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Pacific Crest Trail randonnée
  • Aventure
  • Randonnée

Refoulés à la douane, les randonneurs étrangers ne sont plus les bienvenus sur les sentiers américains

  • 17 juillet 2025
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Visa en règle, billet retour réservé, sac à dos prêt… et pourtant, de plus en plus de randonneurs internationaux se voient refoulés aux frontières américaines. Détenus, interrogés, ou interdits de territoire, certains n’ont jamais dépassé les contrôles douaniers de l’aéroport. Suspectés d’immigration déguisée, les thru-hikers cochent involontairement toutes les cases qui éveillent les soupçons : pas d’emploi, peu de bagages, des fonds parfois limités, et un séjour prolongé aux États-Unis sans itinéraire classique. À quelques semaines d’un départ pour le Pacific Crest Trail, l’Appalachian Trail ou l’Arizona Trail, faut-il renoncer à partir ?

Le rêve américain… stoppé à la douane

Depuis quelques mois, les témoignages s’accumulent sur les forums, blogs et réseaux sociaux. Des randonneurs internationaux racontent leur mésaventure : bloqués en salle d’interrogatoire, suspectés de vouloir immigrer illégalement, voire expulsés manu militari malgré des visas valides. La situation est suffisamment sérieuse pour inquiéter les associations d’immigration américaines, comme l’AILA (American Immigration Lawyers Association), dont certains membres rapportent une hausse des refus d’entrée pour les détenteurs de visa touristique (B-2), pourtant en règle.

Le problème ? Le profil du thru-hiker — ce randonneur qui parcourt un sentier de bout en bout sur plusieurs semaines ou mois — coche involontairement toutes les mauvaises cases aux yeux d’un agent peu informé : pas d’emploi, peu de bagages, des fonds parfois limités, et un séjour prolongé aux États-Unis sans itinéraire classique. « À première vue, cela peut ressembler à une tentative d’immigration déguisée », explique Amy Grenier, spécialiste en relations gouvernementales à l’AILA… et randonneuse chevronnée du John Muir Trail et de l’Appalachian Trail.

Trois randonneurs, trois destins

Au printemps dernier, trois étrangers se préparent à prendre le départ de l’Arizona Trail. Tous ont un visa en règle, un itinéraire défini, et un billet retour. L’un passe la douane sans problème. Les deux autres ne mettront jamais un pied sur le sentier.

La Canadienne Natasha devait rejoindre son compagnon américain à Phoenix. À l’aéroport de Calgary, les agents américains l’interrogent, doutent de ses intentions, refusent d’examiner ses preuves de domicile et de fonds… et la renvoient au Canada. Son visa est annulé sur-le-champ. Leur projet de randonnée, organisé de longue date, s’arrête net.

L’Allemande Annika Ananias, elle, n’en était pas à son coup d’essai : après le Pacific Crest Trail (2022) et le Continental Divide Trail (2024), elle revient pour marcher l’Arizona Trail. Mais à son arrivée à Miami, elle est retenue 22 heures, interrogée sans relâche, accusée de vouloir travailler illégalement. Elle fournit ses comptes bancaires, ses blogs, ses preuves de randonnée : tout est balayé. Résultat : expulsion immédiate et interdiction de territoire pour cinq ans.

Son tort ? Un possible dépassement de séjour après une blessure survenue lors d'un précédent passage sur le PCT — pourtant régularisé dans les délais, selon elle. Une décision automatique, brutale, qu’aucun recours n’a encore pu infléchir.

D’autres passent sans encombre

À l’inverse, Liam Cameron, Canadien lui aussi, passe sans accroc. En mars, il entre aux États-Unis via la ligne Nexus à Vancouver. Pas de billet retour, randonnée de plus de 30 jours… mais les agents ne posent qu’une seule question : « Vous partez faire de la randonnée ? » Et le laissent passer.

Sa compagne sud-africaine, plus inquiète, avait tout préparé : titres de propriété, attestation d’emploi, preuve de revenus… Personne ne les lui demande.

Même les citoyens américains hésitent

Jack « Quadzilla » Jones, Américain naturalisé, vétéran de l’armée et figure du thru-hiking, a vu son statut Global Entry (programme de passage rapide des frontières) révoqué sans explication. Soupçonnant une sanction liée à ses critiques du gouvernement sur les réseaux sociaux, il décide de quitter définitivement les États-Unis, direction l’Allemagne. « Je ne fais plus confiance à ma citoyenneté américaine », dit-il. Ses projets sur le PCT sont abandonnés. Il apprend l’allemand, avec en ligne de mire une nouvelle nationalité.

Randonner aux États-Unis : que risque-t-on vraiment ?

Les chiffres restent flous : les autorités américaines assurent que les refus d’entrée sont en baisse par rapport à l’an dernier, sans publier de données précises. Le secteur du tourisme, lui, accuse une baisse de 12 % des visiteurs internationaux en 2025 — une chute brutale en dehors de tout contexte pandémique. Et si les randonneurs internationaux représentent jusqu’à 30 % des effectifs sur le Pacific Crest Trail, l’impact ne se fait pas encore sentir.

Mais la peur, elle, s’installe. L’Australienne Natassia Pomroy, amoureuse du High Sierra, rêvait du PCT en 2026. Elle a tout annulé. « Au début, on pense que ce sont des cas isolés. Et puis on en entend d’autres. Et encore d’autres. Je ne peux pas soutenir ce qui est en train de se passer », écrit-elle.

Même son de cloche du côté de la Canadienne Jami Imai, enseignante en Colombie-Britannique. À l’approche de son départ pour le John Muir Trail, elle apprend qu’une compatriote a été emprisonnée deux semaines après une révocation de visa. « Je me suis dit : ce n’est peut-être pas si exceptionnel ».

Comment se préparer à passer la frontière

Face à l’incertitude, quelques précautions peuvent faire la différence, selon l’AILA :

Avant le départ :

  • Consulter un avocat spécialisé si vous avez déjà dépassé un visa ou été refusé.
  • Identifier un avocat près de l’aéroport d’arrivée, en cas de souci.
  • Prévoir une solution en cas de blessure ou d’allongement du séjour (extension de visa possible sur place).
  • Attention à la monétisation de contenus (blog, Instagram, YouTube) : cela peut être interprété comme du travail illégal.

À l’arrivée :

  • Imprimer votre itinéraire, permis (PCT, AT, JMT…), et une brève présentation du sentier.
  • Fournir une preuve de billet retour, une attestation d’employeur ou de bail, une assurance voyage, et tout document démontrant votre attachement à votre pays d’origine.

Car à l’heure actuelle, le vrai défi des thru-hikes américains n’est pas de franchir les cols enneigés, ni d’accumuler les kilomètres ou même de finir… mais bien de commencer.

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