S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Rémi Tiberghien et son tour de France 2020 archives
  • Aventure
  • Randonnée

Tout quitter pour un défi de 7336 km : la traversée de la France à pied en solitaire

  • 6 janvier 2020
  • 4 minutes

Pierre Le Clainche Pierre Le Clainche Pierre Le Clainche est navigateur professionnel, ultra-trailer et reporter amoureux de la nature et des montagnes. Alpinisme, escalade, ski de randonnée ou paddle, aucun sport outdoor n’est étranger à ce grand voyageur.

Ce 1er janvier, jour des bonnes résolutions, a marqué pour Rémi Tiberghien le début d’une aventure qui devrait durer 431 jours, le temps de parcourir l’Hexagone par les sentiers balisés de grande randonnée. Seul et en itinérance, il compte sensibiliser l’opinion publique à la protection de l’environnement. 

Tout plaquer pour vivre une nouvelle vie… Beaucoup y songent, peu franchissent le pas par peur de rompre les liens avec le confort d’une société sédentaire. A 41 ans, Rémi Tiberghien, ancien chef de projet dans le digital, a aujourd’hui le cœur moins lourd, les pensées plus libres et toutes tournées vers son défi : marcher sur les 7336 kilomètres de sentier de « grande randonnée (GR) longeant le littoral et les frontières françaises. « En décembre 2017, j’ai décidé de quitter mon emploi pour vivre une nouvelle vie, celle d’un marcheur, d’abord par goût personnel mais aussi par engagement pour l’environnement », explique le Parisien. 

En décembre 2017, Le Parisien a tout abandonné pour se consacrer à la marche (Rémi Tiberghien)

« J’ai tout vendu ou donné à des amis »

Ce tour de France par les GR vise plusieurs objectifs, notamment promouvoir ces sentiers balisés que 8000 bénévoles s’évertuent à maintenir en état pour le bien commun. Membre de la Fédération Française de Randonnée (FFR), Rémi est l’un d’entre eux, il y est à la fois baliseur, formateur et animateur. Le quadra entend également sensibiliser à la richesse du territoire français en péril face à la pollution et au problème du réchauffement climatique en ciblant des problématiques dont il rendra compte sur son site.
« La dégradation de nos écosystèmes que j’ai pu constater au cours de mes autres expéditions m’a poussé à agir en faveur de la protection de l’environnement », appuie l’ancien habitant de Villeparisis qui a tout misé pour financer son projet long de 431 jours. « Voiture, maison, biens matériels, j’ai tout vendu ou donné à des amis pour ne conserver que ce dont j’ai vraiment besoin », raconte Rémi, bien plus libre mentalement après ce délestage. « Ma vie, c’est ça ! », clame-t-il, visiblement certain d’avoir trouvé sa voie.

Son défi, d’abord physique, l’est tout autant au niveau logistique : 431 jours pour boucler 7336 kilomètres nécessite une rigueur et une préparation de métronome. « Je sais où je serai chaque jour, reste à moi de bien me ravitailler et de trouver le bon endroit où planter ma tente », s’amuse Rémi, qui nous avoue que depuis son départ du 1er janvier 2020 sur les rives du Mont-Saint-Michel, l’engouement populaire l’a conduit plus de fois que prévu à être logé chez l’habitant. « C’est incroyable, je ne m’attendais pas à susciter un tel élan de solidarité et d’intérêt de la part du grand public mais tous les jours je marche accompagné de personnes qui ont entendu parler de mon défi », s’enthousiasme le marcheur qui compte pourtant déjà quelques belles expéditions, notamment un tour de l’Andalousie de quatre mois, mais aussi un trek dans le Désert blanc, au nord est du Sahara, le chemin de Compostelle et le tour du Mont-Blanc.

Le parcours de Rémi Tiberghien : 431 jours pour boucler 7336 kilomètres (Rémi Tiberghien)

60 actions pro environnement prévues

Aidé par ses compagnons de route du moment et par la FFR, Rémi Tiberghien peut également compter sur le soutien de Cap France, une agence de village vacances qui le logera sur 21 étapes. Pour boucler son défi itinérant de 431 jours de marche à raison de 6 à 7 heures par jour, l’ancien chef de projet dans le numérique reposera ses articulations un jour par semaine et un de plus chaque mois. Sa nouvelle vie, qui l’a déjà changé mentalement lorsqu’il a décidé de démissionner en décembre 2017, le pousse à promouvoir des modes de consommation alternatifs et un mode de vie plus responsable. Son défi sera aussi l’occasion de mettre en lumière des associations et des entreprises œuvrant pour le bien de la planète. Une soixantaine d’actions et de rencontres figurent sur son road-book. Une liste qui ne demande qu’à s’étoffer au fil des jours. 

Bien qu’investi totalement dans la lutte pour la préservation de l’environnement, Rémi Tiberghienn’entend pas se politiser, par peur de perdre sa liberté d’expression et d’action mais aussi par pure conviction. « Aujourd’hui il ne devrait même pas exister de parti politique estampillé « écolo », ils devraient tous l’être ! Au même titre qu’à mon sens on nait avec des notions d’échanges et de partages à résonnance socialiste », s’indigne-t-il, ajoutant préférer les nouveaux courants apolitiques tel qu’ « Extinction rébellion » ou le mouvement incarné par la Suédoise Greta Thunberg. « On devrait tous se sentir concerné par le réchauffement climatique et la pollution de la planète en tant qu’habitant responsable de cette terre. Malheureusement, c’est encore loin d’être le cas, et même si les plus avertis d’entre nous veillent à ne pas laisser la lumière allumée ou à privilégier une douche à un bain, j’ai le sentiment que nos petits actes isolés sont insignifiants face aux gâchis astronomiques des sociétés et des grands groupes industriels », peste le marcheur, premier volontaire pour engager des changements de consommation. « C’est à nous de décider de notre futur. Ce n’est pas aux industriels de nous dicter nos besoins mais bien l’inverse. Si demain plus personne en France n’achète de pâte à tartiner à l’huile de palme, ils n’en vendront plus ! », prédit Rémi, remonté contre ce mode de consommation capitaliste indexé sur l’offre et la demande. 

Muni seulement d’un sac à dos d’une vingtaine de kilos, Rémi Tiberghien parcourt la France et nous fait partager ses rencontres via son site internet Ecotrek 2020 (https://ecotrek2020.com/). Equipé d’un ordinateur, d’une caméra et d’un drône, c’est lui qui assure sa communication, en écrivant le détail de ses journées et en montant ses vidéos lorsque son jour de repos se présente.
Depuis son départ, Rémi, a ainsi mis en lumière dans la baie du Mont-Saint-Michel, «Les Herbus », une des plus grandes zones de marais d'Europe qui renferme plusieurs espèces très rares. Et ce samedi 4 janvier, sa pause à l’usine marémotrice de la Rance, s’est focalisée sur une infrastructure à émission de CO2 nul, où un nouvel équilibre écologique s’est créé, offrant un habitat aux bars, seiches, homards et phoques.  Plus tard, dans son périple dans le Jura et les Vosges il s’intéressera à l’extinction de certaines essences d’arbres sur des secteurs de zones incendiées. Autant d’approches ciblées, présentées à terme sur son site qu’il espère voir relayées par la presse locale, appuyant ainsi les efforts des associations et ONG œuvrant sur place.
Le début d’une nouvelle et longue vie militante ? « Si je meurs demain, ce sera sans regret, tout comme si j’échoue dans ce défi », assure l’aventurier 2.0.                     


Pour tout savoir sur l'équipement choisi par Remi Tiberghien avant de se lancer dans son périple, c'est ici.
Tente, repas, topoguides, tout y est détaillé!


Article mis à jour le 6 janvier, 18h15.

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

Bivouac dans les Écrins
Marina Abello Buyle

Fin du bivouac libre dans les Écrins ? Le point sur la nouvelle réglementation du Parc National

Ceux d'en haut
La rédaction

Film « Ceux d’en haut » ou le regard sans illusions de gardiens de refuges

King Charles III England Coast Path
La rédaction

Le plus long sentier côtier du monde inauguré en Angleterre

Nonza vue aerienne
La rédaction

Un « mini-GR20 » sur le Cap Corse devrait voir le jour d’ici 2027

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications