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Everest hélicoptère secours camp de base
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Explosion du nombre de secours sur l’Everest : afflux d’alpinistes… ou fraude ? 

  • 5 mars 2026
  • 3 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Sur l’Everest et dans l’Himalaya, les opérations de secours n’ont jamais été aussi nombreuses. Si l'augmentation du nombre d'expéditions explique en partie cette hausse, d’autres facteurs entrent en jeu : démocratisation de l'himalayisme et moindre préparation des alpinistes, évacuations parfois discutables, mais aussi scandales de fraudes aux assurances. De quoi brouiller la lecture des statistiques de sauvetage sur le toit du monde.

Ce n’est un secret pour personne : chaque année, l’Everest attire davantage d’alpinistes, et avec eux, les opérations de secours se multiplient. Paradoxalement, le nombre de décès diminue depuis plusieurs saisons, une évolution que certains attribuent justement à ce recours plus fréquent aux évacuations. Les données récentes en témoignent : la société américaine Global Rescue, l’un des principaux prestataires mondiaux de services de secours et d’assistance pour voyageurs et alpinistes, a ainsi enregistré une activité record lors de la saison de printemps 2025 : sur les 137 opérations menées cette année-là, 94 ont eu lieu dans l’Himalaya — dont 44 sur l’Everest.

L’engouement croissant pour la région explique en partie cette tendance, raconte Dan Richards, PDG de Global Rescue, interviewé dans Climbing par Alan Arnette, alpiniste et éminent spécialiste de la région. Mais selon lui, un autre facteur entre en jeu : l’essor d’expéditions à bas coût, qui permettent à un public plus large d’accéder à la haute montagne, parfois sans l’expérience nécessaire. « Depuis une dizaine d’années, nous voyons de plus en plus de personnes se retrouver dans des environnements pour lesquels elles ne sont pas totalement préparées », explique Richards. Une démocratisation de l’accès aux sommets qui, mécaniquement, se traduit aussi par davantage d’appels aux secours.

Tous les secours sont-ils vraiment nécessaires ?

Pour certains spécialistes de la médecine de haute altitude, l’augmentation des évacuations ne signifie pourtant pas forcément que les alpinistes sont plus imprudents ou plus mal préparés. Le médecin américain Peter Hackett, lui-même alpiniste et fort de plusieurs décennies d’expérience dans l’Himalaya, estime que le véritable indicateur n’est pas le nombre total de secours, mais leur nécessité médicale. Selon lui, la proportion de cas réellement graves aurait en réalité diminué. Une meilleure préparation des alpinistes, une meilleure diffusion des connaissances sur le mal d’altitude et l’usage généralisé d’oxygène supplémentaire ont contribué à améliorer la sécurité. Il estime qu’à peine un tiers des « urgences médicales » évacuées vers Kathmandu correspondent finalement à des situations réellement graves.

Mais la pertinence des évacuations reste difficile à évaluer, tant les nombreux symptômes liés à l’altitude disparaissent rapidement dès que les patients redescendent. Selon un médecin basé dans la capitale népalaise, lui aussi interrogé par Climbing, certains hélicoptères interviennent pour aller chercher des alpinistes simplement épuisés par la descente. « Certains savent très bien quels symptômes mentionner pour que l’assurance autorise l’évacuation », explique-t-il. « Et en médecine, le patient n’a jamais tort : S’il affirme avoir des douleurs thoraciques ou d’autres signes inquiétants, on ne peut pas l’ignorer. »

Plusieurs témoignages évoquent également des évacuations utilisées davantage comme un service de taxi que comme un véritable moyen de secours. Certains alpinistes auraient ainsi fait appel à leur assurance pour être transportés en hélicoptère du camp 2 vers Lukla ou Katmandou malgré des symptômes légers, voir inexistants. 

Le scandale des fausses évacuations

Hormis les sauvetages discutables, la fraude pourrait, elle aussi, avoir faussé les statistiques de secours sur l’Everest. En février, The Kathmandu Post révélait qu’à l’issue d’une enquête de deux ans et demi, la police népalaise avait arrêté neuf personnes soupçonnées d’avoir participé à un vaste réseau de fausses évacuations par hélicoptère. Selon les enquêteurs, les opérations impliquait des guides de trekking, des agences touristiques, des compagnies d’hélicoptères et certains établissements médicaux, qui facturaient ensuite les vols aux compagnies d’assurance internationales. Le système était bien rodé : des randonneurs souffrant de légers symptômes liés à l’altitude étaient encouragés — voire poussés — à accepter une évacuation par hélicoptère. Selon l’AFP, certains porteurs recevaient jusqu’à 500 dollars de commission pour convaincre un touriste d’accepter un rapatriement aérien — une somme considérable dans un pays où un Sherpa gagne en moyenne une vingtaine de dollars par jour. Une fois à Kathmandu, les alpinistes étaient parfois hospitalisés quelques jours supplémentaires. L’enquête évoque au total 317 évacuations frauduleuses sur 2 320 opérations recensées, pour un montant proche de 20 millions de dollars de remboursements d’assurance.

Face à ces dérives, les autorités népalaises reconnaissent que l’usage abusif des hélicoptères est devenu un sujet de préoccupation. Le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Aviation civile travaille désormais avec les assureurs afin de mieux encadrer les évacuations avant l’ouverture de la saison d’ascension 2026. En parallèle, son objectif est de mettre en place un protocole de triage plus clair au niveau des cliniques installées au camp de base de l’Everest et du Lhotse afin d’y assurer des soins médicaux de première intention. Là, les soignants pourraient opter pour une évacuation immédiate pour les véritables urgences. Un traitement au camp de base ou à l’hôpital Pasang Lhamu Nicole Niquille de Lukla (la ville la plus proche du camp de base côté népalais) pour les cas gérables sur place. Ou un transfert vers Katmandou, uniquement lorsque cela est cliniquement nécessaire. De quoi refroidir plus d'un fraudeur, on l'espère.

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