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UTMB : qu’est-ce qui a changé depuis la polémique provoquée par Kilian Jornet et Zach Miller ?

  • 27 août 2024
  • 6 minutes

Coralie Havas Coralie Havas Passionnée d'escalade, de montagne et de culture outdoor au sens large, Coralie est journaliste pour Outside. Elle est basée à Uzès quand elle n'est pas sur la route à bord de son van.

Considéré comme le "championnat du monde non-officiel d'ultra-trail", l'UTMB continue d'asseoir son emprise sur le sport puisque 687 de coureurs élites seront au départ de la course, contre 625 l’an passé. Et ce, en dépit de l'appel de Kilian Jornet et Zach Miller "à aller courir ailleurs", en janvier dernier, inquiets de la direction prise par l'événement. Une polémique ultra-médiatisée qui a permis de faire bouger quelques lignes. Soucieuse d'éteindre le feu des critiques au plus vite, l'organisation a été à l'écoute des remarques, aussi bien sur la question de la professionnalisation du sport, des partenariats que de la mobilité, nous explique Frédéric Lénart, directeur général de l’UTMB Group. Et de défendre un développement qui "ne tourne pas autour du business, mais avant tout du sport".

Fin janvier, une petite bombe est lâchée. « Si vous recevez ce message, c’est parce que vous êtes l’un des meilleurs athlètes de notre sport », écrivent Kilian Jornet (quadruple vainqueur de l’UTMB) et Zach Miller (2e en 2023). « Nous avons voulu commencer les discussions avec un nombre restreint de personnes pour mieux cibler nos efforts et de ne pas nous laisser submerger. Cela dit, de quoi s’agit-il ? Eh bien, nous vous écrivons pour savoir si vous seriez intéressés de vous engager à participer à une course autre que l’UTMB cette année (2024) ».

Un appel envoyé à plus d’une centaine d’athlètes élites, révélé sur les réseaux par l’entraîneur britannique Martin Cox, qui a très vite fait beaucoup de bruit. La plupart des observateurs y voyant un appel au boycott…Très vite tempéré Catherine Poletti, présidente de l’UTMB Group, dans les colonnes de France 3. « Pour moi, ce n’est pas un appel au boycott, mais plutôt à aller courir ailleurs » soulignait-elle. « Le nombre de courses et d’épreuves organisées partout dans le monde permet aux coureurs de faire leur propre choix. Ils peuvent aller là où ils veulent : la communauté du trail running n’appartient à personne ».

« On s’est servis de cet échange pour aller dans la bonne direction »

Cet e-mail rédigé par Kilian Jornet et Zach Miller visait avant tout à faire pression sur l’UTMB. « La direction actuelle prise par l’UTMB, le groupe UTMB et Ironman nous inquiète » ont-ils expliqué par la suite. « Il y a une multitude de choses que nous pourrions citer qui nous préoccupent, mais en résumé nous pensons qu’ils ne se gèrent pas et ne gèrent pas leur(s) événement(s) d’une manière qui soit dans le meilleur intérêt du sport et de ses pratiquants. […] La meilleure façon de communiquer notre mécontentement et d’exercer une certaine pression est peut-être de se regrouper et de participer à une course différente. L’absence des quinze premiers coureurs masculins et féminins sur la ligne de départ de l’UTMB en dirait long. Cela leur ferait comprendre que nous ne sommes pas satisfaits et les pousserait à faire des changements ». 

Ce qui à quoi le groupe UTMB a très vite réagi. « On a échangé avec Kilian Jornet et Zach Millet peu de temps après, en visio » nous a expliqué Frédéric Lénart, directeur général d’UTMB Group. « L’idée était de désamorcer la situation. Et finalement, ça a fait du bien à tout le monde. Ils ont mieux compris notre vision. Tandis que l’on a, de notre côté, pu prendre connaissance de leurs interrogations. Notamment en ce qui concerne l’accueil des élites, les prize money, notre partenariat avec Dacia et plus généralement, le développement du circuit. On s’est servis de cet échange pour aller dans la bonne direction ».

« C’est un sport nouveau, il est important de l’encadrer dès le début »

« C’est clair que notre développement a surpris. Mais le trail évolue, grandit. On dénombre une croissance, en termes de nombre de traileurs à +15% chaque année » souligne Frédéric Lénart. « Et quand on regarde les autres événements, eux aussi sont en phase de développement. On veut participer à l’évolution de ce sport, activer les leviers qui sont à notre portée. C’est très important pour nous. Nos chantiers du moment ne tournent pas autour du business, mais avant tout du sport, de la durabilité, de l’inclusion, de l’équité, de la diversité ou encore du handisport. Notre objectif est avant tout d’accompagner le développement du sport. Ça a toujours été le cas ». C’est pourquoi l’organisation a, à la suite des échanges avec Kilian Jornet et Zach Miller, renforcé ses liens avec les athlètes élites. 

« On a augmenté les prize money [en les multipliant par deux, les vainqueurs femme et homme de l’épreuve reine de 170 km et 10 000 D+ autour du mont Blanc recevront désormais chacun 20 000 euros, ndlr], renforcé la politique anti-dopage et intégré Julien Chorier, athlète élite vainqueur de la CCC en 2007, à l’organisation [en tant que directeur sportif, ndlr] » explique le directeur général de l’UTMB Group. « C’est un sport nouveau, il est important de l’encadrer dès le début. […]  On veut contribuer à la carrière des ultra-traileurs, montrer notre soutien à la professionnalisation du trail et des athlètes élites dans leurs carrières ». 

Et au-delà de veiller à sa relation avec les élites, l’UTMB Group compte également « davantage prêter attention à l’écosystème local au moment d’installer un événement ‘by UTMB’. C’est-à-dire ne pas empiéter sur d’autres courses, et même sur d’autres événements » souligne Frédéric Lénart. Car si les territoires voient généralement d’un très bon œil la visibilité offerte par l’arrivée d’un événement estampillé UTMB, il importe tout de même de nuancer. On se souvient notamment qu’en 2023, le les traileurs nord-américains – Jim Walmsley, Tim Tollefson, Scott Jurek, Hal Koerner, John Kelly, Magdalena Boulet, Ellie Greenwood – s’était mobilisés contre la nouvelle course canadienne de l’UTMB, qui aurait évincé une course locale, crée par Gary Robbins, grande figure de l’ultra et organisateur de six courses.

Les « UTMB World Series », le profit avant le sport ?

Une multiplication des événements qui inquiète une grande majorité de la planète trail. On se souvient que lorsque la création du circuit « UTMB World Series » est annoncée, le 6 mai 2021, la polémique fait rage dans l’univers du trail running. Une inquiétude résumée par John Kelly, un Américain finisher de la Barkley en mars 2023 : « Monopolisation des événements par le biais de qualifications exclusives à la course ‘reine’, entraînant des frais d’inscription astronomiques et la disparition de courses indépendantes, un mépris total pour les sites d’accueil, l’expérience et la sécurité des athlètes, comme pour tout ce qui peut entraver le chiffre d’affaires – cultures ou objectifs différents ». 

Avec le circuit « UTMB World Series », Frédéric Lénart voit plutôt un moyen de « multiplier l’expérience UTMB à travers le monde, afin que tout le monde puisse y avoir accès » plutôt que de « faire grossir un seul événement ». Une stratégie qui aurait, selon lui, un « moindre impact environnement puisque « ce sont entre 80 et 90% de locaux qui participent aux événements ‘by UTMB’ ». Exception faite à la grande messe chamoniarde, bien-sûr. 

Demeure la question des Running Stones, un système de points propre à l’« UTMB World Series ». Chaque course accomplie parmi quatre catégories (20K, 50K, 100K et 100M) équivaut à une ou plusieurs Running Stone qui, par la suite, offre un ticket pour le tirage au sort des UTMB World Series Finals à Chamonix. Cela implique également que les coureurs consacrent une grande partie de leur saison à l’UTMB, au détriment d’autres courses non affiliées au système (Grand Raid des Pyrénées, Echappée Belle, Diagonale des Fous, etc). À noter que les coureurs sélectionnés chaque année détenaient en moyen 5,3 Running Stones. « Ce n’est pas énorme », tempère Frédéric Lénart. « Sachant que l’on récupère 3 Running Stones en finissant une course de 100 kilomètres, et 4 en bouclant un 100 miles. Cela ne représente pas autant de courses que cela finalement ».

Quid du partenariat avec Dacia ?

Autre épineuse question sur laquelle se sont penchés Kilian Jornet, Zach Miller et l’organisation de l’UTMB : le partenariat avec Dacia. Car si la présence de sponsors n’étonne, ni ne choque, plus personne – tous les événements sportifs y sont désormais contraints – la planète trail s’était offusquée sur le renforcement de la collaboration avec Dacia, qui date de 2022. L’année dernière, le « sommet mondial du trail » avait à nouveau cédé au « naming » – il l’avait déjà fait à ses débuts avec The North Face. Il s’était rebaptisé cette fois « Dacia UTMB Mont-Blanc ». Un pas de trop pour beaucoup d’athlètes, et non des moindres, qui ne se s’étaient pas privés de le faire savoir.

« Ces réactions nous ont surpris » nous a expliqué Frédéric Lénart. « Car on était très à l’aise à l’idée de promouvoir un partenaire automobile utile, sans gadgets et accessible à tous […] On a donc très vite compris, au vu du chahut provoqué par l’annonce, qu’il fallait que l’on change les choses. Et ce, avant même l’appel lancé par Kilian et Zach […] Dacia demeure le 1er partenaire européen en Europe. On a mis en place une politique de car sharing [autopartage, ndlr]. 50 véhicules Dacia vont être mobilisés pour l’organisation. Un moyen d’éviter entre 150 et 200 voitures. Et plus largement, ces discussions nous ont invitées à continuer notre réflexion sur les questions de mobilité. À savoir comment limiter le nombre de voitures individuelles sur l’événement notamment. On a prévu d’en dévoiler davantage à l’automne ».

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