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Un pan du glacier de Planpincieux menace de s’effondrer sur le Val Ferret

  • 10 juillet 2024
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Le glacier de Planpincieux n’en n'est pas à son coup d’essai. Étroitement surveillé par les scientifiques depuis 2013, ce géant de glace, perché à 2700 mètres d’altitude au-dessus du village du même nom, est en perpétuel mouvement vers le bas. 220 000 mètres cubes de glace seraient actuellement susceptibles de tomber sur le Val Ferret italien. Une menace prise très au sérieux par les autorités locales, qui avaient fermé la zone à plusieurs reprises, en 2019 et 2020 après des épisodes similaires. Le plan de gestion des risques, mis au point dès les premières alertes par la commune de Courmayeur, a été aussitôt réactivé. 

La menace de l’extinction des glaciers, particulièrement ceux situés sous 3500 mètres d’altitude, n’a de secret pour personne. Et si la mort de ces géants se fait la plupart du temps sous la forme d’une lente agonie, à l’image de la Mer de Glace, certaines sont plus brutales, plus fracassantes que les autres. C’est notamment le cas sur le versant italien du massif du Mont-Blanc, au niveau des pentes des Grandes Jorasses, où trône le glacier de Planpincieux.

Les habitants du val Ferret passent leurs étés avec les yeux rivés sur ces milliers de mètres cubes de glace en perpétuel mouvement au-dessus de leur tête. Car voilà plus de dix ans que les scientifiques scrutent le glacier de Planpincieux. Il fait désormais l'objet d'une « surveillance spéciale ». Une mesure prise par des géologues à la suite de deux années alarmantes. En 2019, 2020 et 2021, une partie de sa masse glaciaire en mouvement menaçait en effet de s'écrouler sur la petite vallée frontalière. 

Et si jusqu’à présent l’avancée du glacier n’avait rien d’inquiétant, Planpincieux risque à nouveau de défrayer la chronique. « Depuis quelques semaines, notre surveillance radar nous a plusieurs fois signalé des vitesses de déplacement du glacier proches des valeurs maximales » ont expliqué des géologues italiens à nos confrères de France 3. « Le premier dépassement est survenu le 2 juillet : c'est ce qui nous a obligés à mettre le glacier en alerte rouge ».

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Le risque d’une avalanche de glace 

Le glacier de Planpincieux est qualifié de « tempéré », c’est-à-dire qu’il est déjà en cours de fonte. Et contrairement aux glaciers polaires encore gelés jusqu’à leur couche rocheuse, il peut donc glisser plus rapidement en raison de la couche d’eau liquide sur laquelle il repose. Cette dernière venant exercer de fortes pressions hydrauliques qui vont le soulever par le bas.

Sauf qu’auparavant, le glacier de Planpincieux, plus épais et moins fracturé, était dans une position plus stable sur la roche. Ce qui, en raison de la hausse des températures causée par le changement climatique, n’est plus le cas. Il ne « s'est déplacé que sur une surface lisse le rendant plus instable », a récemment expliqué Paolo Ferret, un expert en glaciers basé à Courmayeur.

La pente particulièrement raide sur laquelle il se situe le glacier, comprise entre 30 et 40° et jalonnée de grandes crevasses, fait que ce géant est sous surveillance permanente depuis 2013. Des séracs, énormes blocs de glace, se détachent régulièrement de l’ensemble, menaçant de déferler sur Courmayeur et la vallée d’Aoste sous la forme d’une avalanche de glace, globalement plus dangereuse qu’une avalanche de neige en raison des volumes mobilisés. « Si les 500 000 mètres cubes de glace viennent effectivement à se déstabiliser, l’avalanche sera considérable et exercera des pressions encore plus colossales. C’est potentiellement des avalanches plus destructrices que les avalanches de neige », alerte Ludovic Ravanel, géomorphologue et chercheur associé au laboratoire Edytem (Université de Savoie / CNRS).

Des mouvements allant jusqu'à 1,5 mètre par jour

Depuis 2013, le glacier de Planpincieux se déplace, en période estivale, d’entre 30 et 50 centimètres par jour. Trois accélérations ont alarmé les experts depuis. La première s’est produite en septembre 2019. Les experts avaient alors averti qu'environ 250 000 mètres cubes de glace glissaient significativement trop vite, et menaçaient de rompre avec la zone principale du glacier. De quoi conduire le syndicat de Courmayeur a ordonné la fermeture des routes du Val Ferret ainsi qu’une évacuation de la population dans la zone à risque sous le glacier. Avant que l'arrivée d'un temps d'automne plus frais n’atténue le danger immédiat.

Un scenario qui s’est répété au cours de l’été 2020 où une partie du val Ferret a été de nouveau évacuée, 70 personnes étant concernées. Et cette fois-là, c’était environ 500 000 mètres cubes de glace qui risquaient de s'effondrer dans la vallée. Idem en 2021, l’année la plus alarmante jamais recensée sur ce géant. Des mouvements allant jusqu'à 1,5 mètre par jour avaient été observés, faisant réévaluer le volume de glace en déplacement à 800 000 mètres cubes par jour. 

« De fortes précipitations à répétition peuvent constituer un facteur déclencheur »

La situation semble être toutefois moins alarmante cette année. Puisque ce n'est pas sur l'ensemble de son volume qu’un excès de vitesse a été mesuré sur le glacier de Planpincieux. Mais sur une petite partie qui représente, tout de même, près de 220 000 mètres cubes de glacier. « C'est la moitié du morceau de glacier qui menaçait de tomber en 2020 », relativise Fabrizio Troilo, coordinateur de la section recherche de la fondation italienne. Et si cette fois-ci, le secteur ne fait « qu'à peine » trois fois le volume de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, le plan de gestion des risques, mis au point dès les premières alertes en 2019 par la commune de Courmayeur, a été aussitôt réactivé. Il implique la fermeture partielle de la route en amont de Planpincieux et du sentier piétonnier. Ainsi qu’un « couvre-feu » décrété pour les occupants des quatre habitations les plus à risque.

Cette nouvelle alerte est pour les experts la conséquence directe du changement climatique. Sauf qu’à la différence des années précédentes, il semblerait que ce soient les mauvaises conditions météo du mois de juin qui soient la cause du franchissement du seuil d'alerte. « Sur un glacier en mouvement à peu près stabilisé comme celui de Planpincieux, de fortes précipitations à répétition peuvent constituer un facteur déclencheur », précise Fabrizio Troilo. Resteque, fortes chaleurs ou non, le géant de glace est loin d’avoir fini sa longue descente vers le fond du Val Ferret. De quoi inquiéter les estivants de la petite vallée frontalière. 

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