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Nyad - Insubmersible
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  • Culture

Le dernier film de Jimmy Chin sur l’incroyable traversée Cuba-Floride par Diana Nyad, enfin sur Netflix

  • 6 novembre 2023
  • 7 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Annette Bening, Jodie Foster : depuis qu’en 2019 le couple Vasarhelyi-Chin est passé par la case Oscar, les réalisateurs de « Free Solo », peuvent se payer un casting 5 étoiles pour leur premier biopic, « Insubmersible ». L’histoire vraie de la nageuse Diana Nyad - parvenue, à 64 ans, à faire la traversée Cuba-Floride sans cage à requins - vient à peine d'être mise en ligne sur la plateforme de streaming, que déjà certains parlent d'un deuxième Oscar. Mais réunir deux énormes stars est-il suffisant pour en faire un très bon film ? Basé sur des faits réels, ce défi aurait mérité une mise en scène un peu plus fine, moins hollywoodienne, car l'aventure de la nageuse elle, est, absolument sidérante, qu’on en juge.

https://youtu.be/Jsk97tz4pFU?si=ZU8eDZoOa9FL_vwf

Le 2 septembre 2013, après 53 heures de nage, Diana Nyad titube sur la plage Smathers à Key West, en Floride. Son visage est très enflé. Elle tient à peine debout. Accueillie par la foule venue nombreuse, elle enlace Bonnie Stoll, sa meilleure amie qui l’entraîne depuis plusieurs mois avant de prendre le micro. « Il ne faut jamais, jamais abandonner. On n'est jamais trop vieux pour poursuivre ses rêves » annonce-t-elle.

Dix ans après l'exploit, l’histoire de cette nageuse de 64 ans est porté à l’écran par le couple de documentaristes Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin, Oscar du documentaire en 2019 pour « Free Solo », le film sur Alex Honnold. Et au vu du casting (Annette Bening et Jodie Foster en tête), le biopic « Nyad », inspiré de l’autobiographie « Find a Way », dont la sortie est prévue cet automne, est l’un des principaux espoirs de récompenses du streaming aux Oscars cette année. En attendant de découvrir le film, voici l’histoire bouleversante de Diana Nyad.

Un parcours de nageuse, bouleversé par des agressions sexuelles à répétition

« J’ai passé mon enfance dans les eaux de la côte de Floride » racontait récemment Diana au New York Times. « Mes souvenirs les plus marquants tournent tous autour de l’océan : passer toute la journée à barboter dans les vagues, m’amuser dans l’eau avec mon frère et ma sœur, aller vers telle ou telle bouée, se coucher le soir épuisée et exaltée par la caresse magique de notre irremplaçable terrain de jeu ».

À l'âge de 9 ans, après la fin de la révolution cubaine, en 1959, la petite Diana scrute l'horizon pour apercevoir cette île soudainement devenue interdite. Sa mère lui montre du doigt l'océan et lui dit : « C’est là-bas. La Havane est juste en face. C'est si proche que tu pourrais y aller à la nage ». Une phrase que Diana gardera à jamais en mémoire. 

Peu de temps après, la jeune nageuse s’inscrit au club de natation local. « Mes quatre premières années ont été marquées par un lien fort avec mon entraîneur » se souvient-elle. « Il m'a répété à maintes reprises que j'avais tous les talents pour un jour inscrire mon nom dans le monde de la natation. Je le vénérais ». Une relation qui va bousculer à jamais sa vie. Et ce, dès l’été 1964. 

« Le jour d'une compétition, je suis allée faire une sieste chez mon entraîneur. C'était normal : sa maison, sa famille et ses enfants faisaient partie du milieu quotidien de l'équipe de natation » raconte Diana. « Je dormais à poings fermés dans la chambre principale quand c'est arrivé. D'un seul coup, il s'est retrouvé sur moi. […] Je n'ai pas respiré pendant peut-être deux minutes entières, mon corps étant pris dans une flexion impénétrable. Mes bras tremblaient, coincés le long de mon corps. Il m'a suppliée d'ouvrir les jambes. […] Alors qu'il se glissait hors de la pièce, j'ai cherché de l'air, comme si je venais d'être maintenue sous l'eau pendant ces deux minutes. J'ai vomi sur le sol ». 

Le soir même, la nageuse remporte la compétition par équipe. « Pendant que les filles applaudissaient et riaient, j’étais au fond du trou » détaille Diana. « Mon jeune monde venait de chavirer et j'étais bien seule dans ma confusion et ma peur. J'ai ensuite crié dans l’eau : 'Ça ne va pas gâcher ma vie !' ». 

« Quoiqu’il en soit, ma jeune vie a changé radicalement ce jour-là" poursuit-elle. "Ce premier épisode sauvage a marqué le début d'années d'agressions secrètes. […] Du jour au lendemain, j'ai commencé à vivre comme un soldat solitaire. Je n'avais besoin de personne, de rien. Et j'étais silencieuse. Toujours silencieuse. Il [l’entraîneur, ndlr] m’a assuré que ce que nous partagions était quelque chose de spécial, que ma vie s'effondrerait si quelqu'un d'autre le savait, que c'était magique entre nous. Que c’était notre secret ».

"Il n’y a pas d’âge pour aller au bout de ses rêves"

Les années passent. Et Diana continue la natation malgré tout. « J’avais 21 ans lorsque j'ai raconté pour la première fois à quelqu'un toute ces horribles instants" se souvient-elle. "J’étais partie en week-end dans le Michigan pour fêter l'anniversaire de ma meilleure amie du lycée, et chaque détail odieux, chaque mot, a jailli. Le soulagement était palpable. J'ai pleuré. Mon amie a pleuré avec moi, m'a serrée dans ses bras, a pris une longue pause et a dit : 'Diana, sache qu’il m’est arrivé la même chose'. Avec le même entraîneur. Les mêmes mots. La même manipulation. Le même secret. Et nous avons vite appris qu'il n'y avait pas que nous deux dans cette histoire […] Je refuse de croire qu'il s'agit d'une souffrance que j’aurais à vie, et pourtant, à 70 ans, je me demande si je pourrai un jour en guérir complètement ».

Envers et contre tout, Diane établit par la suite un record féminin lors d’une course de 35 kilomètres se déroulant dans la baie de Naples en 1974. L’année suivante, elle signe une autre performance d’ampleur, bouclant le tour de Manhattan (45 kilomètres) en un peu moins de huit heures avec une heure d’avance sur le précédent record vieux de 50 ans. Son nom est désormais inscrit dans l’histoire de la natation longue distance. 

Quelques années plus tard, en 1978, Diana se sent prête à s'attaquer à son objectif ultime. Celui dont elle rêve depuis ses neuf ans. À savoir nager le 177 kilomètres de Cuba à la Floride. Mais, après 120 kilomètres et 42 heures de nage, des vents violents ont raison de sa tentative. La nageuse se lance alors, en 1979, dans une autre traversée d’ampleur : relier les Bahamas à la Floride. Une trajectoire un peu plus facile de 164 kilomètres qu’elle va boucler à l’aube de 30e anniversaire... avant d'annoncer, contre tout attente, son retrait du monde de la natation.

Loin des océans, l’ex-nageuse se lance dans une carrière de journaliste sportive, travaillant notamment pour l'émission « Wide World of Sports" d'ABC et la National Public Radio. Mais après 30 ans sans nager, sa passion la rattrape. Entraînée depuis quelques mois par son amie de longue date, Bonnie Stoll, Diana se prépare pour le rêve de sa vie, enchaînant des séances d'endurance de seize heures dans l’eau et des milliers de burpees. En parallèle, elle met en place une planification logistique complexe avec une équipe de plus de 40 personnes.  

Suivent alors trois tentatives infructueuses, en 2011 et 2012, tantôt avortées par des tempêtes, une crise d'asthme et d’innombrables piqûres de méduses. « Chaque jour, avec les météorologues, nous nous demandions : 'Y a-t-il une fenêtre météo ?' » raconte Diana. À savoir que traverser le détroit de Floride à la nage sur une distance de 177 kilomètres est une entreprise dangereuse, même pour les athlètes les plus expérimentés. Seules deux personnes l'ont déjà fait : Walter Poenisch, 65 ans, en 1978, et Susie Maroney, 22 ans, en 1997, qui avaient tous deux utilisé des cages anti-requins. 

L’ultime tentative de Diana sera la bonne. Âgée de 64 ans, elle réussit à atteindre Key West après plus de 53 heures passées dans l'eau. Un exploit qui lui a permis d'établir de nombreux records, dont la première traversée Cuba-Floride sans utiliser de cage à requins. Et contrairement à ses essais précédents, la nageuse a bénéficié d'un temps relativement clément, de bons courants et n’a rencontré que très peu de méduses dangereuses. « Il n’y a pas d’âge pour aller au bout de ses rêves », a-t-elle déclaré à son arrivée sur la place, après être tombée dans les bras de sa meilleure amie, Bonnie.

Une performance sans cesse remise en question

Ces derniers mois, à l'approche de la sortie du film « Insubmersible », des controverses vieilles de dix ans refont surface dans la communauté des nageurs longue distance. En cause ? La manière dont la traversée de Diana à Cuba a été menée et documentée ainsi que des remises en question de la crédibilité de Diana elle-même.

Certains avaient commencé à s'interroger pratiquement au moment où elle avait posé le pied sur la plage de Key West, en Floride. Habituellement, après de tels efforts, les nageurs s'effondrent et ne peuvent plus bouger, tandis que d'autres ne peuvent plus parler tant leur gorge est irritée par l'absorption d'eau salée. Comment Diana a pu marcher jusqu'au micro et prononcer un discours entré dans l’histoire ?

La nageuse a très vite rejeté ces insinuations : « Ce sont des foutaises. Les gens ne savent pas de quoi ils parlent ». Ce qui n’avait pas, quelques jours après son exploit, empêché les questions de se multiplier, agitant les forums de natation. Diana a-t-elle vraiment nagé sans assistance pendant les 53 heures passées dans l'eau ? Pourquoi les données GPS ont-elles montré que sa vitesse avait augmenté au bout de 31 heures de nage ? Pourquoi l'intégralité de la tentative n'a-t-elle pas été enregistrée en vidéo ? Les deux observateurs indépendants qu'elle avait triés sur le volet étaient-ils vraiment impartiaux ?

Des analyses ultérieures avaient par la suite montré que Diana avait en fait bénéficié d'un fort courant favorable pendant sa nage. « Les sceptiques étaient franchement ignorants des réalités du Gulf Stream - qui transmet une énergie énorme », a déclaré Angel Yanagihara, professeur de recherche à l'université d'Hawaï et membre de l’équipe de la nageuse. « Diana a eu la chance de travailler avec un excellent navigateur qui nous a placés au bon endroit ».

Récemment, l'Association mondiale de natation en eau libre (WOWSA) a examiné la situation, indiquant qu'elle n'avait trouvé aucune preuve que Diana « soit sortie de l'eau ou ait pris de l'élan à partir d'un bateau de soutien ou d'un autre objet ou d'une autre personne pendant la nage ». La WOWSA a par la suite déclaré dans un communiqué datant d’août dernier qu'« une lacune importante dans les enregistrements, en particulier au cours d'une période où l'état de Diana Nyad a changé de façon spectaculaire, nécessite une analyse plus approfondie de la part d'un expert ». À la lumière de telles conclusions, l’association a précisé que les mémoires de la nageuse (le best-seller « Find a Way », sorti en 2015), sur lesquelles le film est basé, n'ont pas été « rigoureusement vérifiées » et a conseillé à Netflix « d'inclure un disclamer soulignant la nature dramatique du film ».

Certains observateurs s’interrogent : de telles controverses vont-elles entacher le biopic sur la nageuse, dont la sortie est prévue le 3 novembre sur Netflix ? « Notre film n'a rien à voir avec un record » répondent Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin, les co-réalisateurs. « Il raconte comment une femme s'est réveillée à 60 ans et a réalisé que sa vie n'était pas finie ».

https://youtu.be/Zx8uYIfUvh4?si=p9J8vh4a2b66axYi

Article mis en ligne le 25 septembre 2023, actualisé le 6 novembre 2023.

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