Il est quasiment impossible de savoir à quoi ressemble cette course. Si ce n’est via un compte Instagram peu alimenté et quelques articles web qui lui sont dédiés. « The Speed Project », c’est le projet hors-sentiers, hors normes et presque hors-la-loi dans lequel sont engagés sept coureurs en solo, dont le Français Alexandre Boucheix, aka Casquette Verte, ce matin, lundi 20 novembre, à 4 heures du matin. L’idée ? Parcourir près de 500 kilomètres à travers le désert d’Atacama, l’une des régions les plus arides sur Terre, au Chili. Le tout sans ravitaillement, sans dossard et sans que les organisateurs, à l’identité inconnue, n’en aient obtenu l’obtenu l’autorisation des autorités.
C’est une course intimiste, presque secrète. « The Speed Project » n’a pas de site internet, sa présence sur les réseaux sociaux est minimaliste et les informations la concernant sont à chercher du côté de quelques sites anglais ou espagnols. Rien de bien surprenant pour cette épreuve internationale née clandestinement aux États-Unis il y a une dizaine d'années.
« L’an dernier, il a eu lieu aux USA en version ‘courte’ et par équipe [de Los Angeles à Las Vegas, soit 548 kilomètres à travers Hollywood, le canyon de Soledad, en passant par le légendaire cimetière d’avions du désert de Mojave et la ville de Barstow dans l’Inland Empire, sans oublier la ville isolée de Baker et le parc national de la Vallée de la Mort, puis l’Old Spanish Trail et enfin la route 160 jusqu’à Las Vegas, ndlr] » explique Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, qui a fini dans le top 10 de la Diagonale des Fous (165 km ; 10 000 D+) en octobre. « Cette année, c’est au Chili en version totalement folle, plus longue et avec la possibilité de le faire en solo ». Le coureur parisien fait partie d’un des sept chanceux à avoir été sélectionné par les organisateurs à la suite d’un processus particulièrement rigoureux. L’objectif ? Parcourir 490 kilomètres à travers le désert d’Atacama au Chili.
En fouillant un peu, on se rend vite compte que « The Speed Project » n’est pas une épreuve comme les autres. « Le principe, assez simple : tu pars d’un point A [Iquique, au Nord du Chili, ndlr], et tu vas en courant à un point B [San Pedro de Atacama, ndlr]. Voilà » détaille le traileur. « Pas de règles supplémentaires… Pas de ravitaillement. Pas de supporters. Pas de trace GPX à suivre. Pas de dossard. Pas d’autorisation des autorités. Pas de gens à qui demander des conseils. En gros… TU TE DEMERDES mon grand ».
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’environnement dans lequel évoluent actuellement les coureurs est loin d’être accueillant. Ces derniers doivent traverser le désert d’Atacama, connu pour être l'une des régions les plus arides sur Terre. Certains secteurs pouvant totalement privés de précipitations pendant plus de 50 ans. Autre point non-négligeable : les températures peuvent passer en négatif la nuit… et dépasser les 40 degrés la journée.
« Grosso modo, ça part sur un 500/550 bornes si je me paume pas trop » résume Casquette Veste. « Au bord de la PanAméricaine (avec les mega-trucks) et à courir dans le désert. J’ai repéré des lignes droites de 90 kms […] Pas de ville, pas de village, pas de station essence, pas d’abris, pas d’eau, pas d’électricité, pas de confort, pas vraiment de sécurité, […] Pas de couverture réseau. […] Ça fait longtemps que je n’ai pas eu peur au départ d’une course / d’une aventure ».
Les sept participants solo ont de ce lundi 20 novembre, 4h du matin, à dimanche venir à bout de cet itinéraire. À noter qu’ils ont droit à une assistance (en pick-up).
Comment suivre la course ?
Via le compte Instagram officiel de la course, @thespeedproject. Mais aussi via celui de Charlotte Taquet, la copine de Casquette Verte en charge de son assistance.
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