Tous les deux ans, une équipe de géomètres reprend les mesures du Toit de l’Europe, et constate qu’il perd ou gagne environ… un centimètre d’altitude. Le prochain relevé de ce sommet, évalué actuellement à 4 808,72 m, aura lieu les 16 et 17 septembre prochain, selon une méthode désormais bien établie.
La mesure du mont Blanc est, depuis 2001, le rendez-vous incontournable que se donnent les géomètres tous les deux ans. Initiée par les géomètres-experts de Haute-Savoie et le concepteur d’appareils de mesure « Leica Geosystems », cette tradition permet de mesurer au centimètre près l’altitude du Toit de l’Europe, et de comprendre les raisons pour lesquelles elle varie.
L’équipe, constituée de géomètres-experts, de guides de Chamonix et Saint-Gervais et de glaciologues, déjà sur le coup en 2015, repartira donc en mission les 16 et 17 septembre 2021. Une fois au sommet, les experts utiliseront un récepteur satellite mobile - « un GPS de positionnement centimétrique temps-réel TERIA » - pour dresser le profil topographique du mont Blanc, explique l’Ordre des Géomètres-Experts.
| Année | Altitude mesurée | Volume de neige au-dessus de 4800 m |
| 2013 | 4810,88 | 20 213 m3 |
| 2011 | 4810,44 | 21 281 m3 |
| 2009 | 4810,45 | 21 626 m3 |
| 2007 | 4810,90 | 24 062 m3 |
| 2005 | 4808,75 | 14 248 m3 |
| 2003 | 4808,45 | 14 598 m3 |
| 2001 | 4810,40 | Non mesuré |
Quel lien avec le réchauffement climatique ?
En 2015, les opérations de mesure ont été menées en deux temps : la première en mai, et la seconde en septembre. « Ces deux observations permettent de constater que, contre toute attente, le mont Blanc affiche une altitude de fin d’été plus élevée que l’altitude hivernale », avec 4807,88 mètres enregistrés au 31 mai 2015, contre 4808,73 mètres en septembre », confiait alors l’expert Vincent Gaillard à l’Ordre des Géomètres-Experts.
« La variation de l’altitude du sommet du mont Blanc est extrêmement difficile à interpréter d’un point de vue glaciologique et météorologique. En effet, la calotte glaciaire sommitale, mobile, tend à s’écouler tout en étant compensée par l’accumulation de neige au cours de l’hiver » - une accumulation qui varie selon les précipitations et les vents rencontrés pendant la saison - remarquait Christian Vincent, glaciologue. Un été particulièrement chaud a-t-il une incidence ? Pas vraiment, si l'on en croit les observations du scientifique, relevées en 2015. Cet été là, est particulièrement chaud, mais, explique-t-il, " La fonte de la neige au sommet reste négligeable. Les variations observées au sommet ne peuvent toutefois pas être généralisées et ne peuvent pas être retenues comme indicateurs de l’évolution du climat. C’est plutôt l’étude de la masse du glacier qui est significative », devrait-il ajouter.
Pour mieux comprendre le processus de mesure de l’altitude du mont Blanc, voici une vidéo filmée pendant l’expédition de 2015, par Leica Geosystems :
La suite est réservée aux abonnés
- Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
- Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
- Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€
