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Steve Stievenart
  • Aventure
  • Water Sports

Nageur de l’extrême, le Français Stève Stievenart signe une première mondiale

  • 17 juillet 2023
  • 5 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Son exploit est presque passé inaperçu, le 30 juin, et pourtant avec sa dernière performance Stève Stievenart est entré à 46 ans au panthéon des nageurs en eau libre. Celui qu’on surnomme « Stève le phoque » étant aujourd’hui le premier à avoir effectué trois traversées sans s’arrêter entre l’île américaine de Santa Catalina et Los Angeles. Soit 51 heures et 18 minutes dans une eau entre 16 et 19 degrés. Une performance qui ne doit rien au hasard, mais à un entrainement extrêmement rigoureux, au niveau mental mais aussi physique, ultime ressource qui lui a permis de boucler la 3e étape, malgré de terribles douleurs aux cervicales et au dos.

Il aura fallu tout le soutien de sa « team », pour le tenir debout lors de la photo finale, le 30 juin à 5 h 01 du matin. Rarement en effet on aura vu Stève Stievenart aussi affecté par une épreuve : blafard, les membres inertes, le regard éteint, les lèvres gonflées par le sel, visiblement en mal d’oxygène, le colosse de un mètre quatre-vingt et cent dix kilos a souffert pour réaliser une première qui restera dans l’histoire de la natation en eau libre : l’enchaînement de trois traversées entre l’île américaine de Santa Catalina et Los Angeles. Soit 120 kilomètres au total en 51 heures et 18 minutes, bouclés entre mardi 27 et vendredi 30 juin, dans une eau entre 16 et 19 degrés, en maillot de bain. « La course de ma carrière, la plus dure aussi », confiera-t-il une semaine plus tard.

Un enfer, auquel le nageur était pourtant bien préparé. Comme à son habitude, c’est après de très longues séances en eau froide – trois fois dix heures – dans les mois précédents, et le corps enduit de vaseline, pour éviter les frottements, et de Sudocrem, pour minimiser l’agression du sel, qu’il est parti le mardi 27 juin à 20 h 43 de Doctor Cove à Catalina, pour arriver le vendredi suivant à 5 h 01 du matin  ». Un parcours qu’il connait bien pour l’avoir réalisé en one-way (en janvier 2022 en 13 h 41) puis en two-way en juin 2022 en 28h45.

Le nageur a eu beau avoir repoussé d’un jour son départ pour bénéficier d’une météo plus clémente, il a joué de malchance, car dès la première heure le kayakiste qui le suivait a pris une vague et l’a heurté, déclenchant de fortes douleurs aux cervicales au point qu’il a envisagé d’abandonner sur un bout de sable de Palos Verdes à San Pedro, à la fin de sa première traversée (15 heures 35 minutes de nage). Pour sa deuxième, il lui faudra 16 heures 42 minutes. Mais c’est la troisième qui sera la plus éprouvante, près de 20h (18 heures et 59 minutes), la fatigue, la douleur, et le vent jouant contre lui. « C’était interminable (…), le sel attaquait mes muqueuses, ma bouche était gonflée, je n’avais plus d’air. » raconte-t-il. Au final, il affiche un chrono impressionnant, 51 heures 18 minutes de nage, et surtout il ajoute à son palmarès une première mondiale, dans la droite ligne des exploits réalisés ces dernières années. L'aboutissement d'un parcours hors normes.

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Une publication partagée par Stève Stievenart (@steve_stievenart)

Surnommé « Le phoque » par ses amis anglais, Stève Stievenart, vit en effet au rythme des marées. Nageur de l’extrême, c’est aussi un militant écologiste, farouche défenseur des océans, car, il le répète souvent : la nage l’a sauvé. Dix ans plus tôt, suite à une séparation compliquée, il ne voit plus ses enfants. Il a 34 ans et professionnellement, rien ne va. Ce touche à tout sans diplôme se raccroche alors à son rêve de gosse, celui qui à 7 ans admirait, avec son grand-père, les départs pour la traversée de la Manche. Rapidement, il prend la décision d’aller voir Kévin Murphy, 70 ans, auquel il vient de dédier son dernier exploit. Une pointure dans le domaine qui a rallié pas moins de 34 fois l’Angleterre à la France à la nage. S’en suit alors une préparation de trois ans. Au programme pour l’athlète basé à Wimereux dans le Pas-de-Calais : deux entraînements par jour, dont un de nuit, suivi de séances de méditations quotidiennes pour apprendre à canaliser sa respiration, très utile lors des longues traversées. Pour nager dans une eau à 15°C, Steve doit aussi s’habituer au froid, à base de douches froides dans son jardin entre autres. Dans son sport, les combinaisons sont interdites.

Pour lutter contre le froid, justement, il prend également du poids – 47 kg en quatre ans. Son régime de sportif de haut-niveau consiste à manger un 1 kg de poisson gras (sardines, maquereau, hareng) par jour ! Le tout réparti en 5 repas qui « sont assimilés très rapidement par l’organisme, isolant et apportant le carburant nécessaire » selon le nageur. Un programme élaboré à l’aide d’un nutritionniste, directement inspiré de celui des animaux marins, ce qui lui vaut son surnom, « Steve le phoque ».

Après quelques années d’entraînement, il vient à bout, en 2018, de sa première traversée de la Manche, 34 km minimum qui peuvent considérablement s’allonger du fait des courants. Constamment suivi par un bateau, qu’il n’a pas le droit de toucher, Steve rencontre des méduses, des poissons, des algues et… des porte-conteneurs. « Quand on nage, on a l’impression qu’un building passe à côté de nous, ça crée des vagues de 2/3 mètres, c’est assez impressionnant » raconte-t-il à France TV Sport. Depuis ce premier succès, le nageur enchaîne les exploits.

Premier Français à boucler le Two-Way (aller-retour Angleterre-France à la nage, 35 h d’effort) en juillet 2020 et la traversée du lac Baïkal (120 km en relais, dans une eau oscillant entre 5 et 9°C) l’année d’après. Un mois plus tard, en août 2021, il devient le premier Français à traverser le mythique Loch Ness, en Ecosse. Un exploit réalisé par seulement vingt-cinq personnes avant lui, dont son entraîneur britannique, Kevin Murphy. « On avale beaucoup d’eau, parce que les vagues arrivent de l’arrière, avec des creux d’un mètre parfois », en raison de la « météo très changeante » dans les Highlands. Et puis, « on a constamment le regard dans l’eau, et ça devient vite angoissant. Quand la nuit arrive, la tension est palpable », se souvient-il. Après cette traversée et celle du lac Tahoe il enchainait sur celle du lac Memphremagog, à la frontière entre le Canada et les Etats-Unis. Une première pour un Français, et une nouvelle étape de bouclée pour Stève : la Triple Couronne des Lacs des Monstres !

On l’aura compris, nager fait partie de son équilibre. Il y a pourtant fait des mauvaises rencontres, comme ce jour où il s’est retrouvé coincé dans un filet de pêche abandonné à la dérive. L’un des déclencheurs qui l’a conduit à faire de la pollution des océans son combat. S’il se fait discret vis-à-vis de ses prochains objectifs sportifs, il ne cesse de s’engager pour lutter contre les 6,5 millions de tonnes de plastiques déversées chaque année dans les mers, ce fléau qu’il perçoit à chacun de ses entraînements. Pour sensibiliser l’opinion publique Steve a ainsi fondé l’association Stop Plastic Pollution. Son objectif ? Collecter les objets abandonnés rejetés par la mer, trouver des alternatives au plastique et informer les enfants dans les écoles. Une action doublée d'une forte implication auprès d'une autre association, "Pélagos", visant à protéger les mammifères marins en Méditerranée. Accueilli en héros hier à Monaco, Stève Stievenart y a récolté 18300 € lors d'une soirée de gala, des fonds dont dauphins et baleines devraient bénéficier. Stève leur doit bien ça, c'est leur apparition à ses côtés, lors de sa troisième et ultime traversée de retour il y a quelques jours, qui a contribué à lui donner le courage de continuer, et de finir.


2020-2023 : trois ans de records

  • Triple traversée Los Angeles – Catalina (juin 2023)
  • Triple Couronne des lacs des Montres : traversée du lac Memphremagog (septembre 2022), traversée du lac Tahoé (août 2022) et traversée du Loch Ness (août 2021)
  • Double traversée Los Angeles – Catalina (juin 2022)
  • Simple traversée Los Angeles – Catalina (février 2022)
  • 40 bridges à New York (août 2021)
  • Traversée du lac Baïkal en Russie (juillet 2021)
  • Double traversée de la Manche (août 2020)

Pour en savoir plus « Steve Le Phoque », écoutez le podcast, « Steve Stievenart, nageur de l’extrême » de la série « Vie d’aventure ».

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