S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Western States 22
  • Aventure
  • Trail Running

Thibaut Baronian : « Pacer apporte une dimension humaine, c’est dommage qu’il n’y en ait pas plus sur les ultras » 

  • 26 juin 2025
  • 4 minutes

Maxime Dewilder Maxime Dewilder Journaliste pour Outside, Maxime aime autant courir en montagne que raconter les aventures de celles et ceux qui font l’actualité outdoor.

Le départ, le 28 juin 2025, de la mythique Western States 100 approche à grand pas. Et qui dit ultra-trail sur le sol américain dit autorisation des « pacers ». Ces derniers, coureurs à part entière, n’ont qu’une mission : se dévouer totalement à l’athlète qu’ils épaulent… sans être trop intrusifs. L’ultra-traileur Thibaut Baronian, champion de France de trail en 2023, deuxième sur les 90 kilomètres du Marathon du Mont-Blanc en 2024, entre autres, a accompagné Mathieu Blanchard sur la Western States 2023. Il raconte son expérience, à quelques jours du lancement de l’édition 2025.

Tu as pacé Mathieu Blanchard sur la Western States 2023, qu’en retiens-tu ?

C’est avant tout un moment de partage entre amis. C’était une très belle expérience et vraiment super de suivre la course de Mathieu de l’intérieur et de le soutenir. Et puis ça dépasse le cadre de la course. Nous parlons encore de ce voyage aux États-Unis, de nos souvenirs avec les autres membres de l’équipe, Courtney Dauwalter, Marianne Hogan... C’est avant tout une aventure humaine.

Concrètement, comment ça se passe ?

J’ai d’abord été ravitailleur sur le début de la course, puis pacer sur les 65 derniers kilomètres. Dès que j’entre dans la danse, je dois m’adapter aux sensations et aux émotions de Mathieu. Il faut bien connaître la personne pour ne pas être trop intrusif, mais savoir relancer au bon moment. Parfois, il n’avait pas envie de parler ce qui est normal après 8 ou 10 heures de course, tu dois l’accepter, le respecter. Dans ces moments-là, je me mettais plutôt devant, sans être trop loin, pour ouvrir la route, tracer la trajectoire et faire fuir les serpents, une particularité sur la Western States ! Je connais suffisamment Mathieu, l’ultra-trail et l’effort long pour savoir ce qu’il ressentait, ce qu’il voulait et ne voulait pas. Il faut sentir les choses, attendre les signaux du coureur, être à l’écoute. Être pacer, c’est une question de feeling.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Thibaut Baronian (@thibaut_baronian)

Tu parles d’adaptation à l’autre, comment t’es-tu adapté à Mathieu ?

Ce jour-là, Mathieu n’était pas dans un grand jour. Il fait une belle course quand même – il est arrivé 7ème – mais il voulait faire mieux. Moi, je le pace après 100 kilomètres de course, on sait tous les deux qu’il ne va pas gagner, donc ça ne sert à rien que je lui crie dessus en disant qu’il va remonter tout le monde ! J’ai essayé de l’épauler au mieux pour finir la course en beauté et je pense que ça a dû compter pour lui que je le soutienne sur la fin, qu’on soit tous les deux. C’est bien, dans les moments difficiles, d’avoir quelqu’un qui relance pour maintenir l’allure, qui essaye de rendre la course moins pénible et de te sortir de tes émotions négatives.

Est-ce que tu t’es préparé spécialement pour pacer Mathieu sur la Western State 100 ?

La préparation se fait le jour J ! Il faut être pleinement là, bien suivre la course pour savoir ce qui se passe devant et derrière le coureur. Mathieu ne pouvait récolter les informations qu’aux ravitaillements, donc tu fais aussi une mise à jour quand tu entres sur le terrain. Il faut aussi bien connaître la portion sur laquelle tu cours, bien sûr, avec des reconnaissances. Après, sur le plan physique, je n’ai pas fait de préparation spéciale. Je savais que j’étais en bonne forme et tant mieux car sur la Western tu ne fais que courir, tu ne marches pas ! Il fallait quand même maintenir une bonne allure sur 65 kilomètres, mais en commençant le pacing après 100 kilomètres de course pour Mathieu, il n’y avait pas non plus un gros enjeu de vitesse.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Mathieu Blanchard (@mathieu__blanchard)

Tu parlais de Courtney Dauwalter plus tôt, vous avez partagé un bout de sentier tous les trois pendant cette course n’est-ce pas ?

Le passage avec Courtney était incroyable ! Je savais qu’elle était derrière nous et qu’elle revenait fort, j’avais prévenu Mathieu. On ne savait pas quand elle ferait la jonction mais à un moment, on entend des encouragements qui viennent de derrière. Elle nous a rattrapé puis doublé en montée en courant alors que nous marchions. Elle était impressionnante, vraiment sur une autre planète. On a couru ensemble 15 ou 20 kilomètres et là, mon rôle, c’était de faire le tampon entre elle et Mathieu. Je me suis mis entre eux deux pour faire en sorte que Mathieu suive son rythme sans que l’écart ne lui paraisse trop grand en termes de distance mais au bout d’un moment, elle s’est juste envolée. D’ailleurs elle n’avait pas de pacer ce jour-là et si elle en avait eu un, il aurait dû s’accrocher !

Tu soulèves un point intéressant, certains font appel à des pacers, d’autres non, pourquoi ?

C’est vraiment personnel, tu fais le choix d’être accompagné ou non et sur ce genre d’effort long, les émotions sont en plus décuplées. Dans les moments difficiles, il ne faut pas embêter le coureur. Il faut vraiment que le coureur soit en accord avec son pacer, que ce soit une personne qu’il a envie d’avoir près de lui pendant des heures. Certaines personnes n’ont juste pas cette envie, ce qui se comprend aussi.

Les pacers sont autorisés aux États-Unis mais nous n’en voyons pas en Europe, pourquoi ?

Selon moi, c’est une question d’organisation logistique. Quand tu es pacer, tu es considéré comme un coureur à part entière. Le pacer fait partie de la course. Aux États-Unis, les courses sont plus « petites » en termes de participants. Sur la Western States, il y a environ 300 participants donc potentiellement, si tous ont recours à un pacer, il y a 300 coureurs en plus à gérer sur les sentiers et les ravitaillements. Sur un UTMB, t’as 2 300 coureurs en 2024 par exemple donc potentiellement 4 600 personnes qui courraient si les pacers étaient autorisés ! La logistique des organisateurs n’est pas la même ! En termes de sécurité de l’événement, ça joue aussi bien sûr.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Thibaut Baronian (@thibaut_baronian)

Que penses-tu des pacers personnellement ?

Moi je trouve ça cool ! Tu partages un bout de course et un bout de ton projet avec un ami ou un proche. Je trouve que ça rajoute une dimension humaine à la course et c’est dommage qu’il n’y en ait pas plus sur les ultras.

En tant que participant à une course, as-tu déjà eu recours à des pacers ?

Sur des courses officielles, non. Sur des projets personnels, oui. C’est l’occasion pour moi de remercier ceux qui me soutiennent et me suivent, les gars avec qui je m’entraine régulièrement.

As-tu déjà des prochains projets de pacing ?

Mathieu m’a appelé il n’y a pas longtemps pour que je le pace sur la Hardrock 100, début juillet, mais malheureusement je me remets à peine d’une blessure au pied et je ne pourrai pas y aller. J’espère courir la Hardrock l’année prochaine… mais en tant que participant !

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

Le Tampon Réunion
Sylvie Sanabria

D’Haene, Perrier, Raichon… l’Ultra-Terrestre s’annonce très pimenté

Rachel Entrekin Cocodona 250
Marina Abello Buyle

Rachel Entrekin, la « CocoQueen » qui domine le Cocodona 250 devant les hommes

Live Cocodona 250 2026
La rédaction

Live : suivez en direct l’édition 2026 du Cocodona 250 avec Courtney Dauwalter

The CutOff
La rédaction

« The Cutoff », un film hommage aux traileurs qui courent contre la barrière horaire

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications