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Alex Honnold The Nose
  • Aventure
  • Alpinisme & Escalade

Pourquoi Alex Honnold s’acharne-t-il sur « The Nose », dans El Cap ?

  • 10 décembre 2024
  • 4 minutes

La rédaction Outside.fr Jayme Moye

Il a peut-être grimpé 50 fois la voie la plus célèbre d’El Capitan (voire du monde ?), il y a même établi le record de vitesse avec Tommy Caldwell (1 heure, 58 minutes, 7 secondes) en 2018, mais jamais la star de Free Solo n’a escaladé « The Nose » en libre, une ascension de près de 1000 mètres en 8b+ dans le parc du Yosemite. Depuis Lynn Hill en 1993, seule une quinzaine de grimpeurs l’ont enchaînée dans ce style – qui consiste à progresser sur la paroi assuré, mais sans aide artificielle. En 5 questions, Alex Honnold revient pour nous sur ce projet qui le hante depuis un mois. 

« The Nose » a déjà été libérée plus d’une douzaine de fois, ce n’est donc pas une première. Qu’est-ce qui te pousse en enchaîner la voie en libre ?

Parce que c’est jouable. C’est une voie majeure et elle représente beaucoup pour moi. Elle occupe une place importante dans ma carrière de grimpeur. C'était ma première voie sur El Cap ; je l'ai escaladée en 2005 ou 2006. J'ai commencé à travailler sur le record de vitesse avec Hans Florine en 2012, puis à nouveau avec Tommy [Caldwell] quelques années plus tard. « The Nose » fait partie des grands enchaînements que j'ai réalisés, comme la « Triple Crown ».

Elle me sert de repère pour mesurer ma progression, d’abord en la grimpant une première fois sans prétention, puis je me suis attaqué au record de vitesse et maintenant, c’est au tour de l’enchaînement en libre. C’est une voie difficile.

Je reste aussi sur ma faim. J'avais fait quelques tentatives pour la libérer la même saison que Tommy et moi travaillions sur le record de vitesse. Ça me semblait logique de travailler sur le record et l’enchaînement en libre en même temps. Mais il s'avère que c’était impossible. Ce sont deux styles d'escalade très différents [établir un record de vitesse sur « The Nose » implique quelques passages en artif]. Je ne suis pas arrivé à gérer les deux en même temps. Je me suis donc concentré sur le record de vitesse. Et cette saison, mon objectif, c’est l’enchaînement en libre.

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Une publication partagée par Alex Honnold (@alexhonnold)

Tu as posté récemment sur Instagram des photos des personnes que tu croisais sur la voie. Y avait-il beaucoup de monde ? Comment as-tu géré le trafic ?

C’est vrai qu’il y avait beaucoup de monde cet automne. De manière générale, il y a de plus en plus de grimpeurs et le niveau monte. On retrouve donc plus de personnes dans les voies les plus dures. Et c’est plutôt bien !

Certains se plaignent de la surfréquentation des sites du Yosemite. C'est difficile pour moi de me positionner, car ça se passe toujours bien dans mes interactions avec les autres. La plupart du temps, les gens me demandent s’ils peuvent prendre un selfie. Ils sont tous très respectueux, on passe un bon moment. Mais est-ce que c’est le cas pour tout le monde ?

Pour que ça se passe bien, il faut une bonne communication, que ce soit pour doubler des cordées ou les passer en rappel. Il suffit de demander comment ils vont, qu’est-ce qu’ils ont prévu de faire et de voir ensemble comment chacun peut progresser sans gêner les autres.

Pour la plupart des grimpeurs, grimper « The Nose » est l’expérience d’une vie. Ils sont plutôt dans un bon esprit.

The Nose, El Captain, Yosemite
The Nose, El Captain, Yosemite. (Sender Films)

Comment as-tu travaillé la voie ?

Principalement en accédant aux différents passages par le haut, en rappel et souvent avec Brette Harrington. Elle travaillait également l’enchaînement en libre. On a grimpé ensemble une demi-douzaine de fois. On descend en rappel, en s'arrêtant pour travailler les longueurs les plus techniques au fur et à mesure que l'on descend.

Il y a deux longueurs difficiles : « Changing Corners » et « Great Roof ». Il y en a beaucoup d'autres, mais ces deux-là sont bien plus dures que les autres.

Dans « Changing Corners », je tente une variante qui n'a jamais été enchaînée. Quelques personnes s’y sont intéressées, mais sans s’être réellement engagées. Il y a quelques années, je l’ai faite en « moule », donc je sais que ça passe. Tommy m'a d’ailleurs fait beaucoup de reproches à ce sujet, car « Changing Corners » est le passage historique de Lynn Hill. Pareil pour Tommy Caldwell et Beth Rodden qui ont réalisé la deuxième et la troisième ascension en libre. 

Tout le monde a grandi en voyant ces images de « Changing Corners ». Alors Tommy m’a dit : « Qu'est-ce que tu fous à contourner ? C’est l’histoire du « Nose » que tu salis ! ». Mais après m’avoir vu enchaîné ma variante, il a admis que je ne salissais rien du tout. Ma variante est tout aussi belle, et tout aussi dure. Et le granit y est très tranchant aussi.

Depuis que tu tentes l’ascension en libre, vois-tu « The Nose » différemment ?

Non, au contraire. Je ressens toujours la même chose depuis ma première ascension, il y a vingt ans. Avec tout ce que j’y ai vécu, je me dis toujours au pied de la face : « Bon sang, c'est sacrément grand, ça a l'air tellement dur ». C'est toujours aussi impressionnant !

El Cap est toujours la plus belle paroi du monde, et « The Nose » toujours la voie la plus impressionnante et plus difficile aussi. Elle impose toujours le respect.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par JARED LETO (@jaredleto)

Tu as grimpé El Cap avec Jared Leto il y a peu. Pourquoi ?

Jared [célèbre acteur américain] a toujours voulu escalader El Cap, et nous étions tous les deux dans la vallée. Il voulait l'escalader en une journée, mais n'avait pas le temps de s’entraîner.

J'avais prévu de grimper la face [passer plusieurs jours et nuits sur la paroi] pour essayer de libérer « The Nose ». Je lui ai envoyé un message, en plaisantant à moitié : « Pourquoi ne te joindrais-tu pas à nous ? Nous pourrions bivouaquer ensemble sur la voie. Il m'a répondu : « Sérieux, je peux venir ? ».

Ça fait à peu près dix ans que nous grimpons ensemble, mais de manière très sporadique. Tout a commencé lorsqu'il s'est mis à l'escalade, en 2015 je crois, et qu'il voulait réaliser un petit film sur le sujet. Il avait engagé Renan Ozturk pour le filmer. Un jour, Renan m'a envoyé un texto : « Ça te dis de grimper Matthes Crest [une montagne de Californie] en solo avec Jared ? ». J'étais à ce moment-là en train de grimper dans le Yosemite et je me suis dit : « Cool, un jour de repos actif ».

À l'époque, Jared s'entraînait pour jouer Joker dans un film et il était en grande forme. Très musclé et avec les cheveux verts. C’était une belle journée. Depuis, nous avons grimpé plusieurs fois ensemble dans le même secteur. Une fois aussi peut-être près de Boulder, parce qu'il était à Denver pour un concert.

Il a été bon dans « The Nose ». Il a grimpé dix des 31 longueurs et jonglé avec le reste. C'était assez impressionnant. Il était à l’aise.

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