Alors que la tête de la flotte de la 10e édition du Vendée Globe fonce vers le cap de Bonne-Espérance, Charlie Dalin accentue son avance sur ses concurrents. À l’issue de la 17e nuit de course, le Normand de 40 ans pointe avec près de 50 milles d’avance sur son poursuivant, Thomas Ruyant. Rien n’est pourtant joué pour le grand favori, leader de la course depuis vendredi 22 novembre, de retour cette année plus motivé que jamais après une frustrante deuxième place il y a quatre ans.
« Mon histoire avec le Vendée Globe n’est pas terminée, c’était important de revenir » soulignait Charlie Dalin peu avant son départ pour la mythique course autour du monde à la voile, en solitaire, sans escale ni assistance. Cette 10e édition, il l’a à l'esprit depuis le 28 janvier 2021, lendemain de son arrivée de son premier Vendée Globe dont il avait franchi la ligne en tête... avant de laisser sa place à Yannick Bestaven. En raison d’une compensation de temps accordée par le jury pour avoir porté assistance à un concurrent.
« Bien entendu que ça n’a pas été facile » confie-t-il. « Je ne suis pas passé loin de la victoire, il m’a manqué 2h30 [sur 80 jours de course, ndlr] donc forcément, je me réveillais la nuit pour trouver les minutes qui m’ont manqué dans tel changement de voile, telle manœuvre, tel choix que j’ai pu faire ».

« On a une meilleure idée de ce qui nous attend quand il s’agit du deuxième Vendée Globe »
Originaire du Havre, Charlie Dalin a découvert la voile à l’âge de 6 ans. Passionné par l’univers de la mer, il décide d’en faire son métier en tant qu'architecte naval. Le jeune skipper poursuit en parallèle une carrière de haut niveau dans la course au large. Il remporte notamment, avec Gildas Morvan, la Transat AG2R 2012, et avec Yann Eliès, dans la catégorie Imoca, la Transat Jacques-Vabre 2019. De quoi accumuler suffisamment d’expérience en vue du Vendée Globe 2020-2021.
« Avant d’y participer, je n’avais jamais passé plus de 20 jours sur un bateau et je n’avais jamais navigué dans les mers du Sud » racontait-il récemment. « C’était une découverte même si j’avais demandé des conseils à Armel Le Cléac’h, Michel Desjoyeaux, François Gabart, c’était un peu de l’expérience par substitution. Ce qui m’a le plus surpris, c’est l’impact au niveau mental, la fatigue, le fait d’être plus facilement à fleur de peau. Mais c’est utile de le savoir et d’intégrer l’importance de la gestion et du rythme. C’est comme si je n’avais fait que des 10 km en course et que d’un coup je participais à un marathon. Forcément, on a une meilleure idée de ce qui nous attend quand il s’agit du deuxième ».
Le palmarès de Charlie Dalin
2024 : Vainqueur de la New York Vendée Les Sables
2022 : 2e de la Route du Rhum en Imoca
2021 : 2e de la Transat Jacques Vabre en Imoca
2021 : Vainqueur de la Rolex Fastnet Race en Imoca
2020 : 2e du Vendée Globe
2019 : Vainqueur de la Transat Jacques Vabre en Imoca
2018 : 3e de la Solitaire du Figaro
2017 : 3e de la Solitaire du Figaro
2016 : Champion de France de course au large
2016 : 2e de la Solitaire du Figaro
2016 : Vainqueur de la Douarnenez Horta Solo
2015 : 2e de la Solitaire du Figaro
2015 : 3e de la Transat Jacques Vabre
2014 : Champion de France de course au large
2014 : 2e de la Solitaire du Figaro
2014 : 2e de Lorient Horta Solo
2012 : Vainqueur de la Transat Ag2r
2009 : 2e de la Mini-Transat

Le Macif Santé Prévoyance, son nouveau bateau dernière génération
Et en plus de se présenter, le 10 novembre, sur le départ de son deuxième Vendée Globe dernier avec une expérience bien plus solide, Charlie Dalin a également un nouveau bateau. « Apivia [avec qui il a bouclé l’édition 2020-2021, ndlr] était un très bon bateau mais il avait quelques points faibles, notamment dans le portant, dans la mer formée et en matière d’ergonomie aussi » précise-t-il. « Avec Macif Santé Prévoyance [son bateau actuel, ndlr], on a progressé dans toutes les conditions. Mon cockpit est également beaucoup plus compact, ce qui me permet de faire de nombreuses tâches sans bouger. L’ergonomie a été améliorée, le système d’aération à l’intérieur aussi, il y a beaucoup moins d’eau sur le pont. Et en matière de confort, j’ai un siège sur-mesure avec amortisseur et ceinture de sécurité qui change du pouf que j’avais il y a quatre ans ».
Peu avant son départ pour la 10e édition de cette mythique course, le skipper affirmait être plus fort qu’il y a quatre ans, autant physiquement que mentalement. « Mais je ne suis pas le seul ! » tempérait-il. Quoiqu’il en soit, Charlie Dalin était de loin le grand favori de ce Vendée Globe 2024-2025. Un statut qu’il confirme aujourd’hui.

Le point sur la course
Ce mercredi 27 novembre, à l’issue du dernier pointage effectué à 7 heures du matin, Charlie Dalin menait toujours la flotte du Vendée Globe. Il comptait 49,22 milles nautiques d'avance sur Thomas Ruyant, double vainqueur de la Transat Jacques Vabre (2021, 2023). Soit 18 milles de plus qu’au dernier pointage effectué douze heures plus tôt.
Un changement a en revanche été opéré pour la troisième place : Yoann Richomme a été devancé par Sébastien Simon (60,9 milles de retard sur Charlie Dalin), skipper le plus rapide durant la nuit. Ce dernier écrase au passage le record de la plus longue distance parcourue en 24 heures en solitaire à bord d’un Imoca : 602,56 milles, soit 1 104,22 kilomètres.
« Chaque mille qui rapproche la flotte du cap de Bonne Espérance creuse un peu plus l’écart entre la tête de la course et le reste des engagés » souligne Ouest France. « Six skippers équipés de foils se sont détachés aux avant-postes ce mercredi 27 novembre en ce dix-septième jour de course sur le Vendée Globe […] Ce petit groupe a profité d’une dépression née au large de Rio (Brésil) dimanche dernier et de bateaux à la pointe de la technologie pour littéralement s’envoler, tandis qu’à l’arrière, le vent semble se faire de plus en plus fuyant ».

Le classement du Vendée Globe 2024-2025
À l’issue du dernier pointage (mercredi à 7 heures du matin)
1. Charlie Dalin (Macif Santé Prévoyance) à 18 543,2 milles de l'arrivée
2. Thomas Ruyant (Vulnerable) à 49,2 milles du leader
3. Sébastien Simon (Groupe Dubreuil) à 60,9 milles
4. Yoann Richomme (Paprec Arkéa) à 70,3 milles
5. Nicolas Lunven (Holcim - PRB) à 92,5 milles
6. Jérémie Beyou (Charal) à 99,3 milles
7. Sam Goodchild (Vulnerable) à 153,4 milles
8. Yannick Bestaven (Maître Coq V) à 202,0 milles
9. Paul Meilhat (Biotherm) à 240,0 milles
10. Samantha Davies (Initiatives-Coeur) à 414,0 milles
À retrouver en intégralité ici
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