« Alpinistes de l’Everest empoisonnés », « guides véreux », « faux secours », « escroquerie à 20 millions de dollars »… depuis quelques jours, les médias s’emballent. Mais derrière ces gros titres, l’enquête rendue publique au Népal le 20 mars révèle un système ancien, parfaitement structuré. Et, contrairement à ce que suggère une partie de la presse internationale, le cœur de l’affaire ne se joue pas d’abord sur les pentes de l’Everest, mais dans l’industrie du trekking de masse, dans laquelle les agences, les compagnies d’hélicoptères et les hôpitaux privés sont soupçonnés d’avoir transformé l’évacuation médicale en véritable machine à cash. De quoi parle-t-on exactement ? Tout simplement d’un système de faux secours héliportés et de facturations frauduleuses dans l’Himalaya népalais. Le mécanisme décrit par la police népalaise repose sur plusieurs étages. Des touristes, surtout des trekkeurs, sont persuadés qu’ils doivent être évacués d’urgence ; ils sont transférés vers des hôpitaux privés ; puis des compagnies d’hélicoptères, des opérateurs de trekking et des établissements hospitaliers produisent ou exploitent des documents permettant de réclamer des remboursements élevés aux assurances. Dans certains cas, selon l’enquête, les symptômes étaient exagérés ; dans d’autres, ils auraient été provoqués ou aggravés. Des rumeurs connues depuis près de dix ans, dénoncées notamment par l’AFP en septembre 2018, mais qui sont désormais étayées par un rapport policier complet, rendu public le 20 mars dernier. Précisons, que le dossier ne porte pas d’abord sur une série d’affaires spectaculaires au sommet de l’Everest, mais avant tout sur un système économique de fraude dans le trekking et les évacuations sanitaires. Le camp de base de l’Everest Base Camp est certes concerné, mais aussi les Annapurnas, le Manaslu ou le Langtang. Que dit l’enquête officielle aujourd’hui ? Rien de nouveau donc au Népal ? Si, car l’affaire, peu suivie d’effets dans un premier temps (on le verra plus bas), a été relancée en 2025, et le Bureau central d’enquête de la police népalaise a annoncé de…
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