Si les blessures sont monnaie courante en trail, elles restent fort heureusement sans grande gravité le plus souvent : douleurs aux genoux, tendinites, entorses, égratignures… Sauf dans certains cas. Dernier en date : le décès d'une traileuse de 60 ans sur la Hardrock 2025. Une récente étude menée par des chercheurs français, portugais et sud-africains a passé en revue les accidents les plus graves — souvent mortels — survenus ces quinze dernières années. Résultat : 127 cas recensés, dont 104 décès. Le point sur les principales causes et les leçons à en tirer.
L’étude parue récemment dans la revue Wilderness & Environmental Medicine, s’est penchée sur les cas d'accidents les plus graves pour identifier les principaux risques liés à la pratique du trail, et aider les coureurs comme les organisateurs à mieux les anticiper. Les données sont présentées dans le graphique ci-dessous, qui classe les accidents mortels selon leurs causes les plus fréquentes :

Le froid, première cause de mortalité
C’est la météo qui tue le plus. Sans surprise, le froid et l’hypothermie arrivent en tête. En montagne, les conditions changent vite, et il est tentant de partir léger, surtout quand le soleil brille au départ. Mais que se passe-t-il si vous vous blessez, vous vous perdez ou si une tempête éclate ? En sueur, fatigué, mal équipé… il ne faut pas grand-chose pour que l’organisme bascule. L’hypothermie peut survenir même par températures positives, un phénomène parfois qualifié d’« hypothermie du randonneur ».
La solution est simple, mais trop souvent négligée : emportez toujours des vêtements chauds, même pour un entraînement court. De nombreuses courses imposent un équipement minimum, et ce n’est pas pour rien. Selon l’étude, 64 % des décès sont survenus pendant une course officielle, les autres pendant des sorties d’entraînement. Mais dans les deux cas, les risques sont bien réels.
Les chutes, deuxième cause recensée
Autre cause fréquente : les traumatismes liés aux chutes. Rien d’étonnant là non plus, tant certains sentiers peuvent être techniques ou exposés. Que dire ici, sinon « soyez prudent » ? Un conseil un peu creux, sans doute. Car c’est justement la difficulté du terrain qui attire de nombreux traileurs. Il s’agit donc de trouver un équilibre entre prise de risque et vigilance.
Les arrêts cardiaques
En troisième position : les arrêts cardiaques. Moins spécifiques au trail, ils sont liés à l’effort intense, et dans la plupart des cas, à une pathologie cardiaque sous-jacente. L’étude recommande un dépistage préventif pour les personnes à risque. Un sujet encore débattu dans le monde médical, mais si vous avez un doute, mieux vaut consulter un cardiologue avant de vous lancer dans une course en altitude.
Les autres risques, plus rares
Meurtres, accidents de la route, attaques d’animaux, foudre ou noyades… ces causes restent anecdotiques mais existent. On les retrouve davantage en milieu sauvage qu’en zone urbaine. Quelques rappels utiles : s’il y a des ours là où vous courez, partez équipé d’un spray et courez à plusieurs ; évitez les crêtes en cas d’orage ; et ne traversez pas une rivière si le courant est trop fort.
Un sport globalement sûr
Dresser cette liste de dangers ne veut pas dire que le trail est une activité dangereuse. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2013 et 2019, 1,7 million de personnes ont participé à des courses de trail, avec une croissance annuelle de 12 %. Ce sport reste extrêmement sûr, à condition de respecter quelques règles de base. Emportez donc toujours une veste, et surveillez où vous mettez les pieds.
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