D’une petite affaire de passionnés crée en 2003 à Chamonix, ce rendez-vous aussi convoité que critiqué est devenu en 20 ans le Graal pour les coureurs venus par milliers, et un show énorme pour les spectateurs, ponctué chaque année de coups de théâtre. Justement, que nous réserve cette édition anniversaire organisée du 28 au 3 septembre prochain ?
C’est la grand messe de course en nature, organisée dans la « Mecque » de l’alpinisme (et du trail maintenant), Chamonix. Huit courses - dont la « reine », l’UTMB. 170 kilomètres, 10 000 mètres de dénivelé positif, trois pays traversés (France, Italie, Suisse) - qui ont attiré 10 000 traileurs de 104 nationalités lors de la dernière édition. Des coureurs passionnés pour lesquels cet événement sera sans doute un moment fort de leur vie, mais aussi des élites jouant gros sur une scène hyper médiatisée. Mais au-delà de la performance sportive, c’est l’ampleur de l’événement en termes de participation, de soutien de la foule et de couverture médiatique qui est vraiment excitante, tant pour les athlètes, pour qui le simple fait d’être sur la ligne de départ est considéré comme un véritable privilège, mais aussi pour les milliers de visiteurs qui, le temps d’une semaine, du 28 au 3 septembre, vont envahir les rues de Chamonix, trop heureux de côtoyer les meilleurs coureurs au monde. Et cette année qui marque les 20 ans de l’événement devrait être à la hauteur de leurs attentes. Les organisateurs restent discrets pour l’instant sur les détails des festivités, reste que chez Outside on se plait par exemple à imaginer la présence sur place de tous les grands noms qui, depuis 2003, ont marqué l’histoire de cette course, mais pour l’heure voici ce que l’on va découvrir à Chamonix.
Quoi de neuf cette année ?
1. L’UTMB, c’est aussi la grande finale des UTMB® World Series
Pour ses 20 ans, et pour la première fois de son histoire, l’UTMB sera également le théâtre des toutes premières finales de son circuit international, les UTMB® World Series. Un circuit qui s’étend désormais largement au-delà des frontières européennes, avec des courses aux Etats-Unis ou encore en Thaïlande et au Japon. Trois catégories sont concernées : l’OCC (50K), la CCC (100K) et l’UTMB (100M).
2. Traileuses et mamans ? Leurs contraintes mieux prises en compte
Sur toutes les courses de l’UTMB Mont-Blanc, on relève plus de 22 % de participantes femmes en 2023, « un nombre qui croît doucement d’année en année », selon Isabelle Viseux-Poletti, Directrice UTMB Mont-Blanc et UTMB France. Une participation qui pourrait augmenter encore sous l’impulsion des nouvelles mesures adoptées cette année afin de « permettre aux nouveaux parents de retrouver les chemins de trail dans un environnement sûr et dans une période de temps suffisante après l’arrivée d’un enfant » explique l’organisation. Cette politique s’adresse non seulement aux athlètes enceintes, mais également aux athlètes dont la partenaire est enceinte, ainsi que les athlètes en procédure d’adoption ou de gestation pour autrui.
Concrètement que fait l’UTMB ?
Les femmes enceintes se voient accordé le remboursement total et un accès prioritaire utilisable dans les cinq ans pour les courses de catégories 50K, 100K et 100M, et dans les deux ans pour les courses de catégorie 20K. Quant Aux partenaires, aux parents en cours d’adoption ou engagés dans un processus de gestation pour autrui, ils ont le choix désormais entre reporter leur inscription dans un délai de deux ans ou être remboursés intégralement.
3. Un événement plus inclusif ?
A l’heure où les grandes courses américaines ont inscrit à leur agenda la question de l’inclusion des transgenres, non binaires, difficile pour l’UTMB qui s'auto proclame « sommet mondial du trail » de faire l’impasse sur le sujet. De nombreux projets et initiatives seraient « en développement » selon les organisateurs, et au-delà de la politique de grossesse, « d’autres mesures visant à promouvoir davantage d’équité dans la pratique du trail running, notamment pour les athlètes en situation de handicap, les personnes transgenres ou non-binaires verront le jour d’ici la fin de l’année, assurent-ils.
4. Moins impactant au niveau environnemental ?
Nous l’avions mis en évidence en 2021 lors de notre grande enquête sur les grandes courses : le trail pratiqué à l’échelle à laquelle se situe aujourd’hui l’UTMB pollue. Et quand 10 000 traileurs issus de 104 pays (et leurs accompagnateurs) se rendent à Chamonix, l’un des premiers postes en cause reste le transport. Un dossier sensible pour l’UTMB, souvent critiqué sur ce point, mais sur lequel les organisateurs planchent depuis quelques années, sans toutefois parvenir à le résoudre vraiment, vu l’ampleur, désormais, de l’événement.
Outre les mesures déjà mises en œuvre, que propose l’organisation cette année ?
Transport : un renforcement de son plan de mobilité avec un budget de près d’un demi-million d’euros. Objectif : éviter la circulation de plus de 5 000 véhicules individuels sur l’événement, désengorger les vallées et faciliter les déplacements des coureurs, des accompagnateurs mais aussi de tous les spectateurs sur l’ensemble du territoire du Mont-Blanc. Inviter enfin un maximum de personnes à utiliser les transports en commun, en particulier la Vallée de Chamonix. Et réduire bien sûr la pollution de l’air. Comment ? Via plusieurs approches :
- La mise en place d’une nouvelle plateforme de covoiturage pour se rendre sur l’événement.
- L’ajout de 8 lignes UTMB Bus et 50 cars supplémentaires par rapport à l’an dernier, soit 200 en tout. L’objectif étant de transporter 100 % des coureurs et 100 % des accompagnants sur toute la semaine.
- La création de parkings supplémentaires et de base camps réservés aux usagers des UTMB Bus.
- La fermeture de routes et des interdictions de stationnement le long du parcours.
Ravitos : moins de plastique, un peu plus de local
En 2023, les ravitos seront constitués en 2023 à 40 % de produits régionaux (on pouvait espérer mieux) afin de limiter le transport et de favoriser l’implication des acteurs locaux. « La plupart de ces produits bénéficient de labels de qualité tels que l’Agriculture Biologique, le Label Rouge, l’AOP ou encore l’AOC », selon l’organisation. Les ravitos seront surtout 100 % sans bouteille en plastique. Un défi rendu possible grâce à la mise en place de machines gazéïfiantes, même pour les sodas. Six ravitaillements seront munis de récoltes des biodéchets (contre trois en 2022), l’ambition étant de valoriser plus de 700 kg de biodéchets.
Des chantiers pour réhabiliter les sentiers malmenés par la surfréquentation
Un autre point noir pour l’UTMB, attaqué en flèche dernièrement par Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais, la dégradation des sentiers dans les zones concernées par les courses, toujours plus nombreuses : huit actuellement. En réponse, l’organisation impose aux coureurs de ne pas sortir des sentiers balisés au risque d’être pénalisé dans sa participation (entre 15 minutes et 1 heure de temps d’arrêt applicable immédiatement). Mais elle intervient aussi sur la réhabilitation des sentiers. En 2023, au moins 4 chantiers sont programmés :
- Les Contamines (Chemin de l'Anery) : sur le parcours de la TDS.
- Courmayeur (Tête de la Tronche) : sur le parcours de la CCC®.
- Beaufort (Passage du Curé) : sur le parcours de la TDS.
- Hauteluce (section entre le col de Very et le Col du Joly) : sur le parcours de la TDS.
5. Média : big show, de gros moyens
10 000 coureurs, 104 nationalités différents lors de sa dernière édition… contre toute attente, le trail commence à peser lourd en termes d’audience. L’UTMB l’a bien compris et vient de passer à la vitesse supérieure en terme de communication en renforçant son partenariat avec l’Equipe. « Après le succès de l’accord entre le groupe L’Équipe et UTMB® Group en 2022, avec notamment 2,9 millions de téléspectateurs sur la chaine L’Équipe lors de la diffusion de la course UTMB, le dispositif est étendu pour cette nouvelle saison afin que les fans de trail-running vibrent tout au long de la saison et suivent les exploits des coureurs sur les différentes destinations à travers le monde. » explique l’organisation. L’intégralité des événements UTMB World Series produits en live sera ainsi diffusée sur L’Équipe Live, l’offre de sports en direct proposée sur le site et l’application L’Équipe. L’épreuve reine, l’UTMB Mont-Blanc, continuera d’être diffusée sur les deux canaux : la chaine L’Équipe et L’Équipe Live. »
De quoi populariser encore le trail, ce sport qu’on pensait si peu visuel, surtout sur un ultra. Résultat, cette année l’UTMB (100M) sera retransmise dans son intégralité sur L’Équipe live. Sur la chaine L’Équipe, un direct spécial couvrira le départ de l’épreuve ainsi que les six dernières heures de course le samedi 2 septembre, permettant de vivre l’arrivée des premiers coureurs. La CCC (100K) et l’OCC (50K) bénéficieront également d’un dispositif spécial.
6. Et un documentaire !
L’UTMB a inspiré plus d’un documentaire à ce jour, notamment « Nuit Blanche » : le film d’Alexis Berg au cœur de la nuit de l’UTMB ou encore « Balance », retraçant le premier UTMB de Mathieu Blanchard. Cette année, on attend « La Course en tête », film sur les vainqueurs, disponible sur le site et l’application L’Équipe, que nous n’avons pas encore eu l’occasion de visionner.
7. Des chiffres chocs, toujours en inflation
- 3 fois plus de demandes d'inscriptions que de places disponibles
- 107 nationalités représentées en 2023 contre 100 en 2022 (La France, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni forment toujours les 4 premières places. Les Américains, de plus en plus nombreux arrivant en 5e position.
- 21,5% de femmes présentes sur l’ensemble des 8 épreuves en 2023. Avec un équilibre hommes/femmes chez les élites sur les trois courses UTMB World Series Finals : chez les coureurs élites, le nouveau système sportif mis en place en 2022 permet maintenant de qualifier autant d’hommes que de femmes sur chaque course du circuit pour participer à l’une des 3 Finales de l’UTMB Mont-Blanc. Si tous les élites confirment leur qualification, le plateau 2023 présentera une parité équitable entre hommes et femmes.
- 21 ans : c’est l’âge du plus jeune participant aux finales cette année (CCC et OCC) et 78 pour le plus âgé (CCC)
Quels sont les moments forts attendus ?
1. Kilian Jornet pourra-t-il courir l’UTMB et engranger une 5e victoire ?
La question est sur toutes les lèvres. Pour s’aligner sur la ligne de départ, le Catalan devait encore marquer quelques points pour assurer son dossard. Conformément au nouveau règlement de l’UTMB, il lui manquait une précieuse « running stone ». Pour l’acquérir, il lui fallait seulement terminer le 16 km de l‘Eiger Ultra trail, en Suisse (16 km et 960 m de D+). Une course sans pression donc, au cours de laquelle il n’a pas forcé, prenant même le temps de faire quelques selfies avec les participants. Mais derrière cette apparente décontraction se cachait un début de blessure. « Il y a deux jours, après quelques bonnes semaines d’entraînement, j’ai ressenti une forte douleur dans ma fesse droite, donc aujourd’hui je ne voulais pas prendre de risque. J’ai couru profiter des paysages et bavarder avec les coureurs », expliquait-il récemment sur Instagram.
Près de deux semaines après la course, la douleur ne s’est malheureusement pas atténuée. Pire, elle a conduit le Catalan à troquer ses chaussures de running pour son vélo, apprend-on via ses réseaux sociaux. Ce qui l'a conduit à annuler sa présence sur Sierre-Zinal, mythique course suisse organisée le 12 août, et sur laquelle il se contentera cette fois d’être… le commentateur ! Alors Kilian Jornet sera-t-il présent au départ de l’UTMB le 1er septembre ? Difficile à dire. Surtout que les dernières nouvelles ne sont guère réjouissantes : dans un post Strava, publié le 8 août, soit moins d’un mois avant le départ de la course reine, il affirmait encore être incapable de courir à plat, la douleur étant trop violente.
2. Vers un duel Jim Walmsley contre Kilian Jornet… ou Mathieu Blanchard ?
Certes on ne verra pas courir cette année Xavier Thévenard – trois fois vainqueur de l’UTMB. Certes, François D’Haene – quatre victoires à son actif à Chamonix ! – ne sera pas là non plus, mais deux autres légendes du trail pourraient bien s’affronter le 1e septembre sur l’UTMB 100 et non des moindres. Jim Walmsley, qui en s’installant et en s’entraînant en France il y a plus d’un an mois, compte bien cette fois remporter une course qu’aucun Américain n’a gagné à ce jour. C’est sa 5e tentative, et malgré son palmarès éblouissant, il aura fort à faire face à Kilian Jornet – quatre victoires sur cette épreuve – si son état de santé le permet. L’Américain est très affuté, il a remporté l’Istria 100 en avril dernier, et on attend avec impatience ce samedi 12 août de voir s’il va profiter de l’absence du « boss » pour s’imposer sur Sierre Zinal. Et s’il y a un autre coureur qui va aussi retenir l’attention ce jour-là en Suisse, c’est Mathieu Blanchard. Le Français passé sous la barre des 20 heures à Chamonix en 2022, tout comme le Catalan, semble en passe de devenir le nouveau cauchemar de Jim. Car, si sa présence est confirmée, nul doute qu’il ne se contentera pas cette fois d’une 2e place, aussi prestigieuses soit-elle.
3. Le retour de Pau Capell pour une deuxième victoire ?
Depuis son opération du genou pendant la pandémie, Pau Capell, champion de l’UTMB 2019, a du mal à rivaliser à nouveau avec les meilleurs traileurs du monde. En témoigne sa dernière performance sur l'épreuve reine l’année dernière. Victime de déshydratation, il avait dû stopper brutalement sa course. Un crève-cœur pour ce grand pro qui s’était donné pour objectif de monter à nouveau sur le podium et surtout de faire tomber la barre des 20 heures. L'Espagnol est certes dans le top 10 encore cette année, mais il ne semble pas être au mieux de sa forme cette saison : forfait à la Maxi-Race en mai dernier, il n’était que 5e lors de la Transgrancanaria Classic 128k, loin son compatriote Andreu Simon.
4. L’arrivée d’un outsider sur le podium de l’UTMB ?
Ce qu’il y a de beau dans le trail et tout particulièrement dans l’ultra c’est que rien n’est écrit, tout est possible, tant l’épreuve est longue, exigeante et pleine d’aléas. Qui aurait parié en 2022 sur le duel, et les records, de Kilian Jornet et Mathieu Blanchard ? Qui encore aurait imaginé voir arriver en 6e position un Benat Marmissolle, coureur peu connu des non initiés malgré son impressionnant palmares en sky running ? Dans la foulée, cette année-là, le Basque remportait la Diagonale des fous et en juillet dernier s’mposait à la 2e place à la Hardrock. La course américaine était son premier objectif de la saison. Sachant que l’UTMB est son deuxième, nul doute qu’il va tout donner à Chamonix et, pourquoi pas monter pour la première fois sur le podium ?
5. Peut-on s’attendre à un nouveau record sur l’UTMB ?
Idéalement les Poletti auraient pu rêver de faire tomber cette année la barre symbolique des 20 heures sur l’UTMB 100, histoire de célébrer comme il faut le 20e anniversaire de l’événement, mais, pas de chance, Kilian Jornet et Mathieu Blanchard les ont grillés l’année dernière en franchissant la ligne d’arrivée en respectivement en 19:49:30 et 19:54:50. Il faudra donc trouver autre chose pour faire exploser les chiffres d’une audience vertigineuse cette année-là : 2,9 millions de téléspectateurs sur la chaine L’Équipe lors de la diffusion de la course UTMB. Difficile d'avancer des chiffres, mais rappelons que si le record de l’UTMB est tombé l’année dernière, sur d’autres courses de l’événement certains temps commencent à dater et ne demandent qu’à être challenger. A moins que le record, et le buzz, arrivent ( enfin !) du côté des femmes, toujours plus nombreuses à Chamonix, et surtout toujours plus rapides. Avec bien sûr l’incroyable Courtney.
6. Courtney Dauwalter : vers un triplé historique ? Une victoire ou un podium au scratch ? Un record ?
Après ses triomphes en 2019 (24:34:26) et 2021 (22:30:55, record de l’épreuve), l’Américaine sera donc en quête d’une troisième victoire sur le « sommet mondial du trail ». Difficile toutefois de prédire son état de forme puisque Courtney a enchaîné (avec brio) les ultras cette saison. Début juillet, trois semaines seulement après avoir remporté brillamment la Western States (160 km, 5514 D+), Courtney Dauwalter gagnait la Hardrock, ultra de 100 miles (160 km) et 10 000 m de dénivelé positif, organisé dans le Colorado. Au passage elle améliorait encore le record féminin, qu’elle détenait déjà, se classait 4e au scratch, et frôlait de très près le podium, laissant loin derrière des athlètes masculins pourtant donnés pour favoris.
Pourra-t-elle « faire mieux que les boys » sur l’UTMB cette année (ce qui est loin d’être sa préoccupation principale, mais quand-même) ? Et au passage signer l’historique triplé Western States/Hardrock/UTMB, encore jamais réalisé, ni par une femme ni par un homme ? « Je n’ai aucune idée de comment ça va se passer, ni de comment mon corps et mon mental vont réagir lors de cette nouvelle course de 100 miles cet été. Ce qui rend la chose encore plus intéressante à essayer ! » a expliqué la reine de l’ultra-trail ce vendredi sur son compte Instagram.
7. Va-t-on enfin voir les athlètes chinois créer la surprise sur la TDS et la CCC ?
Depuis quelques années déjà, la question revient. Ils sont encore peu connus du public en Europe, mais les athlètes chinois talentueux sont chaque année plus nombreux à courir en Europe, et si aucun à ce jour n’a réussi à s’imposer tout en haut du podium à Chamonix, nul doute que ces coureurs très agressifs feront tout pour décrocher le Graal. On pense notamment à Jiaju ZHAO sur l’UTMB, mais c’est sans doute sur d’autres courses que les Chinois pourraient briller cette année. Sur laTDS, où on suivra de près Canhua Luo, actuellement numéro 1 selon le classement de l’UTMB Index. Sans parler bien sûr de la CCC : l’Anglais Jonathan Albon y est donné pour favori mais il n’a échappé à personne que dans le top 10 de cette course on compte pas moins de trois Chinois, Jiasheng Shen, Longfei Yan et Guomin Deng, tous bien déterminés à se faire un nom au sommet mondial du trail.
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