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Anne-Lise Rousset Wildstrube 2023
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Ultra-trail : Anne-Lise Rousset revient sur son abandon à l’UTMB… et annonce la fin de sa carrière

  • 14 octobre 2024
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Anne-Lise Rousset est sur tous les fronts depuis des années. On se souvient notamment de sa mémorable année 2022 où la jeune maman, vétérinaire à plein temps, avait pulvérisé de plus de six heures le record féminin du GR20, seulement onze mois après son accouchement. Ou encore, en 2023, de sa deuxième place sur la Hardrock, l’un des 100 miles américains les plus réputés au monde. Des performances glanées à coup de passion, de persévérance mais surtout d’abnégation pour maintenir un fragile équilibre entre sport de haut-niveau, vie professionnelle et vie familiale. Equilibre qui a été rompu dans le cadre de sa préparation à l’UTMB 2024. L’ultra-traileuse dévoile, dans un épisode du podcast « Courir Mieux », l’envers du décor l’ayant conduit au burn-out. 

1er septembre 2024. Deux jours après son abandon sur l’UTMB, Anne-Lise publie une photo d’elle en larmes sur les réseaux sociaux. « Je n’ai pas vu l’Église de Chamonix de face. À la place, je suis arrivée au bout du chemin » explique-t-elle. « Dans cette nuit de l’UTMB, la tête n’a plus voulu commander le corps. À la place, une explosion de sentiments, d’émotions, de contradictions et d’ambivalences. Je ne vais rien vous cacher : un travail de vétérinaire à temps plein, une vie de maman et une préparation d’un ultra aussi médiatique que l’UTMB ont épuisé ma tête. Jongler avec autant de balles est un exercice périlleux. Une saison de sacrifices personnels pour essayer de bien faire et de ne décevoir personne, tout en culpabilisant de ne pas remplir mon rôle de maman à 100%. Gros ras-le-bol, burn-out… peu importe le terme, peu importe le mal. Il faut se reposer et repenser les priorités ». 

Son fragile équilibre venait d’être rompu. L’athlète était ensuite restée discrète, ne postant que quelques photos – de son fils en route pour la rentrée scolaire ou d’elle en train de travailler en tant que vétérinaire. Pas de course à pied. Pendant au moins dix jours, nous avait alors expliqué Adrien Séguret, son mari et son coach. Désireuse de tourner la page au plus vite, elle est restée discrète sur ce ras-le-bol. Jusqu’à la publication, début octobre, d’un épisode du podcast « Courir Mieux » dans lequel elle se livre sur l’une des périodes les plus difficiles de sa carrière d’ultra-traileuse.

https://www.youtube.com/watch?v=1oZ3edmLZYI

« Il y a eu overdose »

Anne-Lise affirme qu’elle était en forme avant l’UTMB. « Je me sentais bien. Même si en toute objectivité, sur la ligne de départ, j’ai cru que j’allais tomber dans les pommes. J’avais des fourmillements dans les jambes. Je commençais à avoir le picotement aux lèvres, le point noir aux yeux. Je n’avais qu’une envie : que ça parte. C’était très anxiogène. Mais physiquement, je pense que ça allait ». 

Mais très vite, à la première montée (le col du Bonhomme, aux alentours du 40e kilomètre), l’ultra-traileuse a commencé à souffrir. D’interminables heures s’en sont suivies. Jusqu’à l’abandon, peu après les Chapieux. « Cet été, je n’ai pas pris de vacances » raconte la traileuse. « J’ai fait énormément de volume parce qu’il fallait en faire. Mais je n’en avais jamais fait autant. J’étais sur le fil. Je le sentais. Y’a eu quelques chevilles tordues, des signes hormonaux, etc. D’ailleurs à la fin, on a un petit peu diminué le volume par rapport à ce qui était prévu. […] Mais il n’y a pas une séance qui a sauté. Je me suis donnée à fond sur les intensités, j’ai fait toutes les sorties. Tout ce qui a été programmé a été fait. Mais c’est vrai que je pense que l’on a beaucoup donné. Notamment d’un point de vue familial. Il y a eu overdose ». 

« Cet UTMB, je voulais le faire correctement » déplore Anne-Lise. « Il fallait le cocher, je voulais le cocher. Même si gagner l’UTMB, ce n’est absolument pas un Graal pour moi. Le parcours est magnifique. Parce que les montagnes sont belles autour. Mais en soi, l’ambiance, ce n’est pas quelque chose qui me fait vraiment rêver. Ce n’est pas ce que j’attends du trail, ce n’est pas comme ça que je perçois la discipline. Mais je voulais tout de même faire cette course de référence pour un ultra-traileur. Je voulais la faire comme il le faut ». 

« Avoir des objectifs aussi lourds que l’UTMB, ça ne me fait plus envie »

On ne reverra certainement pas l’ultra-traileuse sur l’UTMB. « C’est acté » explique Anne-Lise dans le podcast. « Mon contrat dure encore un an avec Scott. Je ne veux pas le renouveler. Il me reste donc une saison. Ça fait un moment qu’on le sait. […] Je n’ai pas l’intention d’aller plus loin en termes de compétition. Je continuerai de courir, parce que j’aime ça. Mais je n’ai plus envie d’avoir d’objectifs. Il y a plusieurs facteurs. L’âge d’abord. J’ai commencé en 2011, et j’ai 36 ans maintenant. Il y a eu un premier virage quand Adri [Adrien Séguret, son mari et son entraîneur, ndlr] a arrêté sa carrière d’athlète. Je me suis dit ‘ok, on fait tout ça pour moi. Mais est-ce que ça a un sens ? Je n’ai plus envie que l’on m’impose des vacances pour aller faire une course’ ». 

« Puis après, il y a eu la naissance de Faustin » poursuit la traileuse. « On se demande souvent si l’arrivée d’un enfant nous pénalise sur le plan physique. On se dit ‘Est-ce que je vais retrouver mon niveau ?’. J’ai aujourd’hui envie de dire, oui. Physiquement du moins. Parce que globalement, s’il n’y a pas de complications, on reprend super bien. Super fort. Et même encore mieux qu’avant. Mais on ne pense pas forcément à l’après-psychologique. Toutes les mamans ne sont peut-être pas toutes pareilles… Mais moi clairement, je culpabilise beaucoup que ma pratique sportive empiète sur ma vie de maman. J’ai beaucoup de mal à me dire ‘tu vas t’entraîner et ce moment-là, tu ne le passes pas avec le petit’. Je ne le vis pas très bien. […] Avoir des objectifs aussi lourds que l’UTMB, ça ne me fait plus envie ». 

Au moment de l’enregistrement de cet épisode, mi-septembre, Anne-Lise ne savait toujours pas à quoi allait ressembler sa dernière saison en tant qu’ultra-traileuse professionnelle. « J’ai envie de reprendre un entraînement global » détaille-t-elle. « Mais j’avoue que je ne sais pas quoi faire. Je ne pense pas à un ultra. À un moment, j’avais envie de finir sur la Diagonale. […] Mais je ne sais pas. Peut-être faire plus de belles courses, sur du 80 kilomètres, grand max ». 

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