampe Whillans-Cochrane, Patagonie

Que représente cette ligne pour toi ?

Aurélien : Quand elle a été réalisée, il y a onze ans, Jules et moi avions 15/16 ans. On commençait tout doucement à se plonger dans ce qui se faisait en montagne, en pente raide notamment. On regardait beaucoup d’images, du Suédois Andreas Fransson, qui ouvert cette ligne, mais aussi de Vivian (Bruchez, ndlr), déjà très actif. Ces skieurs nous ont beaucoup influencés. Il y a onze ans, cette ligne m’a vraiment tapé dans l’œil, j’en suis tombé complètement dingue. Je trouvais ça ahurissant. […] C’est plus le côté artistique que le côté ski qui nous intéressait. Il y avait le cadre au fin fond du monde, l’Amérique du Sud, l’Argentine, des montagnes qui sont reconnues dans le monde entier par des gens qui ne connaissent rien à l’alpinisme et à la grimpe… Ces aiguilles sont particulières, mythiques, et très liées à la France puisque la plupart ont des noms de pilotes de l’aéropostale française. 

La rampe « Whillans-Cochrane », à quoi ressemble-t-elle ?

Vivian : C’est une pente à 55 degrés qui fait 300 mètres de long. La vraie particularité de cette ligne, c’est qu’elle est suspendue au milieu d’une paroi qui fait 1000 mètres. […] On a skié principalement dans de la neige, avec une petite section de glace, que l’on a sécurisée en mettant un petit bout de corde parce que ce n’était pas vraiment skiable. 

Cette ligne est réputée pour être très engagée. Comment s’y prépare-t-on ?

Vivian : On s’est préparés très progressivement en fait. Les jours précédent notre tentative, on était plus ou moins dans le même secteur, à skier d’autres descentes, à ressentir les conditions, la neige, à voir comment on se sentait. On a aussi bénéficié d’un incroyable créneau météo pour El Chaltén : sept jours de stabilité, sans vent, du froid… Des conditions très favorisantes pour s’engager dans un itinéraire comme ça. […] On y est vraiment allés étapes par étapes. Chaque étape qui se validait permettait d’aller un peu plus loin. Et finalement, en fonctionnant comme ça, on a pu réaliser la descente. 

Rampe Whillans-Cochrane, PatagonieRampe Whillans-Cochrane, Patagonie

Au moment d’aborder la descente, le jour J, vous étiez dans quel état d’esprit ?

Vivian : C’est différent pour tout le monde en fait, même si on partage une descente à trois. À la montée tu mets un peu la corde, mais à la descente, c’est du solo. Donc personne ne va assurer ta sécurité. Ce qui se passe dans ta tête est très particulier, et très individuel. Personnellement, je me suis senti super bien avec Aurel et Jules. Ils étaient motivés et bien à leur place. Je me suis senti très vite prêt à vivre ça avec eux. 

Aurélien : Je partage le même sentiment. On était trois ce jour-là. J’avais une confiance absolue en mes deux copains. Et l’équipe a été vraiment super. Chacun était à l’écoute des autres. Le jour J, j’étais face à ce rêve qui m’avait tellement trotté dans la tête pendant des années. Je n’avais pas envie de faire demi-tour, pas envie que ma peur prenne le dessus. De toute façon, c’est le terrain qui décide, et la collectivité. Ce jour-là, tout s’est aligné. C’était le bon jour, avec les bonnes personnes, au bon endroit. Incroyable !

Vous avez également ouvert d’autres descentes dans la zone…

Aurélien : Les parois ici sont juste lunaires, c’est hallucinant. On a eu la chance d’ouvrir six nouvelles lignes, dont deux lignes vraiment significatives. Il y en un une qui part du sommet du Domo Bianco (2507 m). Il nous a fallu deux jours pour arriver là-haut, avec de longues heures de marches, des sacs très lourds, parfois dans la tempête. Parce que pour prendre le créneau, il faut parfois accepter de marcher dans le mauvais temps pour pouvoir skier tranquillement au soleil, sans être trop entraîné par le vent. Cette descente était fantastique. […] On a intégralement skié cet itinéraire de 1400 mètres. Tu es entre deux sommets, dont un qui est très mythique, puisque c’est une paroi granitique tout aussi grande que celle d’El Capitan, dans le Yosemite, aux US. Tu as la chance de pouvoir partir d’un sommet qui est complètement glaciaire, et de traverser par des rampes suspendues au-dessus d’une vallée magnifique, en ayant une vue sur la banquise derrière. 

Vivian : C’est vraiment un grand voyage ! Au cœur du granit et de la verticalité. Mais ce n’est jamais très raide. Tout se connectait.

Rampe Whillans-Cochrane, PatagonieRampe Whillans-Cochrane, PatagonieRampe Whillans-Cochrane, Patagonie

Vous avez déjà des idées pour la suite ?

Vivian : Profiter de ce que l’on a déjà vécu là ! Et l’intégrer au maximum pour se préparer doucement pour cet hiver. Ça passe par l’entraînement physique, etc. 

Aurélien : De mon côté, j’ai pas mal enchaîné les expéditions ces derniers mois. J’ai passé 50 jours en autonomie en Alaska au printemps, avant de repartir début septembre pour la Patagonie. Là, je commence à sentir qu’il va falloir que je me repose, que je fasse un petit peu autre chose pendant les quelques mois qui vont suivre. L’idée, c’est de repartir de plus belle, d’aller profiter du massif du Mont-Blanc cet hiver, et pourquoi pas, de travailler sur une expédition avec les copains pour le printemps prochain.

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